Toxic Holocaust - Primal Future : 2019

Chronique CD album (39:27)

chronique Toxic Holocaust - Primal Future : 2019

Toxic Holocaust se fait prier sur pas moins de six ans pour sortir un nouvel album. Et lorsqu'il se décide enfin à en sortir un, une usine Lubrizol flambe à Rouen, intoxicant plusieurs dizaines de milliers de personnes. Simple coïncidence ? #NousSachons

 

Complots faciles pour briller en société

 

 

En attendant de savoir si cet événement tragique aurait bel et bien été provoqué par un Joel Grind un peu trop zélé (mais pas trop) en terme d'opérations com' et marketing, penchons-nous sur ledit objet, Primal Future : 2019, qui aura su se faire désirer. Déjà, on notera que ce n'est nullement l'élaboration de la jaquette, moche à souhait, qui expliquera un tel laps de temps entre ce petit dernier et Chemistry Of Consciousness (2013). Non, on ira plutôt chercher sur ce qui se cache derrière, à savoir l'idée saugrenue, et fort inspirée de Blade Runner dans l'esprit, de nous proposer un album du passé composé dans le présent qui donnerait des thématiques SF, tirant vaguement vers l'anticipation, d'un futur dans notre présent. Vous êtes perdu ? Rooohhhh, vous êtes cons, c'est un album des années 80 composé en 2019 qui imagine, avec un état d'esprit des années 80, comment pourrait être le futur en 2019. Vous comprenez mieux ? Non ? Tant pis pour vous alors, vous allez passer à côté de toute la richesse du concept alors...

 

Ah ? On me dit dans l'oreillette qu'on s'en branle la nouille totalement. C'est un peu con pour une branlette intellectuelle qui aura duré six ans. Parce que ce n'est clairement pas dans le propos musical que l'on retrouvera la moindre justification d'une telle durée de gestation. Joel Grind s'est juste contenté de bien potasser le sujet des vieilles souplettes thrash qui l'ont bercé et de composer en conséquence. En découle un Primal Future : 2019, bien old-school comme il faut en terme de thrash : c'est primaire, ça pue la spontanéité et le Do It Yourself. Les compositions ne font pas 36 détours : ça se contente d'envoyer des riffs en toute simplicité sans que rien de chiadé ne vienne jamais poindre le bout de son nez. Classicisme et efficacité donc. Quoique l'on pourrait lui reprocher de paraître un peu mou du genou en premier lieu, ce Toxic Holocaust de 2019 s'amusant à continuellement osciller entre moments soutenus aussitôt contrebalancés avec du mid-tempo. Que les plus sauvageons des thrasheux en soient prévenus. Malgré tout, rien n'est foncièrement à jeter dans ce qui est proposé là : que ça se montre véloce jusqu'à parfois partir s'engouffrer dans l'urgence punk (« Defeaned By The Roar », « Iron Cage ») ou plus modéré pour mieux nous inonder de groove tendance crossover (le refrain de « New World Beyond », l'intro de « Aftermath »), tout fait bien le taf pour qu'on passe une écoute plaisante. Pas de chichis, pas de prises de tête. A l'image de cette prod', plus à l'ancienne tu crèves, dont la voix en écho perpétuel (et monocorde) aura vite fait de faire clamser les jeunes oreilles délicates. Les vieilles oreilles, en revanche, n'en seront nullement choquées : c'est qu'à force de s'échanger des cassettes audio réenregistrées mille fois, ils ont entendu bien pire après tout (entendent-ils encore de toute manière, telle est la question). Et puis, parfois Joel Grind fait des efforts en ajoutant quelques petites ambiances, comme cette petite intro retro futuriste au synthé sur « Primal Future », voire en dépassant la barre des cinq minutes (eh oui, tout arrive !) sans spécialement paraître chiant sur « Cybernetic War ».

 

Bref, Primal Future : 2019, c'est sympa. Pas aussi foufou que d'autres méfaits passés. Genre An Overdose Of Death... (2008) pour n'en citer qu'un. Mais ça se laisse écouter sans prise de tête. Et surtout, ça donnera de la nouvelle matière qui se révélera sans nul doute encore plus efficace sur les planches. C'est tout ce qui compte et c'est finalement tout ce que l'on demande.

photo de Margoth
le 12/12/2019

1 COMMENTAIRE

cglaume

cglaume le 12/12/2019 à 11:20:37

Haha, nous sachons ! :D

En tous cas la pochette aurait été idéale pour proposer de l'Old School Synthwave Thrash !

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