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At The Gates - "To Drink from the Night Itself"

At The Gates - "To Drink from the Night Itself"
chronique At The Gates - To Drink from the Night Itself
7/10 0

écouter "To Drink From The Night Itself"

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CD album CD album (48:48)

 

Style musical : 

Dark Melodeath

 

Année : 

2018

 

Tracklist :

01. Der Widerstand
02. To Drink from the Night Itself
03. A Stare Bound in Stone
04. Palace of Lepers
05. Daggers of Black Haze
06. The Chasm
07. In Nameless Sleep
08. The Colours of the Beast
09. A Labyrinth of Tombs
10. Seas of Starvation
11. In Death They Shall Burn
12. The Mirror Black

 

Label : 

Century Media

 

Lieu d'enregistrement : 

Parlour Studios
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The Crown, At The Gates: même combat. On avait en effet volontairement zappé Death Is Not Dead pour ne pas faire inutilement crépiter la sulfateuse sur la maison de retraite suédoise… Mais on a repêché la tête couronnée sans se faire prier au vu de la qualité de son petit dernier, Cobra Speed Venom. De même on avait laissé passer la caravane At War with Reality sans se fatiguer à aboyer avec les chiens, mais on accueille aujourd’hui l’excellent To Dring From The Night Itself avec un enthousiasme qui… Euh, attendez voir. Ah non, crénom: il avait été bien reçu l’avant-dernier album de la bande à Tompa! Par contre ce petit nouveau là, il ne fait pas tout à fait l'effet d’une tablette de viagra métallique… Ah putain, mon parallèle introductif est foutu! Et merde… En plus je viens carrément de livrer la conclusion dès le premier paragraphe, scrogneugneu. Rhaaa j’ai tout merdé! Bon, faisons mine de rien: les lecteurs lisent souvent les chroniques en diagonale…

 

** Rembobine. Sortie du tunnel et fin des parasites. Raclage de gorge. 1-2… Et c’est partiiiiii! **

 

Quatre ans après le grand retour To Drink from the Night Itself, quelles sont les news du côté de la maison At The Gates? Consultons voir les pages de VSD Metal pour savoir qui a couché avec qui… Tiens, le guitariste historique Anders Björler s’est fait la malle!? Et le petit nouveau chargé de gratouiller à sa place est issu de The Lurking Fear et Bombs of Hades. Mouais, on reste en famille quoi (la Suède, l’autre pays de la consanguinité)… Est-ce que tout ça a eu une incidence sur le son du précurseur du Melodeath? Alors non, pas vraiment: à l’écoute des 12 titres de ce 6e opus, on sait parfaitement à qui l’on a affaire. Ou alors c’est qu’il s’agit d’un clone particulièrement brillant. Par contre, dites-voir: là où Slaughter Of The Soul prenait soin de régulièrement nous tambouriner sur les tympans avec la subtilité d’un char Leclerc excité de la tourelle, ce nouveau chapitre a beaucoup plus tendance à se morfondre au fond de son chalet, en haut d’une froide montagne solitaire… Ça ne déprimerait pas un peu du côté de Göteborg?

 

Oui alors non: At the Gates ne s’est pas reconverti à 100% dans le Depressive Melodeath. N’empêche, les nouveaux morceaux sont très (trop!) souvent basés sur des slow / mid tempos. Et de leur côté les riffs sont majoritairement drapés dans de lourdes capes de velours gris-noir – comme celles dans lesquelles agonisent d'inconsolables vampires s’infligeant une bain de soleil fatal pour mettre un terme à un amour non réciproque avec Buffy. Tiens, écoutez-moi le riff sur lequel démarre « Palace of Lepers »… N’est-ce pas l’équivalent guitaristique d’un « A quoi bon…? » résigné? Et le lourd et ample « The Colours Of The Beast », ne semble-t-il pas en avoir plein les bottes? Le refrain de « Seas Of Salvation » n’essaye-t-il pas de masquer un trop plein de neurasthénie derrière les belles tentures d’un gros son chaleureux? Et le noir miroir chargé de nous congédier en piste 12, ne se traîne-t-il pas comme un malheureux dans les couloirs du bâtiment des soins palliatifs (d’ailleurs c’est un requiem ou quoi ces 2 dernières minutes purement orchestrales)?

 

Il y a un peu de ça, si.

 

Sans compter que si la patte du groupe reste aisément reconnaissable, c’est beaucoup parce que celui-ci nous livre là une pleine soupière de « You-Get-What-You-Want Melodeath » sans surprise aucune, à la limite de l’auto-plagiat parfois. On nous dit que la bande à Tompa s’extirpe enfin de la prison dans laquelle elle s’était elle-même enfermée sur l’opus précédent afin d'enfin composer sans plus aucune arrière-pensée… Mais alors c’est quoi ce morceau-titre certes efficace, mais tellement auto-parodique qu’on croirait l’avoir déjà entendu sur un chapitre précédent?

 

Par contre, oui, il faut reconnaître que – le côté « ouin-ouin cœur blessé dans le noir » exclu – ces 12 titres font plaisir, même s’ils n’offrent que peu de surprise. D’autant que « In Death They Shall Burn » constitue un beau petit tube nouveau qui, si l'on met de côté quelques mouvements de manches initiaux un peu trop convenus, offre un final assez fantastique s’envolant vers des cieux sombres mais traversés de fabuleux flamboiements mélodiques. D’ailleurs la fin de morceau qui tue, c’est un peu la marque de fabrique du groupe sur To Drink from the Night Itself: que ce soit « In Nameless Sleep » (avec une intervention d’Andy LaRocque ») ou « Palace of Lepers » (qui sort la grande pompe in extremis), ça redresse toujours magnifiquement le manche en fin de course. Mais le petit plus peut aussi venir d’ailleurs: de riffs plus typés Black/Death (vers la fin de « A Stare Bound In Stone », au début de « A Labyrinth Of Stones »…), de D-beats-ou-presque (sur « The Chasm » surtout), ou via une coloration plus « viking en haut de la falaise » (sur « Daggers Of Black Haze »).

 

Oui, oui: il y a de bonnes choses sur To Drink from the Night Itself, on ne peut le nier. Mais aussi trop de redondance, et trop de romantisme neurasthénique. Et puis quoi: les grands groupes sont – malheureusement pour eux – condamnés à ne sortir que de grands albums, sous peine de décevoir. The Crown a réussi cette lourde tâche sur son petit dernier. Pour At The Gates par contre, c’est carrément moins net…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: si vous êtes du genre à prendre votre pied quand vos groupes préférés ressassent éternellement la même formule, To Drink from the Night Itself va vous combler. Et ce d’autant plus si vous avez envie d’entendre Tompa et ses collègues vous confier leur désespoir de vivre dans un monde aussi cruel. Si par contre vous aimez la nouveauté et que vous avez kiffé les bons petits coups de pied au cul donnés sur Slaughter of the Soul, vous réserverez forcément à ce 6e opus un accueil plus mitigé.

photo de Cglaume
le 31/05/2018

Note des commentateurs : 6.5/10 (sur 2 votes)

Commentaires

Tookie

Sa note : 7/10

Tookie le 31/05/2018 à 09:42:37

Un peu déçu aussi, et pourtant, t'as des titres qui passent très bien. En fait, j'avais "Palace of Julien Lepers" dans une playlist ce matin, puis plus tard "To Drink from the Night Itself" : en fait quand les titres sont pris les uns des autres ça roule bien...C'est peut-être sur l'ensemble qui passe moyen, une ambiance générale un peu désagréable.
Bon ça reste At the gates de toute façon, donc c'est bien.

Crom-Cruach

Sa note : 6/10

Crom-Cruach le 31/05/2018 à 17:08:56

Bouarf, je revois un poil ma note à la baisse: ça manque de pilosité.

Xuaterc

Xuaterc le 31/05/2018 à 19:13:40

Ouais, ça manque ne niaque tout ça

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