La Division Mentale - Interview du 29/03/2016

La Division Mentale (interview)
 

Bonjour ! Mirek est votre troisième album. Quel est votre parcours artistique jusqu'à présent ?

 

J’ai créé LdM à la fin des années 90. Au départ, il s’agissait d’un projet annexe qui m’a permis d’expérimenter la composition, la recherche sonore et la technique studio. Je peux écrire un morceau juste pour essayer une nouvelle machine, une nouvelle pédale, un nouvel upgrade sur mon séquenceur. LdM m’a surtout servi à ne pas polluer d’autres projets / collaborations avec mes idées à la con. Tout a pris une autre tournure à l’arrivée d’Eymeric. En conservant l’essence même du projet, nous lui avons donné le sérieux d’un groupe.

 

Cet album est particulièrement soigné. Est-ce une volonté pour vous démarquer au sein d'une scène Black indus française bien encombrée ?

 

Tu sais, on compose avant tout pour nous. On a juste cherché à emmener ce qu’on avait en tête le plus loin possible, tout en essayant un maximum de trucs. C’est la première fois que je sample un vrai batteur, que je travaille avec des patterns écrits par quelqu’un d’autre (je salue au passage l’énorme travail de PJ Delesvaux qui a tant apporté à ce disque). Nous avons épuré au maximum les arrangements, ce qui m’a obligé à affiner la construction des parties de guitares et Eymeric a eu plus de place pour développer le chant. En fait, nous avons surtout cherché à nous démarquer de TOTem Simius, il était hors de question de le cloner.

 

En tant que duo, comment avez-vous abordé l'écriture de ce nouvel opus ?

 

Dès que j’ai eu les riffs, j’ai maquetté avec une BaR minimaliste. J’ai envoyé le squelette de MIREK en l’état à Eymeric, histoire de prendre la température. Ensuite nous avons commencé la très longue phase de composition et arrangements. J’ai emmené chaque morceau dans toutes les directions, j’ai essayé des tonnes de variables. Eymeric a ensuite pris la main en plaçant les lignes de chant et nous a offert une nouvelle lecture des morceaux : ce que je pensais être une intro ou un pont est devenu un couplet, etc. Et j’ai donc fini par restructurer les titres en fonction du chant. C’est absolument génial de voir un titre évoluer ainsi.

 

La base de votre musique est le black metal, un style qui connaît un grand nombre d'incarnations, du trve à l'atmosphérique. Y'en a-t-il un dont vous vous sentez plus proches ?

 

Le seul dont je suis très éloigné, c’est le pagan. Musicalement, ce n’est pas mon truc, les thématiques me font chier. Pour le reste, on est des fans de musique avant tout. Et je pense pouvoir parler en notre nom à tous les deux quand je dis que ce qui compte le plus à nos yeux n’est pas le style abordé, mais la qualité.

 

De quelle manière avez-vous tenté de retranscrire la vie et l'œuvre du photographe Miroslav Tichy, de passer du visuel à l'auditif ?

 

Là, on est dans le ressenti pur et c’est forcément subjectif. Mais en premier lieu, ce qui a donné le ton de l’album, ce sont toutes les informations que l’on a recueillies dans des bio, des articles, des documentaires, etc. Il fallait que tout colle à sa vie autant qu’à son œuvre, ne pas chercher de la violence là où il n’y en avait pas, conserver une certaine tension, quelques éléments névrotiques et puis cette notion de répétition du geste. Je pense que le rendu visuel de Tichy est indissociable de son mode de vie. Et au final, c’est notre sujet qui a fait sonner MIREK ainsi, qui nous a obligé à calmer le tempo, à jouer autrement, à être plus contemplatif.

 

La Division Mentale est un projet purement studio, alors pourquoi ne pas vouloir retranscrire sur scène votre musique qui a pourtant un fort potentiel graphique ?

 

Ça n’a jamais été l’ambition de LdM de construire des titres pour le live. On ne répète pas, et quand on a terminé un disque, on passe à autre chose. Je n’ai jamais rejoué un seul de nos titres, passé son enregistrement. L’essence même du projet comme je l’évoquais un peu plus haut, c’est d’expérimenter, de rechercher, ça n’est pas de défendre ce qui existe. Cela nous porte préjudice car une fois le disque sorti, on a plus d’actu, mais on assume ce choix.

 

Il y a un fossé musical entre Totem Simius et Mirek. Doit-on s'attendre à un changement aussi radical pour votre prochain album ?

 

Aucune idée ! Cela dépendra de l’humeur, du sujet, des collaborateurs. C’est ce qui fait tout l’intérêt de LdM à mon sens. Le jour où j’aurai le sentiment qu’on se répète, je ferai en sorte qu’on arrête.

 

Les derniers mots sont pour vous...

 

Merci pour la visibilité que tu nous offres. Et j’en profite pour signaler que MIREK est dispo en cd chez tous les bons disquaires (ou via le shop de M&O Music), qu’il est dispo au format numérique (Deezer, ITunes etc.) et dans les semaines à venir, Renverse Prods le sort en Tape avec une superbe cover alternative. N’hésitez pas à nous contacter, on est comme tout le monde, on a une page Facebook !


 

photo de Xuaterc
le 29/03/2016

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