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Les interviews Nursery - Interview du 18/03/2017

Nursery - Interview du 18/03/2017 | COREandCO

Membre(s) interviewé(s) :
Nursery

Les interviews Nursery
Nursery

Mais oui il est bien bon ce premier album ! Et sacrément prometteur. Comme vous avez pu le lire dans la chronique, ils ont l'urgence de la mélodie. Et ça, ça permet de se démarquer. D'attirer tout auditeur normalement constitué. Réussir à combiner ainsi l'énergie et la mélodie, sans se cacher sous le bruit, déclenche illico-presto l'envie d'en savoir un peu sur ce qui les a motivé. Sur ce qui les a porté. Sur qui ils sont pour avoir osé ! Voici donc les Nursery, une rencontre qui était inévitable.

Alors, maintenant que votre album est sorti, quel regard y portez vous ? satisfaits ? Des points que vous souhaiteriez différents ?

 

On était partis pour faire 4 titres pour voir comment on travaillerait avec Doumé Maillard, en prises live, ce qu'on valait en studio…Au bout d'une journée on avait l'album, il n'y avait plus qu'à chanter et mixer ensemble à la main. Donc forcément on pourra toujours avoir un oeil perfectionniste dessus, mais il représente bien ce qu'on est au départ : un truc accidentel, urgent, et brut. C'est notre son, il est honnête, on est fiers de ça, maintenant on a plutôt la tête dans le prochain.

 

Vous a-t'il pris du temps, de l'écriture, aux répétitions, en passant par les versions concerts, pour finaliser ces morceaux et arrivez-vous facilement à conclure un morceau, de vous dire qu'il a atteint sa version « finale » ?

 

Notre premier set a été composé en un été, les choses sont venues naturellement, on a plus eu l'impression de découvrir quelque chose en tirant sur un fil plutôt que de créer un truc. Après on a pris le temps de débattre et de peaufiner les structures, mais ça se fait assez vite, deux ou trois répètes pour finaliser un morceau. Ensuite il faut un ou deux concerts pour juger le résultat et éventuellement revenir dessus. Aujourd'hui la deuxième flopée de chansons met plus de temps, on ne part plus d'un terrain vierge.

 

Comment naissent-ils, est-ce que chacun y apporte sa contribution, pensez-vous qu'au sein d'un groupe la création de morceaux puisse se faire de façon démocratique ?

 

On fonctionne démocratiquement, oui. On teste des choses à l'aveugle, si une mélodie ou une énergie en sort on essaie de structurer, si ça ne marche pas on passe vite à autre chose. Il suffit souvent d'une nouvelle pédale d'effet pour avoir quelques compos… On jette quand même la plupart des ébauches, mais on fait tout ensemble, sauf le texte en général, pour des raisons de phonétique et de mémorisation.

 

On trouve sur cet album une variété de morceaux allant de l'ultra pop léger à quelque chose de plus posé, menaçant, presque étouffant. Est-ce le reflet de plusieurs écritures au sien du groupe, et est-ce que le groupe va continuer en développant ces deux approches différentes et bien distinctes ?

 

On s'accroche à un équilibre et une variété, on veut que l'ensemble contienne de la violence, de la simplicité, de la bizarrerie, du glauque, de l'amusement, et du romantisme, globalement. Donc oui on risque de creuser la chose, mais on ne se ferme rien pour autant.

 

Est-ce que la recherche de la mélodie « ultime » fait partie de votre quête ?

 

Il y a une recherche mélodique, dans le chant et le son des mots, et une volonté de dissonance entre la basse et la guitare. Mais pas de quête ultime spécialement, juste des morceaux qu'on puisse tous bien assumer, avec du plaisir et pas d'ennui.

 

Il est écrit que le groupe « existe » depuis 2014, mais j'ai cru entendre que vous vous connaissiez déjà auparavant. Pouvez-vous me dire comment vous avez mis en place Nursery, et si la formule « trio » était décidée dès le départ ?

 

Avant de trouver notre guitariste par annonce (gros coup de bol…), on a eu quelques groupes, oui. On a arrêté nos vieux projets pour monter un nouveau truc, mais on ne savait pas quoi. Une fois le guitariste trouvé on a cherché un batteur pendant un an et demi. On a composé une trentaine de chansons en tâtonnant pendant ce temps là. Au bout d'un moment on en a eu marre, le chanteur a pris les baguettes, on a jeté toutes nos chansons à la poubelle pour faire du neuf et voir ce que cette formule donnerait. Et là, surprise.

 

A-t'il été facile de mettre en place les premiers concerts, pour les lieux à trouver et pour les morceaux à jouer ?

 

Tout a été facile de ce côté. On a contribué à la création d'un fanzine lancé par un ami, "La maQuerelle", il nous a proposé de faire notre premier concert pour sa soirée de lancement aux Ateliers de Bitche, début septembre 2014. C'était l'occasion d'avoir une deadline pour composer un set. On a joué tout ce qu'on avait, une douzaine de morceaux. Ensuite on a rebondi sur des propositions uniquement, en allant vers les gens sympas.

 

On a juste démarché pour goupiller des tournées, et encore ça se fait beaucoup grâce au réseau des copains.

 

Dans l'ensemble on a eu de la chance d'être invités sur des soirées avec des groupes incroyables, par des assos géniales, et de créer pas mal de liens de cette façon. Le milieu rock de ce pays fait du bien pour son côté humain, on découvre tout ça depuis deux ans...

 

Je crois que vous n'êtes pas de Nantes initialement, est-ce que les rencontres dans le cadre de la musique ont été « faciles », et est-ce que la ville est propice à l'activité du groupe (comparé à vos origines géographiques) ?

 

Avec nos anciens groupes on tournait pas mal en rond. On ne connaissait personne, on jouait là où les gens voulaient bien de nous, on ne faisait pas les difficiles. On voulait tester des trucs, apprendre à se connaître, et s'amuser. Mais du coup les projets n'étaient pas très matures, ça partait dans tous les sens. Difficile de séduire le public exigeant de Nantes avec ça, et c'est bien normal. Un groupe c'est une proposition pour les gens.

 

C'est depuis Nursery qu'on a rencontré tous ceux qui se bougent ici pour faire des soirées généreuses de qualité. C'est plus cadré, plus tranché, plus travaillé, plus réfléchi. Et on avance aussi en fonction de ce que les gens nous renvoient.

 

Donc par rapport à d'autres villes oui celle-ci est très riche et sait porter des projets originaux. Après là on parle de réseau indé, pas d'académie municipal, hein… La mairie ne soutient pas la vraie culture rock, elle lustre juste une belle vitrine (comme partout…).

 

Comment avez-vous été amenés à cette co-production avec 3 labels pour la sortie de l'album ?

 

Les Loubards Pédés à Nantes, les Potagers Natures à Bordeaux, et la Ferme de la Justice à Paris ont été les 3 collectifs qui nous ont soutenus depuis le début ou presque. On tenait à ce que leur nom figure sur ce disque, car ils ont contribué à l'évolution du groupe. Du coup on leur a proposé de faire un partenariat symbolique, plus ou moins concret suivant le cas. Ce n'est donc pas une vraie co-production, plutôt un clin d'oeil pour affirmer un lien.

 

Que ce soit de Nantes ou d'ailleurs, y a-t-il des assos, des groupes, des lieux que vous nous recommanderiez ?

 

Ben oui, ces trois là, donc, avec tous les groupes qui en font partie. Il y a des groupes de Kythibong aussi qu'on aime beaucoup. La liste est longue, presque chaque ville a au moins une belle asso ou une personne incroyable qui sauve le truc, ou un groupe excellent. Ville, mais ça vaut aussi pour la province. D'ailleurs Paris est vraiment la pire des villes pour jouer en France, la majorité des lieux ne respectent pas grand chose.

 

A Nantes le Café du Cinéma, le Chien Stupide ou Livresse accueillent souvent de très bons groupes. Madame Rêve donnerait un bon aperçu de la richesse de la scène rock si les voisins n'étaient pas contre.

 

On a aussi une petite asso, Papy Rocket, qui sert à dépanner les groupes de copains en tournée, les lieux varient...

 

Après les meilleures soirées et les meilleurs groupes dans le coin, c'est au Grigri. Les gens doivent absolument soutenir ce lieu et y bouger leurs fesses malgré l'emplacement excentré, à moins qu'ils comptent sur la mairie pour sauver la culture alternative ?

 

Quelle est la suite pour Nursery ?

 

Tourner, tourner, composer, enregistrer, tourner, tourner, composer, enregistrer.

 

On est en train de quitter nos boulots pour être disponibles, et prendre soin de ce groupe. On s'amuse, on se respecte, on aime ce qu'on fait, les gens sont contents dans la plupart des cas, et il y a aussi une part accidentelle. C'est ultra précieux. Monter un groupe qui réunit tout ça, ça n'arrive pas tous les jours, donc on va le préserver et le développer, en continuant d'aller vers les gens sympas.

 

Mais oui, label, tourneur, tout ça tout ça, si on peut éviter de retourner dans des jobs pourris on sera heureux.

 

Merci !

 

Bah merci aussi, pour l'échange et la chronique !

Et puis quand je parlais dans la chronique de "drôle" d'effet sur la voix ils répondront : "Il est bel et bien volontaire, c'est un effet trouvé accidentellement à la première répète, ça nous a guidé dans la compo, et en live on l'aime bien. Après il est totalement imparfait, mais c'est comme ça !". Comment ça vous savez tout !

photo de R.Savary
le 18/03/2017

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