Biffy Clyro - Opposites

Biffy Clyro - "Opposites"
chronique Biffy Clyro - Opposites

2013 démarre pied au plancher. Depuis quelques semaines, nombre de grosses cylindrées n’en finissent pas de nous annoncer la sortie d’un nouvel album. Joie. Impatience. Quand Biffy Clyro annonce fin 2012 un nouveau volet discographique : joie, impatience et méfiance aussi. Oui : depuis Puzzle, le trio écossais glisse irrémédiablement vers un rock mainstream aux allures stratosphériques certes, mais trop calibré pour ne pas percevoir un business plan en filigrane.

 

Sur le point d’écrire cette chronique, je sais déjà que je vais être dégoûté. Dégoûté par ce que je vais y dire et surtout dégoûté de ce qui m’a été donné d’entendre de cette dernière saillie de la bande à Simon Neil. En arriver à clasher un groupe que j’ai apprécié, c’est moche. La vie c'est vraiment comme une boite de tartines aux lasagnes... 

 

Plutôt que de se bloquer en mode vieux réactionnaire du rock’n’roll (pléonasme ?), j’ai pourtant décidé de laisser sa chance aux chansons, comme dirait l’autre. Opposites s’articule comme un double album, un exercice casse-gueule (Foo Fighters et Red Hot Chili Peppers s’y sont dernièrement frottés avec des fortunes diverses) mais qui laisse entrevoir une place à ce que savent faire de mieux les deux rouquins et le grand brun : des brûlots de power pop à l’efficacité imparable.

 

Opposites s’avère être tout d’abord un album mal nommé. En lieu et place de deux parties qui se veulent dressées l’une contre l’autre, l’obscurité contre la lumière, la joie contre la tristesse, le bien contre le mal, « God & Satan », PSG contre OM, le slip contre le caleçon (on peut continuer longtemps comme ça), Biffy Clyro ne fait qu’allier l’évidence de la ballade pop à la prétention du brit rock. Cette curieuse maladie a un nom : le syndrome Bellamy. Avec Opposites, rejeton assumé d’Only Revolutions, le groupe se mue en automate à tube. Quitte à oublier de rendre la monnaie de la pièce. Parfaitement produit par Garth Richardson (Rage Against The Machine, Foo Fighters, Melvins, Rise Against…), l’album ne souffre pas d’envie, mais plutôt de manque de moëlle, de tripes, d’âme quoi. Un bon rythme à son pépère aussi utile que de faire un slalom sur une autoroute déserte. Selon Simon Neil, le groupe ne s’est pourtant jamais autant mis à nu. Admettons, mais il n’a pas oublié de se faire le maillot brésilien avant. Il faut tout de même attendre le onzième morceau (« Stinging Belle ») pour assister à un semblant de lâché de power chord rageur, par ailleurs trop poli pour être Helmet. Laborieux, adipeux, niaiseux, prévisible. Malgré quelques bons titres bien sentis (« The Joke’s On Us », « Modern Magic Formula ») parsemés parmi d’autres aussi dispensables que de ramener des fleurs lors d’une soirée chez DSK, Biffy Clyro s’encroûte à vouloir trop fédérer autour de sa conception du rock. Un rock qui fut il y a de ça pas si longtemps une grosse mandale dans la face de la power pop. Un rock de stade british pour hooligan en polo Fred Perry certes, mais avec sneakers fluos, mèche Toni & Guy et veste H&M. Bref, Opposites, un album à oublier avec autant de surprises qu’un cadeau de fête des mères en nouilles. Double album, double penne.

 

Hasard ou non, il y a de l’escalope ce midi à la cantine. Dégoûté.

photo de Geoffrey Fatbastard
le 16/02/2013

16 COMMENTAIRES

Tookie

Tookie le 16/02/2013 à 11:33:36

Comme avec "Only Revolutions", j'ai eu une 1ère écoute...négative.
Simon Neil a perdu de sa vigueur, oui. Un peu plus mainstream sans doute, mais rien à voir avec les lourdeurs dégueulasses d'un Muse. Plus pop, plus accessible ne veut pas dire plus dégueu. Il y a encore quelques bons titres (Black Chandelier / Sounds like balloons / The joke's on us), j'aime bien aussi le brumeux "The fog".
C'est vrai, ce n'est pas le meilleur, le plus mauvais même, pas celui qui peut secouer une assemblée de 15000 fans écossais à moitié bourrés mais de la pucelle aux cris assourdissants...

Cheek

Cheek le 16/02/2013 à 21:04:47

je n'ai pas compris la chronique, je me serais cru en train de lire du télérama.
Bref, elle n'a pas du être écrite par quelqu'un qui apprécie ne serait-ce qu'un minimum le groupe.
En tant qu'admirateur de la première heure on ne peut que constater une évolution qui va toujours dans le même sens.certes le disque manque peut être de parties plus bruts, mais certains morceaux pousse un peu à la nouveauté comme "Spanish Radio" et ses trompettes envoutantes, ou stingin' bell" avec sa fin en apothéose et son plein de cornemuses!
Sans oublié ce qui fait du Biffy ce qu'il est aujourd'hui, des chansons avec des refrains qui nous hantent pendant des semaines, des balades mélancoliques et des riffs quand même bien trouvés.
N'hésitez donc pas à jeter une oreille (très attentive) à cette album qui le mérite amplement et tourner le dos à cette chronique ou l'on peut voir de l'humour bas de gamme et des comparaisons (passage" opposites") digne d'une rédaction d'un enfant de 10 ans en classe de CM2.
on se voit au bataclan le 6 mars pour se prendre une claque!

pidji

pidji le 16/02/2013 à 23:55:28

Cas d'école classique du fan mécontent.

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 17/02/2013 à 01:01:49

Ou du "rebelle de toboggan énervé " de base.
Ouaip, je varie mes formules d'abruti.

Après... "power pop", forcément...

Mr. Marshall

Mr. Marshall le 17/02/2013 à 11:26:53

Infinity Land était quand même putain de bon !

Geoffrey Fatbastard

Geoffrey Fatbastard le 17/02/2013 à 16:43:41

Télérama, rédaction de CM2, trompettes envoûtantes, cornemuse en apothéose #wtf
J'ai vu 4 fois Biffy Clyro entre 2001 et 2005, quand le trio jouait à 3, cela me semble être tellement loin.

Tookie

Tookie le 17/02/2013 à 16:57:58

Le trio ne se transforme que sur quelques concerts...
En 2011 ils étaient encore un trio en live en tout cas !

Cheek

Cheek le 17/02/2013 à 22:43:45

Je ne vois pas le problème de "grossir", mettre un quatrième mec sur scène pour compléter les instrus...Les gens sont fermés au changement ou quoi?
Dès qu'un groupe sort en grande pompe il devient la cible de ce genre de remarques, si tu aimes l'artiste et qu'il a voulu foutre des putains de cornemuses sur son morceau qu'il en soit ainsi.
Mais Geoffrey, je me permets de ne pas être d'accord avec ta chronique qui est je trouve remplie de comparaison douteuses, et d'un sentiment de fan déçu et en tout pas d'un chroniqueur objectif, à bon entendeur..

Tookie

Tookie le 17/02/2013 à 23:18:40

@Cheek :
Un chroniqueur objectif ça n'existe pas.
Un journaliste non plus.
Ici il n'y a que des fans de musique qui aiment écrire et surtout partager leurs découvertes, leurs déceptions. Si tu cherches un avis objectif...bah, ça n'existe pas.
Une chronique positive ou négative, qui va dans ton sens ou pas sera toujours subjective.
Ce débat nous l'avons eu 1001 fois sur ce site, mais c'est valables pour tous les magazines et webzines de la Terre.
Ici, au moins, nos avis ne sont pas commandés par le fait qu'un groupe paye une bannière en haut de la page, que l'on soit partenaire sur un concert ou autre.
Ce que tu peux attendre de mieux dans une chro c'est la sincèrité de la personne qui l'a écrite.
Après, que tu ne sois pas du même avis (NB : je ne suis pas de l'avis de Geo, mon collègue !) y'a aucun souci pour ça ! Mais inutile de s'en prendre au chroniqueur d'avoir un avis différent, et les commentaires sont là pour exposer un avis sur l'album, pas sur la chronique :)

Eric D-Toorop

Eric D-Toorop le 18/02/2013 à 10:57:23

Putain tout ce chambard pour Biff et pas une ligne pour My Bloody Valentine....
tout fous le camp....

Geoffrey Fatbastard

Geoffrey Fatbastard le 18/02/2013 à 13:01:42

#VDM mon cher Eric. De nos jours, il n'y a plus que la polémique qui fait cliquer.
http://youtu.be/Lh3LocS_Bh8?t=3m37s
Un trio qui joue à quatre = effet Placebo provoquant une tumeur de l'honnêteté intellectuelle.
Ce n'est pas de l'ouverture d'esprit, c'est du doping de son. Après, si un mec qui vient d'avoir un cancer met tout le monde à l'amende sur une course cycliste, ça ne vous choque pas, je ne peux rien pour vous. Rock One vous tend les bras.

Tookie

Tookie le 18/02/2013 à 13:41:32

Va dire ça à Pat Smear en 1994 ^^
Je ne pense pas là que ce soit une si terrible mutation...
C'est plus une question de forme que de fond, le débat ne devrait pas être là concernant Biffy.

Eric :
Tout fout le camp, comme ton orthographe HAHAHAHA.

Eric D-Toorop

Eric D-Toorop le 18/02/2013 à 19:16:01

Dans le genre trio qui joue à 4 ou 5 ne parlons pas de Muse et de Placebo... pour ces derniers, on se demande si le trio joue encore quelque chose d'abord ^^

@Toukene : Honte, Honte, Honte, Honte pffffffffff

el gep

el gep le 18/02/2013 à 19:22:39

Eric, c'est pas parce qu'il n'y a pas de commentaire sur ta chronique que tout le monde s'en fout. D'ailleurs je trouve que je poste beaucoup trop de commentaires en ce moment. Je regrette parfois le temps de l'internet brut sans commentaire. En tout cas, ça éviterait les trucs genre "ououououh, vilain, t'es pas objectif". On s'en passerait bien.

Eric D-Toorop

Eric D-Toorop le 18/02/2013 à 19:31:38

D'habitude, je m'en tamponne, mais là ça m"étonne vu tout le ramdam qu'il y'a eu autour de cette sortie... j'attendais la déferlante des "t'as rien compris"...

Cheek

Cheek le 18/02/2013 à 19:44:24

aimons nous les uns les autres et aimons le dernier biffy Clyro :)

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