Burning Gloom - Interview du 05/07/2019

Burning Gloom (interview)
 

1 My Home On Trees a changé de nom pour Burning Gloom (avec le même line-up)... Est-ce que ça veut dire que c'est un nouveau départ (il y a presque 4 ans entre les 2 albums) ou c'est parce que les nouveaux morceaux étaient trop sombres pour MHOT ?

Ça a été une trajectoire longue et difficile. Après l'enregistrement de l'album précédent, nous sommes passés à 4 avec une seule guitare et on a dû réarranger un peu les titres sans la guitare solo. Ça n'a pas été si difficile que ça mais en même on a commencé à ne plus nous voir avec ce nom-là et à le trouver éloigné de nous ; il a une évolution aussi bien musicale que personnelle. Le nouveau nom représente bien la nouvelle orientation musicale, où la composante psyché mais aussi les solos bluesy n'existent plus, nous rapprochant de riffs plus typiquement doom, avec du chant screamo également et une dynamique plus proche du sludge que du stoner. Ça représente aussi une renaissance primordiale et sombre tout en étant dans le même temps une évolution naturelle qui n'a rien de forcée.

 

2 Jouez-vous toujours quand même des chansons de la démo et de How I reached Home ?

On joue toujours « Countdown » du premier EP, parce que nous l'apprécions toujours et qu'elle sonne vraiment bien et « Winter », qui est probablement le seul titre de l'album précédent qui est proche de notre nouvelle orientation musicale.

 

3 Si je compare Amygdala avec How I reached Home, je n'entends plus d'influences psyché et bien moins de stoner mais plus de doom, de black metal, de sludge et aussi un poil de new wave... Vous d'accord avec ça ? C'était voulu ?

Exactement. Nous nous sommes éloignés du blues et du psychédélique, mais aussi en partie du stoner classique , nous rapprochant du metal, en particulier du doom, du sludge et aussi peut-être du même du black metal en considérant certaines de parties vocales hurlées. Les influences musicales de certains d'entre nous ont probablement beaucoup influé sur ces nouveaux titres. On voulait durcir notre son.

 

4 Pourquoi avoir choisi d'appeler votre album d'après cette partie du cerveau ?

L'amygdale (Amygdala) est la région du cerveau qui commande les émotions et par conséquent les peurs et l'anxiété. Le disque parle de ça, la peur.

Les paroles et l'artwork sont liés par un concept traitant de la peur et des maladies qui affectent l'esprit humain. Pendant le processus d'écriture, certains d'entre nous ont dû faire face à leurs peurs et même, malheureusement perdre des proches et ont dû faire face à l'acceptation de ses aspects de la vie. Alors naturellement notre musique et nos paroles ont été également influencées par ces événements.

 

5 Est-ce que l'illustration représente une amygdale ? Avez-vous travaillé avec l'artiste ou est-ce que c'est une gravure qui provient d'un vieux manuel de médecine ?

La pochette représente une interprétation personnelle d'un test par une tache d'encre de Rorschach. Ce graphisme, inspiré par les taches Rorschach, ne représente rien de particulier, c'est une libre interprétation de l'artiste et de chaque observateur qui tente de comprendre ce que c'est. Nous aimions l'idée que derrière cette image sombre, chacun puisse voir quelque chose de différent et puisse donner sa libre interprétation personnelle.

 

6 L'un des points marquants pour moi c'est les différents types de voix que Laura utilise... est-ce que le compositeur travaille spécifiquement avec elle sur la façon dont elle devrait chanter ou c'est ses propres choix ? Et qui écrit les paroles ?

Toutes les lignes vocales naissent des idées de notre chanteuse Laura Mancini, aidée parfois par certaines de nos suggestions. Elle peut aisément passer entre différents styles et registres vocaux. Pendant l'enregistrement elle fait beaucoup d'overdubs et d'harmonisations, grâce à la supervision technique de notre ingénieur du son, Giorgio Tenneriello, qui a fourni un excellent boulot, et ils se sont vraiment bien amusés. La plupart des paroles d'Amygdala ont été écrites par Laura, sauf « Warden » par Marcello Modica, notre batteur, et « Nightmares » par notre bassiste Giovanni Mastrapasqua.

 

7 Dans le même ordre d'idée comment le groupe crée une chanson ? Est-ce que l'un de vous est le compositeur principal ?

Habituellement la musique vient d'un travail commun en salle de répétitions, de jams ou à partir de propositions d'idées. Toutefois en général, au départ de nos chanson il y a des riffs de Marco Bertucci, notre guitariste. Puis nous travaillons tous ensemble aussi en bien terme de compositions que d'arrangements, en ajoutant ou en enlevant des passages. Souvent ce n'est pas si facile que ça, mais on arrive toujours à un résultat qui satisfait tout le monde. La seule exception sur ce disque est « Modern Prometheus », pour laquelle toute la structure a été proposée par Giovanni, puis la phase d'arrangements a été faite en groupe. C'est aussi le seul morceau avec 2 guitares différentes et sans basse car Giovanni joue également de la guitare.

 

8 Sur « Nightmare » vous avez une vocaliste invitée en la personne de Mona d'High Fighter (qui sont sur le même label que vous)... Comment ça s'est fait ? Elle est venue en studio avec vous ? C'est elle qui a choisi ce morceau ?

Nous apprécions beaucoup la voix de Mona Miluski pour ces cris incisifs et tranchants dans son groupe, High Fighter. Nous avons pensé que ça donnerait un contrepoids parfait à Laura dans « Nightmares ». Le résultat nous a pleinement satisfaits. Mona nous a bien aidés et a été très abordable ; nous lui sommes vraiment reconnaissant pour sa précieuse collaboration...

 

9 Avez-vous un titre préféré sur l'album ? Le mien est « Obsessive-Compulsive Disorder » sombre et beau à la fois...

Chacun d'entre nous a son morceau préféré. Toutefois « Obsessive-Compulsive Disorder » est probablement l'une des chansons dont nous sommes les plus fières. C'est un morceau de doom sombre avec d'excellentes mélodies vocales de Laura, qui, nous le croyons, fait toute la différence sur ce titre.

 

10 Allez-vous tourner pour cet album ? Y a-t-il des chance pour que l'on vous voit en France ?

Nous allons essayer d'organiser une nouvelle tournée en Europe pour le printemps et l'été 2020, mais ça ne sera pas facile, nous n'avons pas d'agent et nous avons un nouveau nom et beaucoup de gens n'ont aucune idée de qui nous sommes. Ces dernières années toutes nos tournées et nos concerts ont été organisés par notre batteur, on continuera probablement comme ça de manière DIY. Nous aimerions aussi faire partie de quelques bons festivals pour pouvoir jouer face à un public nombreux. Et oui, nous espérons vraiment revenir en France... la dernière fois c'était à Paris en 2016 et c'était génial.

 

11 On dirait que la scène doom italienne est de plus en plus importante... Y a-t-il des groupes que vous voudriez présenter à nos lecteurs ? Est-ce que c'est facile de faire des concerts chez vous pour un groupe comme le vôtre ?

Non, malheureusement ça n'est pas facile du tout, et tout repose sur l'amitié. Nous avons beaucoup de bons groupes ici, et notre préféré est probablement Messa mais je suis sûr que vous en avez déjà entendu parler. Ils sont devenus très gros en très peu de temps, mais nous pensons sincèrement qu'ils le méritent. Nous avons joué ensemble et tourné dans le même van pendant 3 jour sur la route du Red Smoke Festival en Pologne.

 

 

12 Quels sont les plans pour le groupe maintenant ? Je sais bien que l'album vient tout juste de sortir mais pensez-vous que l'écart entre le prochain disque et Amygdala sera plus court que celui qui sépare ce dernier d'How I reached Home ?

On ne pense pas comme ça, écrire un bon album prend du temps et si tu en composes un nouveau tous les ans il y a soit quelque chose qui ne va pas soit tu es extrêmement talentueux comme Motorpsycho par exemple. Nous n'avons rien planifié sur des nouveauté maintenant, c'est bien trop tôt, et si ça arrive ça prendra le temps que ça prendra, nous ne sommes pas pressés, nous avons des boulots et des familles et le temps que nous pouvons consacrer à la musique est juste ce qu'il est. On verra bien ce que l'on fera plus tard, pour le moment on veut faire des concerts et on est prêts pour ça.

 

13 Je vous laisse le mot de la fin !

Si tu es dans le dark doom metal avec un chant féminin puissant, écoute notre nouvel album ainsi que les sorties de notre nouveau label, Argonauta records et si tu aimes, n'hésite pas à nous inviter à jouer chez toi.

On se voit sur la route !

 

English Version

1) My Home On Trees changed its name to Burning Gloom (with the same line-up)... Does that mean it's a completly new start (nearly 4 years between the 2 records) or because the new tracks were to dark to stick with MHOT ?

It was a long and difficult journey. After recording the previous record we were 4, with just one guitar and we had to rearrange the tracks a little bit without the solo guitar. This was not so difficult, but at the same time we began to no longer recognize ourselves in that name and to feel it really distant ; there was an evolution and transformation on a musical and on a personal level. The new monicker represents the new musical direction we took, where psychedelia but specially blues solos no longer exist, getting closer to more typical doom metal riffs and vocal screamo as well, with some dynamics closer to sludge metal then to stoner rock. It also represents a dark and primordial rebirth, and at the same time a natural and not forced evolution.

 

2) Will you still play songs from the demo EP and How I reached Home ?

We still play « Countdown » from the first EP, because we still like it and it still sounds really good and « Winter », which is probably the only track on the previous album that comes closer to our new musical direction.

 

3) When I compare Amygdala to How I reached Home, I fell there are no psych influences and less stoner but more doom, black metal, sludge, and a bit of new wave also inside... Does I make sense to you ? Was it on purpose ?

Exactly ... we have moved away from the blues and psychedelia, but also in part from the classical stoner, getting closer to metal especially to doom, sludge and maybe even black metal considering some screams vocals. Some musical influences of some of us have probably greatly influenced these new songs. There was basically a hardening of the sound.

 

4) Why did you choose to name the album after this part of the brain ?

'Amygdala' is that part of the brain that commands emotions and therefore also fears and anxieties. The record basically speaks of this, of fear.

Lyrics as well as the artwork, are linked by a concept that concerns the fear and the "diseases" that afflict the human mind. During the process of writing, some of us had to face fears and even loosing relatives unfortunately, facing acceptance and recognition of those subtle aspects of life and existence. So naturally we started writing both lyrics and music influenced also by this.

 

5) Does the artwork represent agmydala ? Did you work with the artist, or is it from an old medical book ?

The cover represents a personal interpretation of a Rorschach inkblot test. The graphic, inspired by the Rorschach stains, doesn't represent anything specific, it’s a free interpretation of the artist and now also of the observer that tries to understand what it is. We liked the idea that behind that dark image, everyone could see something different, that could give a free and personal interpretation.

 

6) One important point to me is all these diffrent type of voices that Laura uses... does the composer works with her telling her how she should sing or is it her choice ? Who writes the lyrics ?

All the vocal lines are born from ideas of our singer Laura Mancini, few times helped by some of our suggestions. She can easily switch between different styles and vocal registers. During the recordings she made a lot of overdubs and musical harmonizations, thanks to the technical supervision of our sound engineer Giorgio Tenneriello, who really did a great job, they really had a lot of fun! The lyrics of Amygdala are almost all written by Laura, except for « Warden » written by Marcello Modica, the drummer, and « Nightmares » by bass player Giovanni Mastrapasqua.

 

7) And by the way how does the band create a song ? Is one of you the main composer ?

Usually the musical parts come from a teamwork in the rehearsal room, from real jam sessions or ideas proposals. However, generally at the beginning, most of the songs are born from riffs by Marco Bertucci, our guitarist. Then we work all together both in terms of composition and arrangement, making various additions or cuts. Often it’s not so easy, but we always try to achieve a result that satisfies everyone. The only exception in this record is « Modern Prometheus », where all the song structure was proposed by Giovanni, then in the arrangement phase there has been a team work. It’s also the only song on the record where there are two different guitars and no bass, because Giovanni plays guitar too.

 

8) You also have a guest vocalist on « Nightmare » with Mona of High Fighter (who are on the same label)... How did you make it, did she come with you in ths studio ? Did she choose the song ?

We appreciate very much Mona Miluski’s voice for her sharp and incisive screaming in her band High Fighter.. We thought it would have been a perfect counterpart for Laura in « Nightmares ». The result fully satisfied us. Mona proved to be very helpful and approachable; we are really grateful for this precious collaboration..

 

9) Any favorite song on the album ? Mine is « Obsessive-Compulsive Disorder » dark and beautiful...

Each one of us has his favorite song. However « Obsessive-Compulsive Disorder » is surely one of the songs which we are most proud of. It‘s a dark and doom piece, with excellent melodic vocal lines by Laura, which we believe has really made the difference on this track.

 

10) Will you tour for the new album . Any chance to see you in France ?

We will try to organize a new tour in Europe for spring and summer 2020, but it will not be easy, we don’t have a booking agent and we have a new name, many people don’t have any idea about who we are. In the last years all tours and gigs were booked by our drummer, we’ll probably continue on this diy way. We would like very much to take part in some good festivals, being able to playing in front of a lot of people and yes, we really hope to return in France ... the last time was in Paris in 2016 and it was awesome.

 

11) It seems there's an italian Doom scene growing bigger and bigger... any band you'd like to introduce to our reader ? Is it easy to play show in your country for band like you ?

Nope, unfortunately is not easy at all and it seems almost all about friendships, sadly. We have many good doom bands down here and probably our favourite is Messa, but of course you already know them, they grew up so much and in a really short time, we truly think they deserved this, we have played together and toured with the same van for just 3 days, on the road to Red Smoke Festival in Poland.

 

12) What are the plan for the band now ? I know the album just been released but to you think the next one will be release within a shorter time than the gap between Amygdala and How I reached Home ?

We don’t think so, writing a good album takes time and if you write a new one every year maybe there’s something wrong or maybe you’re extremely talented like Motorpsycho perhaps.. we don’t have plans about new stuff for now, it’s too early and if this will happen it will take all the time it will take, we’re not in a hurry, we have jobs and families and the time we can dedicate to our music is what it is. We’ll see what we’ll do later, for now we want to start playing live, we’re ready..

 

13) The last word is for you !

If you’re into dark doom metal with powerful female voice check out our new album and check out our new label, Argonauta records and maybe invite us to play in your city if you like it..

see you on the road.

photo de Papy Cyril
le 17/07/2019

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