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Schizoid Lloyd - "The Last Note in God's Magnum Opus"

Schizoid Lloyd - "The Last Note in God's Magnum Opus"
chronique Schizoid Lloyd - The Last Note in God's Magnum Opus
7.9/10 0

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CD album CD album (57:17)

 

Style musical : 

Metal prog foufou tirant vers le nawak

 

Année : 

2014

 

Tracklist :

01. Suicide Penguin
02. Christmas Devil
03. Avalanche Riders
04. Misanthrope Puppet
05. Film Noir Hero
06. Amphibian Seer
07. Cave Painter
08. Chicken Wing Swans
09. Citizen Herd
10. Prodigal Son

 

Label : 

Blood Music

 

Lieu d'enregistrement : 

Schizoid Studios
Dans le même style :
Toehider - Toehider Too!

Ah la vache: ils ont sacrément chargé la mule quand même! Non parce que sur ce 1er album – qui suit 2 EPs sortis en 2009 et 2010 – Schizoid Lloyd a collé un peu tout ce qui le botte, sans se soucier de siloter le biniou ni de ménager l'auditeur. Trompette, growl, planeries prog, saccades limite djenteuses, reggae, plages intimistes au piano, violon, chœurs fastueux… On trouve tout ça sur ce premier album, et bien plus.

 

« Poussez-pas derrière, ‘y en aura pour tout le monde! »

 

Par contre, ne nous emballons pas trop vite: contrairement à ce que l'on pourrait être amené à penser, le socle de ce metal tutti frutti n’est pas constitué d'une bonne grosse dalle Nawak bien solide. Non non: la nature profonde de The Last Note In God's Magnum Opus, c'est plutôt un metal progressif touffu, plein de ces grosses fleurs, de ces fumeux calumets et de ces touches d’orgue Hammond qui donnent envie de partir vers Katmandou à bord d’un vieux van Volkswagen repeint par les Teletubbies.

 

...Mais ça ne s’arrête pas là, vous imaginez bien – sinon j’aurais passé mon tour ou aurais sabré l'opus plus violemment côté notation.

 

D’ailleurs le 1er contact que l’on a avec le groupe – via le tout début de  « Suicide Penguin », donc – nous amène à penser que Toehider n’a peut-être plus le monopole du revival Queenien mené tambour nawak battant. Ah ces chœurs, ce faste légèrement déconnant, ce volume généreux… On y va en toute confiance! Puis le paysage sonore se colore de teintes différentes. On pense alors aux Doors, à Devin Townsend, au « Born To Be Wild » de Steppenwolf, on clap-clape des mains sur des « Alleluia – Alleluia » enjoués, et puis on décolle tout à fait quant, à 2:49, une chorale mystico-baba s’enflamme sur fond de saccades bien coupantes.

 

Damned, ils ont sorti de nouvelles drogues de synthèse aux Pays Bas, c’est ça?

...Ah oui, j'oubliais: parce que Schizoid Lloyd nous vient de Hollandie. Là: c'est dit tardivement, mais c'est dit.

 

Et le kiff de continuer ainsi sur les 4 premiers morceaux de l’album. Avec « Christmas Devil » d’abord – qui évolue dans un registre très proche de son prédécesseur, et propose lui aussi un moment de pur grâce, à 1:38, quand un simili Mike Mills (Toehider) appelle sa mère sur fond d’Épiphanie Texturienne. Puis sur « Avalanche Riders » qui laboure l’humus de nos oreilles grâce à un groove moderne complètement irrésistible. C’est simple tiens: ce titre aurait pu être un projet de compo Klonienne – à l'époque de All Seeing Eye –, les digressions psyché en plus. Puis « Misanthrope Puppet » clôt ce quarté gagnant sur plus de 7 minutes de "Nanana!" Townsendiens, de chœurs barrés, de démarches brinquebalantes à la Sleepytime Gorilla Museum et de lourdeur Pink Floydienne rappelant les moments les plus sombres de The Wall.

 

Et la suite alors? Elle est tout aussi foisonnante, mais soit moins accrocheuse, soit plus narcoleptique (… entrecoupée d'occasionnelles pauses dodo quoi)... Sans pour autant devenir inintéressante hein. C’est juste que, en comparaison, le démarrage en trombe ci-dessus évoqué nuit un peu à cette grosse 2e moitié. « Film Noir Hero », par exemple, est extrêmement dépouillé. Piano + chant, et basta. Pas trop mon truc. Quoique – attendez voir – le final soit tout simplement superbe. Eh oui: à 3:08, le ruisseau – qui jusqu’ici coulait tout-pépère – se met à caracoler à un rythme vif à travers la prairie, et putain ça file des frissons!

 

...Ah les fourbes, alors que je commençais tout juste à pouvoir dire du mal d’eux!

 

« Amphibian Seer » reste dans des contrées prog baba coolos dotées de chœurs enjoués – pour un résultat plus OK que WAHOU. Mais on se laisse convaincre quand débarque un bon vieux passage reggae plutôt inattendu à ce moment donné de l’album. Puis « Cave Painter » refait vrombir le moteur du métalleux avec une rythmique modern thrash épaulée par un synthé fleurant bon le 6:33.

 

Oh c'est bon, je sais: je suis parti en mode track-by-track... Je m’en rends compte, hein, vous croyez quoi? Et j’assume d'abord. Là.

 

Par contre, avec  ses 7:43 minutes, « Chicken Wing Swans » passe moins bien – malgré ce côté « Love is All » sympatoche et ces foisonnements foutraques à la Unexpect. ‘faut dire que tout le milieu du morceau, c’est minimalisme en gelée et dodo pour tout le monde… Les presque 10 minutes de « Citizen Herd » commencent elles aussi sous le signe du marchand de sable, mais heureusement, dès le frétillement cymbalesque qui se fait entendre à 3:40, on sait qu’on est reparti pour un tour. Et c’est tellement vrai qu’après une course-poursuite nawak, on décolle à 5:42 pour un merveilleux vol parabolique sous la voute céleste. Il est par contre dommage que le groupe sorte une dernière fois l’édredon sur « Prodigal Son », les au-revoir ne restant agréables uniquement que parce que la fin du morceau s'en va plein Est sur un violon et des « Yadadadada » slavo-caucasiens évoquant un Viza au cœur lourd…

 

C'est que finalement, dites-moi: on n’est pas passé loin du gros coup de cœur avec cette Dernière Note du Godemichet de Magnum dans le Marché Aux Puces (...non, ça n’est pas la bonne traduction?)! Un poil trop calme et proggy pour les amateurs de metal comme pour ceux qui carburent au Speed Nawak, l'album nous offre tout de même un superbe spectacle haut en couleurs, avec – pour amadouer le poilu – une bonne grosse ossature « mélo-djenteuse » et suffisamment de zébulonneries et de mille-feuilles chantés pour enflammer le cœur des fans de Toehider et de Queen.

 

Vivement la suite, du coup!

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courteThe Last Note In God’s Magnum Opus, c’est Queen + Textures + Leprous + Sleepytime Gorilla Museum + ton groupe à pattes d’eph’ préféré. Plus psyché/prog que purement nawak, le groupe possède également un versant couillu-djenteux prononcé – mais certes pas envahissant. Une superbe petite incongruité carrément enthousiasmante. Juste un poil trop 70s pour que ça soit un vrai coup de cœur, mais sinon rien à redire!

photo de Cglaume
le 04/02/2015

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