Vélooo - Même pas mal

Vélooo - "Même pas mal"
chronique Vélooo - Même pas mal

Vélooo est un trio palois en route depuis 2004 qui après un changement de line up sort  sa deuxième plaque en cette fin de premier trimestre 2012. Vélooo a un nom de groupe rigolo et est fort amateur de jeux de mots malicieux si l’on en croit les titres de cet ep gonflé. Evoluant dans une sphère Math-post-machin noise, leur rock agité est instrumental et bien bavard !

 

Cela fait quelques années que le rock instrumental serré et structuré impose un virage offensif dans  le paysage musical comme une réaction au Post-Rock établi, plus poussif. Sans verser dans la philosophie de bazar ou la psychologie de comptoir, on peut s’interroger sur un attrait assez soudain pour la musique sans voix. Les transes des musiques électroniques qui ont contaminé les riffs comme les descentes de manches et les batteries survoltées ont dynamisées les couches de synthés sautillantes et les boîtes à rythmes froides y sont peut-être pour quelque chose. Une confirmation, seule la musique parle valablement, puisqu’elle s’adresse à notre goût directement. Après quelques années de lentes progressions (dépressions ??), montées et explosions énergiques, place à des compositions bizarres, perchées sur les croisements entre la résultante et l’absolue. L’ennui majeur avec ces phases musicales, c’est… L’ennui que cela procure. L’auditeur perdant assez vite son attention devant tant de démonstration. À moins d’être érudit ou musicien, on n'y trouve que peu d’intérêt sur la longueur. Enfin, les connaisseurs trouvent tout cela globalement… Génial (sic). Ce qui est fameux, c’est lorsque la retranscription su scène emporte le tout. À ce titre, des groupes comme John Makay ou Looking for John G (en France) et plus généralement le Punkgasm de Don Caballero ont fait beaucoup, beaucoup, beaucoup pour populariser le genre.

 

Le six-titre ici proposé repose sur les canons du genre, comprenez ça joue diaboliquement bien. Une basse/guitare barytone omniprésente, une guitare décidée et des parties de batterie explosives, pour un cocktail détonnant. Ça mouline fort chez  Vélooo sur un braquet 52-10 quoiqu’il arrive. Comme toujours, on a l’effet de surprise à l’écoute du premier titre, ici « Armagnac », une grande débauche d’énergie, un déluge de notes et des digressions noise du plus bel effet. Vélooo en impose. « Tachycardie » est encore plus fameux. La suite divisera à nouveau les amateurs du genre (c’est du solide) et ceux pour qui tout cela est indigeste (trop de trop). Il y’a bien quelques longueurs dans l’ensemble, de la générosité, néanmoins tout cela reste assez enjoué, l’humour des titres et des emprunts amusants à Papy Heavy. On ressent quand même la fatigue après s’être enquillé cette grosse demi-heure qui file à un rythme infernal.

Bon disque bien qu’épuisant, habillé par une  superbe pochette signée Yoann Puisségur, guitariste du groupe et responsable du visuel chez ATRDR. Oui, c’est A Tant Rêver du Roi qui nous offre à nouveau une plaque blindée, à ce niveau-là ce n’est plus une bonne habitude, c’est un mode de vie. 

photo de Eric D-Toorop
le 25/06/2012

2 COMMENTAIRES

Vinchesnut

Vinchesnut le 03/05/2015 à 09:53:22

en gros du bon Math Rock voir du Math Core...?

Eric D-Toorop

Eric D-Toorop le 04/05/2015 à 10:35:49

ouep un peu des deux... mais j'ai toujours du mal avec cette étiquette Math-quelque chose..

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