Biffy Clyro le 09/10/2010, Le Grand Mix, Tourcoing

Biffy Clyro (report)
700 places, voilà qui me semblait bien juste pour accueillir un groupe comme Biffy Clyro...mais je me suis trompé puisque ce soir là on pouvait prendre ses aises dans la salle du Grand Mix à Tourcoing.
Quelques Tee-shirts de Muse (que certains ont pu découvrir lorsque le trio faisait leur 1ere partie au Stade de France) et bien peu de trentenaires en guise de doyens : la musique des écossais semble particulièrement toucher la génération de 18-30 ans.

Mais les premières notes de la soirée sont réservées à Airship, jeune groupe de Manchester qui accompagne Biffy sur toutes les dates d'Octobre.
Arrivé au milieu du set, je découvre un groupe de rock, avec aux tendances pop souvent enjouées, parfois sombre avec un goût pour les mélodies et une très légère incrustation d'électro. C'est sympathique et leurs morceaux comme "Algebra" (titre phare) sont taillés pour la scène.
Voilà un bon tremplin pour de jeunes anglais qui, s'ils persévèrent dans cette veine musicale plutôt hype, se feront rapidement un nom sur le vieux continent...
C'est malheureusement tout ce que je peux dire de ce groupe n'ayant pas eu l'occasion d'en profiter plus longtemps...

Puis il y a le désir grandissant de voir Biffy Clyro en live. Savoir comment sont gérées les orchestrations, si le live est plus vibrant que leurs albums...
A peine 30 minutes tout au plus après Airship, on coupe le cd d'attente : les écossais bondissent hors des loges accueillis par quelques centaines de cris...
Le groupe ne s'encombre pas de styliste...Tous les trois, peu pudiques, affichent fièrement leur torse nu. Le bassiste porte un jean violet du plus mauvais goût et le chanteur un jean taille basse de la même couleur que celle des uniformes de prisonniers de Guantanamo.
Ce dernier, les cheveux et la barbe passés à l'eau oxygénée est reconnaissable entre 1000. Encore plus lorsque le trio lance "That Golden rule" sur un rythme fou !

Deux fois plus rapide qu'en studio, on en vient à se demander si c'est un mauvais réglage du tempo ou une volonté de mettre tout le monde d'accord en 4 minutes. Toujours est-il qu'on termine le morceau les yeux écarquillés, les oreilles débouchées : Biffy Clyro a toute l'attention de son auditoire déjà bien acquis à sa cause.

Un titre et déjà une réponse à mes interrogations : les orchestrations seront remplacées par l'énergie et les guitares électriques.
Quand "Living is problem because everything dies" se lance on trouve du coup le résultat un peu cheap (surtout quand le bassiste remplace par des petits "Po po po po po", des chœurs qui avaient une certaine puissance sur cd) mais au final c'est plus rock, plus burné.
Une ambiance particulière se dégage alors...
Un peu plus tard, sur "9/15th", la solution de remplacement sera la guitare : mais à ce moment là on aura été aspiré par l'énergie...quasi grunge de ce concert.

La complicité des trois musiciens (notamment sur "57") se ressent jusque dans la salle. Sur ce titre, le batteur chante (avec une grande justesse!) tout en assurant parfaitement son jeu, ses deux compères nous tournent le dos pour créer une petite cellule...se chargeant d'énergie qui explose lorsqu'ils nous font de nouveau face.
Dans ces moments là on a l'impression que la fratrie Johnston s'agrandit avec Simon Neil...

Au fil des chansons on ressent encore plus que la qualité dépasse la quantité lorsqu'il s'agit du public. A la première seconde de "Mountains" j'entends un voisin de salle souffler la chanson à son ami, le reste de l'assemblée ne s'y trompe pas...et encore une fois l'interprétation 100% électrique d'un morceau incluant du piano donne une nouvelle dimension à l'œuvre.
Si les grandes lignes sont à chaque fois respectées, que la force des riffs et rythmiques saccadées/hachées est multipliée par 10 en live, la simplification des arrangements (cf. l'intro très particulière de "Born on a horse" passe beaucoup mieux à la guitare) nous permet d'aborder autrement une discographie trop peu effleurée lors de ce concert.
La set list le prouve, puisqu'en dehors de "57", "Liberate the Illiterate" et "Glitter and trauma", Biffy Clyro fera la part belle à ses deux derniers albums.

Sur "Shock Shock" et "Many of horror" les premiers rangs jouent les choeurs, sur "Get fucked stud" joue un peu plus vite, et "Whorses" annonce déjà la pseudo-fin du concert...
Bien sûr le groupe n'allait pas nous laisser ainsi, il revient après s'être fait désiré durant 2 minutes, pour interpréter l'excellent "Cloud of stink" et evidemment "The Captain".
Exit les cuivres sur ce dernier morceau, Le Grand Mix devient alors un immense navire sur lequel Simon Neil est à la proue avec 700 choristes dans le dos qui répondent par des "Woo ho ho" aux appels des paroles ("Somebody Help me sing !").

Sur ces derniers mots s'achève une prestation qui est passée très rapidement et qui n'avait rien de décevant.
Les impressions devant un urinoir sont souvent les plus révélatrices. Cette fois elles étaient toutes enthousiastes : Tous soulignaient alors une excellente prestation, un trio qui est une véritable machine à tubes. Un trio qui alternait les morceaux les plus vivants, avec les plus puissants émotionnellement, les plus calmes et les plus connus. Chaque musicien marquait la soirée de son empreinte.
Entre un batteur omniprésent physiquement, dans son jeu et dans un chant assuré et un Simon Neil charismatique, le bassiste pouvait paraitre bien discret. Le groupe n'a pas eu besoin de communiquer avec le public (il était d'ailleurs assez froid, peu de regards, peu de communication) : la musique suffisait...
L'avis de Madame, qui ne connaissait que très peu le groupe : "Ils ont quelque chose !"
Et ça, encore plus une fois qu'on les a vu en live, c'est indéniable...


Setlist :
That golden rule
Living is a problem because everything dies
Glitter and trauma (Infinity Land)
Bubbles
9/15ths
Who's got a match
57
God and Satan
Mountains
Liberate the illiterate
Born on a horse
Shock shock
Machines
Get fucked stud
Many of horror
Whorses

Rappel :
Cloud of stink
The Captain
photo de Tookie
le 26/10/2010

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