Psychosomatic - The Invisible Prison

Chronique CD album (36:30)

chronique Psychosomatic - The Invisible Prison

Quand un groupe arbore ce genre de pochette horrifico-cartoonesque pour planche à skate (dont l'objectif manifeste est de faire à la fois gros dur et trop méga cool), grande est la chance que celui-ci pratique un genre pas trop éloigné du Crossover Thrash – style qui convient autant à la baston qu'à la grosse déconne embiérée. Et devinez quoi (suspense à 3 balles vu que le style est bien mis en avant en haut de la chronique) ? C'est exactement le cas de Psychosomatic, dont le nom est moyennement pertinent vu que les textes des 12 morceaux de The Invisible Prison citent aussi peu Freud et Hypocrate que l'ensemble des œuvres de Cyril Hanouna.

 

Du Crossover Thrash dis-tu? Bon alors tu cites D.R.I., Municipal Waste, S.O.D., tu causes chœurs de babouins tatoués, riffs qui tailladent méchamment, rythmiques Punk démultipliées, tu places un « Bon moment défoulatoire pas prise de tête », tu colles un point final à ta chronique et puis on passe à autre chose?

 

Ça pourrait suffire, oui, pour l'album typique qui assure le minimum sans démériter. Mais il y a quand même un peu plus à dire ici. Entre autre que, contre toute attente, non, ce combo américain n'est pas tout juste sorti du lycée. Les Psycho' se sont formés en 1988, Metal Archives leur attribue 6 albums, et les loustics ont joué en compagnie de – attention name dropping massif – Exodus, Vio-Lence, Death Angel, M.O.D., Havok, D.R.I., Possessed, Arsis, Warbringer, Exmortus, Phobia, Hirax, et la liste de continuer ainsi sans fin comme ma femme au téléphone après qu'elle ait lancé un premier « Bon, allez, faut qu'j'te laisse » auquel même elle ne croit pas. Pour compléter le CV on ajoutera que le batteur de la troupe a tenu les baguettes en live pour Skeletonwitch et Revocation, et que ce 6e album a été mis en boîte et mixé par David Sanchez de Havok... et on pourra dire qu'on aura fait le tour de la fiche technique.

 

Oui mais tes fiches RH on s'est fout. The Invisible Prison c'est du Crossover Thrash caricatural ou bien l'album a d'autres plaisirs délicats à offrir?

 

A première vue, si on écoute le skeud en diagonale, on peut avoir la fausse impression qu'il ne s'agit de rien d'autre que d'un Slayer à bandana pour skate park destroy – la référence au King of Thrash ne découlant pas tant du riffing (qui doit tout autant si ce n'est plus à Exodus et à toute la clique de la Bay Area) qu'au chant de Jeff Salgado, tout particulièrement tomarayien. Sauf que l'album offre rapidement à voir bien au-delà des limites d'Undisputed Attitude. Parce que posées sur une solide base Thrash / Hardcore / Punk, on trouve ici de bonnes rasades de Death Metal (cf. le très bon morceau-titre, où ça growle et blaste), du bon vieux Speed (« Serial Killer », qui nous replonge dans le dernier Exarsis) et même du Techno-Thrash (« Labyrinth » tortillonne du riff comme pour combler l'écart entre Crossover et Coroner). Même que le groupe est à ce point habile qu'au sein de certains titres il réussit à mélanger l'ensemble de ces composantes, comme par exemple sur « Agents of Surveillance » qui pourtant dure moins de 2 minutes. Visez un peu: démarrage sur du blast, enchaînement sur un riff tech' bien tordu, le groupe continue ensuite sur un plan qui alterne guitare Punk tranchante et hélico Thrash véloce, sans compter un petit solo bien Rock'n'Roll... Sur le papier on ne donne pas cher d'un cocktail aussi violemment concentré, et pourtant celui-ci s'avère aussi goûtu qu'explosif! Et pour ceux qui veulent s'en tenir au cahier des charges initial, Psychosomatic livre nombre de belles petites bombinettes, dont la plus impressionnante reste sans doute « Riot Squadron », qui est de ces titres qui peuvent déclencher un véritable armageddon quand ils servent à allumer la mèche d'un « Blitz Wall of Death ».

 

The Invisible Prison, c'est donc la preuve qu'on peut porter un short en jean élimé, un t-shirt crado et arborer des croûtes aux genoux sans pour autant se cantonner au service artistique minimum de la salle de boxe du coin de la rue. Oui, le Crossover Thrash peut être virulent tout en ayant de l'épaisseur: alors saisissez cette occasion pour éduquer vos oreilles!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: The Invisible Prison, même si ça y ressemble au premier abord, ce n'est pas que du Slayer-core tatoué qui riffe dans le skate park. C'est aussi du Death, du Techno-Thrash, du Speed Metal – parfois balancés tous ensemble dans le même saladier... Et c'est drôlement bon!

 

 

photo de Cglaume
le 01/04/2021

1 COMMENTAIRE

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 01/04/2021 à 12:27:55

Franchement en thrash, je préfère Vektor.

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