Coffin Mulch - Septic Funeral

Chronique CD album (20:36)

chronique Coffin Mulch - Septic Funeral

Attention à ne pas confondre: Coffin Mulch c’est le groupe de Swedeath tout-visqueux-tout-pas-fin qui étanche votre soif de Metal régressif, alors que Monster Munch c’est le fantôme tout-croustillant-tout-pas-diététique qui vous coupe l’appétit en fin d’apéro. Deux démarches qui se font écho, deux thématiques horrifico-caloriques, deux accompagnements pertinents pour votre canette de rôteuse de 19:00… m’enfin pousser plus loin le parallèle nous emmènerait rapidement trop loin dans l’univers de l’absurde chroniquatoire.

 

Pas besoin de se plonger dans l’état-civil, le CV ou le dossier médical de la formation écossaise pour savoir de quoi il retourne. 1) Son patronyme évoque la moisissure de vieux caveau. 2) L’artwork de cette première sortie sent le vomi, le sang coagulé, le slime et les vieux rituels primitifs. 3) Le promo nous est arrivé des mains de Redefining Darkness Records… N’en jetez plus: on a compris que pour la fine dentelle et les bulles de champagne, il faudra repasser! D’ailleurs les références utilisées pour attirer le chaland confirment ce que la vitrine nous hurlait déjà au visage: Autopsy, Nihilist, Carnage, Asphyx… Non seulement sur le morceau de barbaque qui nous est lancé en pâture il y a plus de tissus gras que de fibre musculaire, mais en plus celui-ci nous est servi dans un plat garni de mucus, de poussière et de fluides pas clairs…

 

Pour apprécier Septic Funeral – tout premier EP des Mac Coffin, donc – il faut avoir le goût du proto-, du brouillon mal dégrossi, du crobar plein de traits de crayon gommés à la va vite. Il faut également aimer les riffs de guitare mitonnés dans des cratères de volcan en activité, entre émanations sulfuriques létales et coulées de HM-2 basaltique. Il faut encore apprécier les décélérations malsaines s’enfonçant dans nos oreilles au rythme de la victime de sables mouvants, voire à la vitesse de l’humeur cérébrale suintant par l’orbite énucléé. Ces 6 morceaux sont morbides, putrides, salissants… Comme un lendemain de cuite dans une Ehpad.

 

Or ce genre d’expérience peut tout à fait séduire pour peu 1) qu’on soit client 2) que la chose soit habilement confectionnée. En ce qui concerne la première condition, ça tombe bien: ici on ne crache pas sur les albums qui tâchent la blouse, notamment quand c’est fait dans la tradition ancestrale du Swedeath de terroir. Et ce même si la chose sent un peu le déjà-vu. Sauf que pour ce qui est de repomper, Coffin Mulch est comme Maurice: il pousse le bouchon un peu trop loin. D’autant qu’en plus de ne pas avoir d’imagination, il pratique le copier-coller avec assez peu de grâce, en balançant ses Ctrl+V au petit bonheur, dans un grand bouillon indistinct dilué par des passages doomy particulièrement glaireux. D’ailleurs on en a déjà parlé mais mieux vaut insister: pour pouvoir avaler sans broncher ces 6 titres pour vingt minutes, mieux vaut aimer les tempos de fin de vie, quand le déambulateur se fait distancer par la limace au galop.

 

Mais plutôt que de critiquer sans argumenter, rendons-nous sur la tracklist histoire d'y donner quelques petits coups de canif plus précis. Premier de la file indienne, « Septic Flesh » se présente comme un Entombed en phase finale, le Swedeath déployé y étant humide, froid, sépulcral et lent comme un processus de décomposition. On croirait que la bande de Nicke Andersson a décidé de finir son aventure dans un trou glacial creusé au fond du jardin de Winter. Jusqu’ici, on se dit encore que les amateurs de grumeaux nécro doivent quand même apprécier la chose. Mais arrive « Black Liquefaction » qui commence sur 26 secondes de distorsion inutile, avant de galoper à dos de D-Beats crados. Tiens? Deux pistes, deux ambiances, donc. Le problème c’est que la chose est simpliste, bénéficie d’une prod super cracra, et ce n’est pas une pincée blastée qui va nous faire crier au génie créatif. La spirale descendante s’en va alors taper une première fois au fond de la cuvette sur « Live Again » qui offre à entendre un obscur bouillon blasté vaguement Grind duquel émergent des croassements souffreteux. Pour faire simple : aucun intérêt. On a juste l’impression d’entendre une vilaine démo produite par un groupe franchement je-m’en-foutiste…

 

« Onward To Death » remonte un peu le niveau en mêlant slow tempo autiste, D-Beats, blasts et riffs grésillants… Mais le morceau reste malheureusement englué dans du mille fois vu et revu, sans jamais nous faire briller les prunelles avec un petit quelque-chose de vraiment remarquable. Il ne suffit alors plus à Coffin Mulch que de 47 petites secondes – la durée de « Carniverous Subjugation » – pour confirmer sa réputation naissante de petit nouveau qui ne va pas faire long feu. Parce qu’à moins d’être à fond dans le pastiche et de pratiquer la HM-2 au second degré, à quoi peut servir une piste qui se contente de ressasser sur moins d’une minute un riff plat sur un mid-tempo encore plus plat? Ce n’est pas tendre le bâton pour se le faire enfiler jusqu’à la garde peut-être? Alors il est possible que « Coffin Mulch » plaise à ceux que le tout premier titre avait émoustillés, mais de notre côté ce que cette piste nous laisse entendre c’est un Death agonisant, distendu, dissonant, souffrant d’une surcharge fessière et manquant d’imagination à un niveau nobélisable.

 

Je suppose qu’arrivé à ce point, on peut se passer de conclusion, non?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: pour faire une entrée fracassante dans le petit monde du Swedeath régressif, sortir Septic Funeral s’avérera judicieux uniquement si vous ciblez les amateurs jusqu’au-boutistes de démos nécros et de flaques de vomi discographiques. Si par contre vous recherchez autre chose que des plans éculés dont l’indigence ne peut être masquée par une disto’ basaltique et des ambiances putrides en carton, il faudra chercher ailleurs, même si la référence au carré Autopsy, Nihilist, Carnage, Asphyx avait de quoi faire saliver…

photo de Cglaume
le 03/05/2021

4 COMMENTAIRES

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 03/05/2021 à 11:07:09

Comment tu arrives à détailler autant une plaque visiblement pourrave ?

cglaume

cglaume le 03/05/2021 à 11:27:04

'y a parfois plus de matière à décrire ce qui est merdique que ce qui est cool :D

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 03/05/2021 à 18:19:26

Ah oui dès le premier titre, il annonce la couleur !! J'ai lâché le truc après le 3ème...

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 03/05/2021 à 18:20:04

Et me suis remis le dernier SUTURA.

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