Toehider - Children of the Sun

Toehider - "Children of the Sun"
chronique Toehider - Children of the Sun

LE PROJET « 12IN12 » – OU LE MARATHON PROG / METAL / ROCK SELON TOEHIDER.

Episode 1, mai 2009: Children Of The Sun

 

Explications du pourquoi du comment: se reporter à la chronique de Not Much Of A Man.

 

« Ré-cré A2, enfin Récré A2. Les amis, aujourd’hui, on va s’amuser… »

 

Non, ça ne fait pas tilt? Sans doute êtes-vous trop jeunes… Et si je vous dis « Croque Vacances et Claude Pierrard »? Non plus? « Téléchat » peut-être? Non? Arf, on est vraiment une relique quand on traîne ses guêtres dans le webzinat métallique alors que se profile à l'horizon la silhouette sournoise de la quarantaine…

 

Si ces quelques références aux programmes TV pour la jeunesse de mes tendres années vous ont glissé dessus sans laisser la moindre trace de nostalgie humide, il est probable que Children Of The Sun ne vous parlera que peu… Car c’est en reprenant les génériques des dessins animés qui les ont accompagnés pendant les 80s que les australiens de Toehider ont décidé de commencer la saga 12In12. Voilà, c’est ça: en se recroquevillant dans la position la plus confortable et la plus régressive qui soit, celle de la noix de cajou fœtale lovée au sein du monde merveilleux des premiers émois cathodiques.

En même temps tout ça est très logique quand on garde à l’esprit le pourquoi du projet dodécamestriel entrepris par le groupe. C’est que cette colossale entreprise n’a pour autre vocation que de protéger de ses murs épais nos amis contre les assauts répétés de l'angoisse causée par le vertige créatif, ainsi que par sa vicieuse petite sœur: la nécessaire posture exhibitionniste de l’artiste. Il est naturellement plus rassurant de faire « ses premiers pas » sans se risquer à des compositions originales, et dans cette optique quoi de mieux pour poser les fondations de cet édifice cyclopéen que de remonter à la source première de l’émerveillement?

 

On commence donc ce trip « lait fraise & pain d’épice » avec le titre éponyme, qui n’est autre qu’une version légèrement métallisée de la musique des « Cités d’Or ». Esteban, Zia… Vous les remettez? Rien de spécial à dire sur cette réinterprétation studieuse, si ce n'est qu'elle est fidèle à l’original, sympa mais manquant sans doute un peu de la folie que l’on est en droit d'attendre de la part du groupe, et trop scotchée au format « dessin animé » initial – malgré l’apport de la guitare. Par contre, il est clair que tout ça fait ressurgir de vieux souvenirs…

 

Avec « M.A.S.K. », on retourne à l’époque de « La Vie des Botes ». Cette madeleine de Proust – qui tient tout juste sur une petite minute – prend la forme d’un bon vieux titre de hard rock A.O.R. comme aurait pu le pondre un – allez, disons – Def Leppard. Une bonne surprise... Et toujours cette vieille nostalgie qui vous mord les boyaux…

 

 

 

Puis on passe au format hyper riquiqui de 40 secondes pour retrouver le thème hyper sucré de « Jem et les Hologrammes », série qui faisait la joie des filles – et de garçons dont la libido naissante trouvait un intérêt évident à ce genre de produit, ainsi qu'aux « Cat’s Eyes » et autre « Gigi » (Aaaaaaah, la transformation en adulte, avec cet instant de nudité fugace!) – sans parler des pages sous-vêtements de La Redoute. Le résultat sonne un peu comme une version  encore plus chamallow de la B.O. de « Fame », avec toutefois ce passage croustillant consacré aux « méchantes », les inénarrables Misfits (bien plus metal que notre pauvre Barbie chantante à la rose toison).

 

On passe ensuite à la reprise qui brille sans doute le moins sur cet EP – bien que dotée d'arguments relativement métalliques, et d'un gros potentiel de départ. Le générique d'« Ulysse 31 » possède en effet ce côté héroïque – épique même – qui en faisait finalement un choix assez évident pour cette entreprise. Malheureusement, la version de Toehider manque un peu de la puissance, et surtout de la vitesse qui auraient pu la mettre sur orbite. Dommage…

 

A l'autre bout du spectre qualitatif, le meilleur de Children Of The Sun tient sans doute dans le superbe thème des « Mondes Engloutis ». D’ailleurs le groupe semble en être conscient, et exploite celui-ci sur un format bien supérieur à la moyenne de l’EP: 3 minutes et demie. Ce titre est l’occasion d’échappées électro-acoustiques délicates tirant parfois vers la guitare andalouse, d’une brève passe punk-rock, et d’une liberté assez judicieuse: celle d’opter pour des rythmiques légèrement déhanchées – pour ne pas dire tropicales. Carrément top!

 

Suivent 2 titres qui me parlent moins – sans doute n’ai-je regardé que trop peu les dessins animés concernés: le générique de fin d’« Astro le Petit Robot » – un peu trop « happy » à mon goût, mais collant parfaitement avec la dimension Queen-ienne du groupe – puis un thème manifestement extrait de « Transformers », sombre et doté de guitares à la saturation étrangement synthétique. Finir sur ce dernier s'avère relativement judicieux, le côté grandiose – presque Devin Townsendien –, du grand final offrant une conclusion qui a du chien. Quoique j’avoue que j’aurais bien aimé un coup de « Cosmocats » – ou mieux encore: de « Jayce et les Conquérants de la Lumière » – pour finir en feu d’artifice.

 

 

Children Of The Sun parlera donc principalement à tous les vieux cons qui, même s’ils ne se reconnaissent habituellement pas dans le metal prog fou fou de Toehider, trouveront là une belle occasion (... et gratuite en plus!) d’associer guitare et gâtisme avancé. Le trip régressif pourra se prolonger avec la séquelle Children of the Sun Part 2: Another Collection of Under-appreciated Cartoon Themes from the 70's, 80's and 90's, dont on vous reparlera plus tard.

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: les 12 EPs du marathon « 12in12 » respectent tous (ou presque) une thématique qui leur est propre. Pour Children Of The Sun, celle-ci consiste à revisiter les génériques des dessins animés de nos années Choco BN (… enfin si vous avez entre 30 et 40 piges…). « Esteban, Zia, Toehider: les génériques d'ooooooooor ! »

photo de Cglaume
le 17/05/2013

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