Zombified - Carnage Slaughter and Death

Zombified - "Carnage Slaughter and Death"
chronique Zombified - Carnage Slaughter and Death

Sans bouffe ni flotte, on aurait vite fait de claquer la gueule ouverte, et sèche. Sans congé ni sommeil, on finirait sur les rotules, voire en-dessous. Sans sexe ni câlins, on finirait racornis comme de pôv’ nouilles de bénitier (moi je dis comme ça... Pas vous?), des crampes plein le poignet. Eh bien sans un bon vieux pavé de death grassouillet en provenance des étendues glacées nord-européennes, pour sûr que ça ne serait guère mieux. Rien de tel que la gouaille glaireuse d’un zombie growlant à travers une bonne grosse chape de plomb riffée pour vous décrasser le moteur, vous refaire les niveaux et vous permettre de repartir, vaillant, affronter le boss, les exams ou la météo toute dégueulasse.

 

D’où le shoot décibélique du jour en provenance directe du dealer Cyclone Empire: Carnage Slaughter and Death, 2e album des suédois (what else?) Zombified. C’est peu de dire que nous sommes ici en terrain connu, d’autant que comme souvent, les cuistots qui s’affairent derrière ces fourneaux putrides n’en sont pas à leur premier banquet. En effet, les mieux renseignés d'entre vous auront tilté aux doux noms de Patrik Myrén (Paganizer, Ribspreader… Bref, un pote à Rogga Johansson – qui a d’ailleurs participé au tout début de l’aventure sous le nom de « Von Pest ») et Roberth Karlsson (Incapacity, Edge Of Sanity, Scar Symmetry, Pan.Thy.Monium)… Pas du menu fretin quoi!

 

Alors quelle variante infinitésimale de l’habituel death basaltique nous propose donc Zombified? Eh bien c’est l’optique simple, sans fioriture, efficace mais sans une once d’imagination qui a été choisie par nos lascars. Basse du front, cette musique à nuque épaisse n’en reste pas moins bêtement jouissive. Si l’on se réfère à l’immuable carré d’as initiateur de la scène, on rangera Zombified plutôt du côté des Grave et Unleashed, mais dans une version plus brutale et véloce – américanisée pourrait-on dire, la véhémence du groupe et les occasionnels shrieks acides pouvant parfois rappeler Deicide. Pour faire une comparaison vite-faite-mal-faite, on pourrait rapprocher le groupe du Bloodbath de Nightmare Made Flesh, suédois-mais-américain-mais-suédois. Je ‘sais pas si je suis clair… Le growl est relativement caverneux, les soli absents – seule une lead fantomatique vient parfois glacer l’ambiance en fond de paysage sonore –, la batterie apprécie manifestement le mode « full blasting assault »...

 

… Mais là ne réside pas la « Zombified touch ».

 

Non, ce qui fait le sel de Carnage Slaughter and Death, c’est cette tendance quasi-permanente à injecter une bonne petite dose de crust dans son propos. Autant les débuts de la scène suédoise étaient emprunts de cet héritage punk pas forcément conscient, autant là c’est manifestement voulu. Et cela contribue très largement à pérenniser le sourire stupide que l’on se traîne pendant l’écoute du skeud: les plans death bateaux sont en effet agréablement relevés de bon vieux D-Beat, les violentes tornades d’evil blast se finissent en youpi-zombie-party… Bref, c’est la fête de la crête, version Romero. Et cela pèse lourd dans l’appréciation finale du skeud, car sans cela la médiocrité certaine de certains morceaux (notamment la série de « Suffering Ascends » à « Corrosive Spiral »)  aurait pu nous amener à tirer à boulets rouges sur l’animal. « Pull The Trigger » et « Withering Souls » (qui contient également une partie plus atmosphérique, nappe de synthé incluse) profitent pleinement de cet ajout, ainsi que « The Last Stand », sur lequel on entend de nets accents à la Impaled Nazarene. Mais le summum de la Punk Pride reste encore « The Flesh Of The Living » sur lequel on va carrément shooter du mort vivant iroquois avec berger allemand et épingle à nourrice dans le nez.

 

Sur Carnage Slaughter and Death, Zombified nous propose donc tous les poncifs du death suédois old school, en apportant toutefois vitesse, brutalité et vernis crust au tableau. L’originalité est clairement un mot banni du langage de nos amis, mais l’esprit de l’entreprise est on ne peut plus sympathique. On regrettera que la qualité ne soit pas toujours au rendez-vous (on s’emmerde un peu au milieu de l’album – qui aurait mieux fait de se concentrer autour d'un noyau dur de 8 titres maxi), mais on y trouvera de bons petits missiles comme « Pull The Trigger », « Withering Souls », « The Flesh Of The Living » et « The Last Stand ». A essayer (...et éventuellement adopter).

 

 

 

 

La chronique, version courteCarnage Slaughter and Death, c’est du Graveleashed en plus rapide, plus américain et surtout plus punk (mais en moins incontournable aussi).

photo de Cglaume
le 15/03/2013

3 COMMENTAIRES

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 15/03/2013 à 17:51:57

Des Zombies, du Punk/ Crust/ Death et une chro de Lapinou : MIAM, MIAM !!

cglaume

cglaume le 15/03/2013 à 17:52:51

Ouais mais 6.5/10...

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 15/03/2013 à 23:16:59

Que veux-tu, les chevelus ne comprennent pas qu'au dessus de 30 minutes, un album vire forcément au progressif !

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