Lüüp - Canticles Of The Holy Scythe

Lüüp - "Canticles Of The Holy Scythe "
chronique Lüüp - Canticles Of The Holy Scythe

On peut lire à droite ou à gauche que certaines pièces de musique classique sont plus heavy ou plus dark que n'importe quel album de Black, ou que si certains compositeurs du XIXè siècle avaient vécu à notre époque, ils auraient fait partie d'un groupe de Metal. Les deux genres partagent un attrait certain pour la puissance musicale et pour les atmosphères, il n'est donc pas idiot de considérer cette théorie avec intérêt. Dans une certaine mesure tout de même, j'ai du mal à croire que Beethoven aurait été le Clown de Slipknot ou que Stravinski aurait porté du corpse paint. De nos jours, certains musiciens font clairement le pont entre les deux. Le grec Stelios Romaliadis en fait partie. Connu pour ses œuvres d'avant-garde, le compositeur, pour son deuxième album sous le nom de Lüüp ne laisse planer aucun doute: Canticles Of The Holy Scythe est à cheval entre musique de chambre et Metal Extrême. L'opus est conceptuel avec une thématique qui tourne autour de la Mort (celle qui parle en lettre capitales), et Stelios Romaliadis invite rien de moins que Sakis Tolis (Rotting Christ) sur "The Greater Holt Assembly" et Aldrahn (Urarv) qui donne sa voix à la Mort elle même sur "Stibium (Triumph Of Death)".

 

Le violoncelle est l'instrument central, c'est lui, et son son grave. lourd et chaud, qui porte l'ensemble des compo, parfois soutenu par un clavier comme sur la dernière piste, qui, avec son chant féminin ethéré, n'est pas sans rappeler la bande-originale de La Marche De L'Empereur. On pense parfois à Elend, avec ces voix qui déchirent le voile ténu de l'équilibre mental. Pour l'auditeur « Metal » standard, les surprises sont multiples, les habitudes sont bousculées par des structures absolument pas traditionnelles. Il faut plutôt voir cet album comme la bande son d'un sombre rituel tel qu'on pouvait en trouver dans les films giallo. Extrêmement visuelle et angoissante, la musique de Lüüp est savant équilibre de noirceur et de mélodie, œuvre d'un musicien qui semble parfaitement maîtriser les ficelles à la fois de la musique classique et du Black Metal. Les fans de ce dernier, tout du moins les plus ouvert d'esprit, pourront de par le fait y trouver leur compte. L'écriture est extrêmement léchée, travaillée, ce qui rend l'écoute des plus agréable, malgré l'aspect hermétique de la musique.

 

Une fois de plus, le label I, Voidhanger Records a pris des risques avec ce disque hors normes. Mais il est familier de ce genre de chose, et une fois de plus, le défi est relevé haut la main. Une fois de plus, chapeau bas. 

photo de Xuaterc
le 30/01/2018

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