6:33 - Feary Tales For Strange Lullabies: The Dome

Chronique CD album (53:10)

chronique 6:33 - Feary Tales For Strange Lullabies: The Dome

Ils ont commencé en foutant le bronx dans un orphelinat – mais en gardant bien le petit doigt en l’air.

Puis ils ont combiné chasse aux clowns et lancer de nains.

Ils ont enflé, pué, et – les weirdos ! – ont aimé ça.

Au final ils ont beaucoup péché.

 

Ce faisant ils ont placé le curseur de la nawakitude a une altitude atteinte par très peu de leurs pairs. Et vous savez comment ça se passe: quand un groupe balance une telle profusion de couleurs et de saveurs à ses fidèles, les chances sont grandes pour que ceux-ci s’habituent à l’exceptionnel, et deviennent exagérément exigeants.

Alors comment, dans une telle situation, rester au sommet ? Comment continuer à faire cracher la marmite à paillettes ? Comment rester désirable et impulser une fois de plus aux oreilles fébriles cet enthousiasme débordant des collégiens passant pour la première fois les portes de Disneyland ?

 

Aux grand maux les grands remèdes : pour la sortie de son 4e album, 6:33 a décidé de se secouer violemment le cocotier et de refaire tout son intérieur à neuf. ValérieDamidotus Maximum, mon cher Harry Potter. Matez donc le chantier :

# arrivée d’un batteur, Cédric "Vicken" Guillo, recruté chez Malemort (ils avaient pourtant juré leurs grands dieux que jamais, au grand jamais…)

# montée en puissance de Benédicte "Béné" Pellerin, le rossignol œstrogénial gazouillant aux côtés de Rorschach

# adoption d’une thématique 80s délicieusement rétro accompagnée des ajustements musicaux adéquats – claviers flashy en force, et dérapages Synthwave contrôlés

# fin programmée mais progressive du port des masques

 

… Sans parler de tout plein de mouvements divers – c’« été » pour un grand nettoyage de printemps qu’ils vont nous dire – au sein du line-up : chaises musicales derrière les claviers, basse passant du Mazeau au ManoLow… Le tout dans le respect des gestes barrières, évidemment.

 

Mais malgré ce coup de frais dans leur architecture intérieure, on fait difficilement plus 6:33 que cette pluie de hits nouveaux. Les patonneries amicales de Rorschach, le foisonnement townsendien de Nicko, les badaboumeries irrésistiblement tendues, les narrations étourdissantes pleines de rebondissements : la déco a beau avoir changé, on reconnait sans mal les lieux. C'est juste qu’à l’approche de la quarantaine, nos amis avaient envie de se replonger dans les vieux Télé Z de leur jeunesse, et d’organiser une grande soirée costumée « Happy Days » lors de laquelle les convives pourraient s’envoyer de pleins seaux de pop-corn dans les oreilles tout en matant non stop Ghostbusters, le premier Retour vers le Futur et Beetlejuice. Et pour qu’une telle fiesta soit réussie, un petit réaménagement de leur terrier ne pouvait que s'avérer judicieux…

 

« Donc, si on t’a bien suivi, Feary Tales For Strange Lullabies : the Dome c’est un peu comme un clip de Partenaire Particulier, mais revisité par la progéniture de Carpenter Brut et Mr. Bungle... C'est ça ? »

 

Oui, mais non. Certes, il faut reconnaître que la BAR et le synthé très Indochine du tout début de « Rabbit In The Hat » pourront rappeler l’âge d’or de la « New Wave à la française » – mais si : les Bontempi à grosses touches, les couleurs criardes, la danse de robot dégingandé et les coupes improbables ! Et c’est vrai que sur « Release The He-Shes » le groupe nous confie carrément le manche pour piloter nous-mêmes Supercopter (… à moins que ça ne soit Tonnerre Mécanique ?). Mais malgré cette touche rétro-disco nouvelle, 6:33 reste 6:33, et sa potion magique a toujours le même excellent goût de reviens-y.

 

Vous avez déjà dû entendre les 3 premiers extraits de l’album – « Act Like An Animal », « Wacky Worms » et le vaporeusement funky « Flesh Cemetery » – je ne reviendrai donc pas sur ces titres, histoire d’alléger un peu cette massive et enthousiaste chronique. J’aurais par contre du mal à passer sous silence mes coups de cœur les plus Rhaa-slurp-gouziiii. « Holy Golden Boner » d’abord, sur lequel le duo Béné/Rorschach casse la baraque – que dis-je : atomise la casbah ! Ces 5 minutes voient le couple se promener d’un pas alerte entre les plateaux où sont en train d’être tournés Roger Rabbit, les Gremlins et Jack Burton dans les Griffes du Mandarins. Tout n’y est qu’explosions joyeuses, cuivres pétillants, palpitant qui papillonne, Lalala espiègles et refrains légendaires. « Party Inc. » ensuite, est un titre-rayon de soleil qui bondit, poinçonne, butine et hurle son amour pour la vie dans des dimensions qui mériteraient l’attribution au groupe du titre de Grand Commandeur de la DevinTownsendité. « Release The He-Shes » enfin, combine néons rose fluo, accents world lutinesques à la Waltari, et un autre de ces refrains de folie qui monte, monte, jusqu’à ce qu'on ne puisse plus le contenir et qu'on se retrouve le veston tout inondé d'endorphine brûlante.

 

… Et je ne vous ai même pas parlé de cette minute et demie qui démarre « Prime Focus » et que la paire Hans Zimmer / Danny Elfman n’aurait pas renié. Ni du « Tea-ring-me-a-paaaaaaaaaart » céleste dans lequel on se désintègre à la fin de « Rabbit In The Hat ». Ni du combat de rue Disco où vous allez devoir affronter des « Hot Damn Chicas ». Ni de la superbe progression conclusive intitulée « Hangover »…

 

Rhaaaaaa les copains, ces loustics ont vraiment tout compris à ce qui fait hurler de plaisir les capteurs du mélomane averti ! Plus que jamais le groupe donne ses lettres de noblesse à ce genre chéri que l’on appelle ici le Nawak Metal – quoique l'appellation exacte devrait cette fois plutôt être Synth-Nawak Prog Metal ! 

 

Alors trêve de blabla: Feary Tales For Strange Lullabies: The Dome obtient haut la main – et les 2 pouces – le label qualité Fonzie !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: Imaginez un gang de virtuoses farfelus réécrivant la BO de Jack Burton dans les Griffes du Mandarin en mode disco-alternatif. Imaginez un album de Synth-Nawak Prog metal faisant aux oreilles ce que Ready Player One a fait à vos yeux. Imaginez la folie de Kung Fury et la coolitude de Fonzie. Imaginez des néons, du popcorn, et une fièvre du samedi soir boostée aux grosses guitares. Maintenant arrêtez d’imaginer, et courrez soigner vos maux à grands coups de Feary Tales For Strange Lullabies: The Dome !

 

 

 

 

 

photo de Cglaume
le 13/09/2021

12 COMMENTAIRES

8oris

8oris le 13/09/2021 à 10:47:46

Est-ce que tu dirais qu'on est passé du Prog Metal Synth-Nawak au Synth-Nawak Prog Metal?

cglaume

cglaume le 13/09/2021 à 11:13:23

Haha... Pas tout à fait. Il y avait pas mal de clavier avant, mais pour autant ce n'était pas typé Synthwave. Cette fois par contre ça l'est... par moments. M'enfin qu'importe le Falcon tant qu'on va à fond à fond :D :D 

Xuaterc

Xuaterc le 13/09/2021 à 11:24:17

"Imaginez des néons, du popcorn, et une fièvre du samedi soir" voir ma chronique du dernier Hail Spirit Noir ;-)

cglaume

cglaume le 13/09/2021 à 11:29:06

Eh oui "les grands albums se rencontrent", comme dit l'expression :)

pidji

pidji le 13/09/2021 à 22:34:45

Hâte d'écouter ça en tout cas 😁

Xuaterc

Xuaterc le 14/09/2021 à 08:11:15

"Hâte d'écouter ça en tout cas" moi aussi

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 14/09/2021 à 22:21:33

Superbe chro comme d'hab mais définitivement pas ma chapelle.

cglaume

cglaume le 14/09/2021 à 22:42:33

Merci ! Et puis snif, ensuite. M'enfin on ne peut pas tout le temps manger dans la même gamelle :)

Eric D-Toorop

Eric D-Toorop le 15/09/2021 à 12:55:25

La cover de "starlight" aurait pu être sur celui-ci

cglaume

cglaume le 15/09/2021 à 13:54:15

Bonne remarque ;)

Xuaterc

Xuaterc le 16/09/2021 à 12:15:58

Après écoute, c'est effectivement un album monstrueux qui fait aux oreilles ce qu'un frizzy pazzy fait dans la bouche.
Un peu trop funky à mon goût, mais une grosse sortie

cglaume

cglaume le 16/09/2021 à 13:18:37

Haha, bien vu :D

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