Uncrowned - Uncrowned

Chronique Maxi-cd / EP (10:36)

chronique Uncrowned - Uncrowned

Le moins que l'on puisse dire, c'est que sur les dix grosses minutes pour quatre morceaux (plus une outro) que dure ce premier EP éponyme, le duo nantais Uncrowned (à ne pas confondre avec la formation anglaise du même nom, à une majuscule près) parvient à glisser un grand nombre d'idées ! Des plans semblant venir de styles relativement différents, bien que parents, viennent s'empiler les uns sur les autres toutes les quelques dizaines de secondes, le tout sans que ça ne soit pourtant trop le bazar.

 

En passant la première (« Opportunist »), le moteur chauffe avec un premier matraquage en règle. On sent bien que le rythme ne va pas en rester là, à cette relative lenteur, qu'on en est encore à faire chauffer l'huile. Et c'est gagné, au bout de quelques secondes, la machine prend et accélère sur des riffs tendus qui prendront vite un caractère plus sludgy (même si cette phrase peu sembler être un paradoxe total) et bien gras, avant de basculer sur des composantes hardcore tendant vers le d-beat qui doivent faire bouger bien des têtes en live (un exemple sur la pochette, rare photo d'un headbanging un poil excessif lors d'un concert de Uncrowned).

 

On enclenche la deuxième (« Ashes ») pour un départ plus proche de riffs powerviolence avec quelques réminiscences grindcore, mais ici encore il y a un côté paradoxal puisque l'on est souvent sur des tempo plus lents : on est pas dans le blast permanent à la Punch ou des petits camarades Tourangeaux de LØVVE, et cette prise au dépourvu, le fait de prendre des riffs assez typiques du style mais à rebrousse-poil du premier cliché venu, rend le tout plutôt intéressant à écouter.

 

La troisième passée, celle où on s'attardera le plus longtemps avec ses trois minutes au compteur (« Burning Home »), condense cette façon qu'ont les Nantais de mêler des pointes d'influences diverses (beaucoup) : d'un départ clairement plus lent et sludge qui tire vers le post-hardcore, on s'envole vers une dimension powerviolence à la limite du neocrust vaguement blackisant (je sais, ça fait beaucoup), avant d'écraser le tout sous un gros break bien gras et pachydermique.

 

Alors qu'on atteint notre rythme de croisière en quatrième (« Speech with no words »), bientôt en bout de course, c'est un hardcore plus sombre qui fait vibrer l'engin, malgré des riffs ensuite un peu plus groovy qui démontrent qu'il y en a encore sous le capot.

 

On finira par caler sur une outro bruitiste/indus, mais qu'on ne retiendra pas particulièrement (en tout cas pas moi), et qui n'est à mon sens pas forcément essentielle sur le disque. On l'imaginera plutôt être utilisée comme sample d'ouverture pour les concerts. Cependant, sa présence sur un disque relativement court laisse présager qu'Uncrowned a plus d'un tour dans le porte-bagage et pourrait également, sur de prochaines sorties, aller explorer d'autres territoires musicaux à ajouter à leur mixture somme toute assez convaincante.

 

Cette métaphore automobile filée ? Non, rien à voir.

 

Ce côté « paradoxal » dans les compositions, qui va chercher dans pas mal de recoins pour en extraire des bouts de riffs inattendus, est un véritable atout dans ce qu'ont à proposer ici Uncrowned. En même temps, un groupe qui met côte à côte « powerviolence » et « sludge » pour se définir a déjà de quoi intriguer.

On a encore un peu de mal à bien cerner où le groupe veut en venir, quelles idées il souhaite développer, et le format très court laisse un peu sur sa faim, mais on sent que ça bouillonne de bonnes choses et de combinaisons intéressantes. Comme d'habitude, ne vous fiez pas à la note ici inscrite, je ne sais jamais vraiment comment me dépêtrer de cette histoire, j'espère que les mots parlent plus que les chiffres, allez vous faire votre propre idée.

 

Ce qui est certain, c'est que loin d'être monotone, ce premier effort est une belle entrée en matière, qui donne envie d'en entendre plus, et surtout de les voir en live, et c'est bien là l'essentiel.

photo de Pingouins
le 06/09/2021

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