Clown Core - 1234

Chronique mp3 (08:38)

chronique Clown Core - 1234

On est un peu déçu. Si si. Parce qu’après les latrines de Toilet et le monospace de Van, on s’attendait à ce que Clown Core mette en boîte sa prochaine singerie dans un téléphérique, une cabine de péage d’autoroute ou une canadienne (la tente, pas la québécoise : le saxo ne rentre pas). Eh bien non : Louis Cole et son compère ont épuré au maximum ce 4e rendez-vous discographique. Côté vitrine, un artwork minimaliste ressemblant à celui de 2018, mais dans une version cracra-noir et blanc, façon Raw Black nihiliste. Pour ce qui est des titres, pareil que le premier Sublime Cadaveric Decomposition : « 1 », « 2 », « 3 » et « 4 » (jeu CoreAndCo : à votre avis comment se serait intitulé le 5e morceau s’il y en avait eu un ?), le titre de l’EP se contentant de n’être qu’une bête tracklist aussi sèche que bêtement arithmétique. Et côté musique, un petit minimum syndical de 4 compos (vous l’aviez deviné ? Qu’ils sont forts …) pour un total de 8 minutes et demie.

 

Mince alors: l’Auguste serait-il devenu clown triste ?

 

A priori non, pas si l’on en juge à la teneur des 4 nouveaux morceaux. Seul « 3 » pourrait à la limite rentrer dans les chaussures d’un clown blanc, et encore, l'un de ceux qui n’arbore nulle larmichette au coin de l’œil. Car la musique de Clown Core reste ce collage déstabilisant mais excitant réalisé à partir d’une section rythmique trépidante (il faut parles de Breakbeat voyons, voire de Jungle M. le chroniqueur !), d’un saxo déluré, de pistes synthétiques musclées et de rêveries éveillées – sans plus vraiment de dimension Metal par contre, mais conservant cette approche Nawak-friendly bien secouée du cervelet. « 1 » n’est ni plus ni moins que le cousin germain de « Flat Earth » (et, en prolongeant la comparaison, de « Hell ») : on y retrouve donc cette même basse électro-trampoline qui se convulse spasmodiquement puis laisse le saxo faire le beau. L’impression de déjà entendu a beau être palpable, on apprécie toujours autant l’exercice. « 2 » démarre sur une mélodie « chiptune symphonique » aussi pressée que le Lièvre de mars, avant de régurgiter un énorme bloc de basse synthétique se déhanchant avec conviction sur un gros fatras de beats fuyants.

 

Puis vient la part du lion : « 3 ». Rien à voir avec le cheval, hein, celui-là. Il s’agirait plutôt d’un paresseux, ou d’une marmotte. Car on nous y invite à entrer en hibernation pour plus de 5 minutes. Mais cette léthargie fœtale est belle, magnifique même, nébuleuse, hors du temps, et comme parcourue par un doux chant de sirène. Quand une pulsation Techno presque Hardcore la parcourt (à 1:16), on se met à penser au « Born Slippy (Nuxx) » d’Underworld (cf. la B.O. de Trainspotting). Et quand c’est au tour du Saxo de venir nous chantonner une berceuse, on se met inconsciemment à arborer un sourire de réconfort… Mais comme il fallait s’y attendre, Clown Core ne compte pas nous abandonner au pays des Polochons et des Bisounours. C’est plutôt dans celui du Marchand de sable dans la gueule qu’on passe la dernière minute, l’habituelle – et engageante – rythmique désaxée étant arrosée du long bégaiement d’un saxo-à-une-clé qui vrille les nerfs à une vitesse assez phénoménale.

 

Et donc ?

 

Eh bien les deux déglingos du chapiteau continue d’amuser et d’agacer tout à la fois, comme à leur habitude, mais en proposant donc cette fois un point d’orgue inattendu, « 3 », morceau consistant, à large envergure et en décalage complet avec ce que l’on s’attend à entendre venant d’eux. Du coup les zigotos ont beau être imprévisibles, ils restent constants dans leur capacité à nous captiver. Et l’on replongera donc sans aucun doute pour un épisode supplémentaire.

Ils sont forts les scénaristes de cette série quand même…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: sous le chapiteau discographique de 1234, Clown Core conserve la rythmique trépidante et le saxo trépignant qui ont contribué à faire sa renommée. L’auditeur y assiste à des numéros proches de ceux donnés sur Toilet et Van... Mais cette fois son attention est plus particulièrement attiré par un morceau inattendu, « 3 », mystérieuse berceuse intra-utérine qui apaise et marque plus durablement qu'à l’accoutumée…

photo de Cglaume
le 26/01/2022

3 COMMENTAIRES

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 26/01/2022 à 12:18:32

Assez insupportable

cglaume

cglaume le 26/01/2022 à 12:53:55

Plutôt pas fait pour toi, en effet ;)

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 26/01/2022 à 17:07:54

C'est bien keske j'ai dit non ?

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