Chamber - Cost of Sacrifice

Chronique CD album (29:06)

chronique Chamber - Cost of Sacrifice

Chamber, à ne confondre ni avec Chamber ni avec Chamber, débarque de Nashville et se rue sur l’échiquier du technical-hardcore. S’il n’en sont pas encore les rois, on peut dire qu’ils ont su au moins renverser les pions, au mieux prendre la place des fous.

 

Technical parce que les grooves ne sont pas rappeler ceux de ces bons vieux gredins de chez Sikth, toujours à nous la faire à l’envers avec leur mesures en 4/4 qui mettent en PLS n’importe quel beubeu qui hoche la tête en rythme tout en prenant un air assuré. Car avec Chamber: qui fait le malin, tombe dans le ravin. Le groupe n'hésite pas à disséquer ses rythmiques en des motifs aussi habiles que labiles. Parfois difficile à suivre mais délicieux à débusquer.

Technical parce que côté leads, il y a ce petit côté Veil Of Maya: une alternance de gros chunks en DansTaGueule Majeure (levé) et de mélodies hyper dynamiques où chaque note envoie ses copines se faire sacrifier sur l’autel de l’harmonie.

Hardcore parce que Chamber n’est pas là pour être sympa, aimable ou faire plaisir. Chamber distille une fougue jeune, fraiche, vigoureuse et une envie totale d’en découdre. La musique est clairement un exutoire pour cette bande d’hargneux drilles et leurs prestations lives finiront de vous convaincre de l'esprit qui les habitent.

Mais Chamber ne fait pas que dans le hardcore technique, il cherche plus loin, dans ses influences les plus profondes et se la joue indus cradingue ("Disassemble Reassemble") qui n'est pas sans rappeler Fange ou Godflesh, progressif et plus réfléchi ("Numb (Transfuse)").

 

Cost Of Sacrifice est un album court mais efficace et surtout parfaitement dosé. Car son écoute titille parfois la limite du fatiguant. Non pas par sa densité en terme de structures mais du fait que les morceaux suivent parfois un peu trop le même style de patterns. Si vous étiez à côté de moi, je vous en ferai une démonstration à la bouche particulièrement cringe. En onomatopée, cela donnerait “Tchonk Tchoooonk Tchk Zwiouuu Talilalolou Tchonk Tchonk Zrioou Talilala”.

Malgré certains morceaux plus ambiants très réussis ("Impulse"), c'est dans le registre énervé que l'on a l’impression que le groupe a trouvé une tourne musicale et l’essore, la retourne dans tous les sens. Si ça la surprise à la première écoute est totale, au bout de quelques unes de plus, on se dit “ah ouais, j’ai capté l'truc”.

Mais il y a “In Cleansing Fire”...Ahhhh “In Cleansing Fire”...Parfois, dans les commentaires Youtube d’un clip, je trouve toujours un auditeur qui avoue fièrement écouter le morceau en question plusieurs fois par jour sans s’en lasser. Je me suis toujours dit “Ecouter plusieurs fois le même morceau plusieurs fois par jour? Mais quel bouffon ferait ça?”...Ben, aujourd'hui, ce "bouffon", c'est moi. “In Cleansing Fire”, c'est mon graal de l’année et j’y bois à pleine goulée à m'en repeindre les babines et sans jamais en être las. Ce thème d'intro, lead génial noyé dans un vitriol de chorus, cette outro magistrale et martialle à la Psyopus et entre les deux, des grooves morcelés, des gimmicks piquants, et les classiques descentes harmoniques entre des accords diminués; et la voix, ce grain parfait, une interprétation à pleine puissance, saturée au mixage mais avec la finesse des sages, impression sonore d’une salive brulante, expurgée d’une bouche hargneuse. Bref, l’extatique single, 2 minutes 38 de pure mathcore dosé à la perfection, allégorie de l'efficacité musicale s'il en est.

 

Niveau production, on est sur du pur produit ricain, bien fat et bien brillant, sans surprise. Un peu fatiguant parfois mais parfaitement adapté aux styles. Pas toujours équilibré par contre. On sent que Shirley Guitar est particulièrement mise en avant avec son 95D pigeonnant, de même que son copain Johnny Kick et ses gros biceps. Par contre, Kevin Bass est là pour amener des fréquences lourdes mais pas grand chose de plus.

 

 

Malgré quelques petites linéarités dans la forme, dans le fond, avec ces morceaux originaux, efficaces et sans consensus, Cost Of Sacrifice est sans hésitation un des albums de l'année 2020, tous styles confondus et un plus-que-magnifique hors d’oeuvre pour le gourmet de hardcore technique. Chamber n'a désormais plus à faire ses preuves et fait désormais partie comme End des dignes successeurs de The Dillinger Escape Plan, SikTh, Counterparts.

 

 

On aime bien : du hardcore technique moderne et efficace, des tentatives de porter le style vers d'autres...

On aime moins: des morceaux qui se ressemblent malgré leur absence de ressemblances...

photo de 8oris
le 27/11/2020

1 COMMENTAIRE

pidji

pidji le 27/11/2020 à 14:23:26

Ah ouais pas mal du tout ça 😁

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