Burning Flag - Matador

Chronique CD album (34:52)

chronique Burning Flag - Matador

Bon je vais déjà vous épargner le refrain partisan sur l’inanité des drapeaux et sur l’absolue nécessité émancipatrice de tous les bruler. Celles et ceux qui ont encore le courage de lire mes digressions et pompeuseries politico-musicales savent à peu près avec qui j’aime politiquement m’encanailler. Burning Flag en fait partie et ne pouvait avec un nom pareil qu’attirer ma sympathie. Mais passons sur le chaleureux blaze du combo No bordercore anglais.

 

Découvert avec la sortie d’Izabel en 2017, et par l’intermédiaire de Cromy (canaillerie d’un jour, canaillerie toujours…), Burning Flag me rappelait le temps où le Punk-Hardcore était surtout orienté par les idées de simplicité et d’efficacité. Les premières manifestations d’un Punk synonyme de dureté tant au niveau des compos que des vécus. Le groupe me ramenait donc à un truc quintessentiel, un Punk hardcore âpre, ramassé, qui fait l’économie des parures et autres dispensables gimmicks. Le combo représente l’antithèse d’un Hardcore New school Convergien, technique et cérébral. L’approche des Anglais se veut frontalement binaire, épurée et s’inscrivant plutôt du côté de la tradition Punk-hardcore. Aucune virtuosité dans le jeu, aucune esbroufe tapent à l’œil. A noter également l’absence de screamings au lead, devenus pourtant actuellement incontournables dans cette scène. A rebours des représentations que l’on a d’un hardcore millésimé 2021, Burning Flag arrache de ses instruments toute la rudesse, la radicalité et l’accessibilité d’antan. Voilà en gros pour le topo d’ensemble…

 

Et sinon au niveau de la musique, des sonorités, du style, du riffing, des textures ça dit quoi ? Bah c’est surtout politiquement que Burning Flag m’en dit long éhé ! Le reste j’m’en fous comme de ma première interro. Musicalement je ne saurai pas trop dire, c’est surtout Cromy l’expert dans ce genre d’expériences crasses. Parce que c’est vrai qu’à y écouter de plus près, le premier attrait de Matador repose dans l’épaisseur crasse de son son et de ses textures heavys. Déjà les instruments sont dropés à réveiller les morts donc ça sonne putain de lourd et copieusement assourdissant. La gratte est metallisante au possible et suinte allègrement de toute sa superbe distortionnée. Impression implacable et renforcée quand le tempo retombe sur de sévères palm mute. La basse n’est quant à elle pas hyper boostée mais s’inscrit solidement dans l’mix et dans le rapport de force. Un son unique donc, du punk metallisé qui ferait jubiler un Cromy en bas âge. L’esprit est austèrement Crusty, les plans sont sporadiquement Thrash, l’épaisseur de certains breaks à la Conjurer est Sludgy mais la lame de fond reste essentiellement Punk Hardcore. Le groupe sait aussi être chaleureusement défouloir. Le riff Jumpy de « Ghost Skin » ou encore le groove une touche de balle de « Step Back » marchent pleine bourre pour qui voudrait dépressuriser un peu sa life et s’adonner à quelques mouvements d’boule.

 

Après le départ de MD, on retrouve Holly pour la remplacer sur Matador, une frontwomen convaincante qui a su va vite balayer mes quelques inquiétudes sur ce changement de Line-up. Même si la niaque et le grain de voix carnassier de MD manquent au début, la poigne de Holly compensent honorablement son petit manque de puissance. Un chant féminin au charme punk, de surcroit féministe « Vendetta ». Un chant brut, décomplexé et authentique qui n’a pas besoin de testostéroner ses cordes vocales pour invectiver la galerie et faire passer quelques messages salutaires « Man Up ». Une chanteuse qui sur des refrains saignants et sentencieux peut aussi compter sur le soutien de ses petits camarades de jeu. Mention spéciale pour la leçon hardcore qu’est « All The While ». Notamment pour ses excellentes lignes de chant, pour ses paroles justicières, et surtout pour la lourdeur et le dépouillement remarquable de son riffing. Au fond, Burning Flag c’est une combinaison heureuse de choses simples mais qui font tout le sel d’un groupe dont le son souterrain et dévastateur assoit l’originalité.

 

Matador est un album Punk-hardcore pur jus qui ne fait pas du tout de sentiments... c’est du brut de chez brut! Un champagne millésimé 2021, sublimé et coupé au sang de sinistres vampires. D’une bourgeoisie enfin déchue et soufflée pour un temps de nos pensées, et ce juste aux sons des titres vengeresses et « assassins » de Burning Flag.

 

 

photo de Freaks
le 04/05/2021

4 COMMENTAIRES

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 04/05/2021 à 11:11:20

Tu as tout dit et bien dis ! Un bon 8,5/10 pour moi !

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 04/05/2021 à 13:25:17

Le combo est sacrément content de ta chronique d'ailleurs (même si tu as oublié un H à Thrash ^^)

Freaks

Freaks le 04/05/2021 à 19:47:42

Content que ça vous ait plu ;) A défaut d'avoir le statut de "groupe du mois", ils auront "la chronique du mois"... perfectible... aha :p

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 04/05/2021 à 20:45:03

C'est à cause de la conspi à Tookie !

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