Collapse - Collapse

Collapse - "Collapse"
chronique Collapse - Collapse

Sauter dans le grand bain de la musique en se lançant d’office du grand plongeoir du premier album sans passer par le pédiluve du premier EP a tout de l’exercice qui mène au casse pipe. Faire un gros plat devant tout le monde, primo ça fait mal, secundo on se tape l’affiche devant les maîtres nageurs (un peu blasés, certes, mais toujours avides d’une séquence vidéo gag) et tertio, on n’est peut-être tout simplement pas tout à fait prêt, encore besoin de brassières.

Collapse, combo isérois (à ne pas confondre avec leurs homonymes métalloïdes), fait en quelque sorte partie de cette catégorie de groupes qui se plongent dans l’aventure d’un premier album. Les musiciens qui composent le groupe ne sont pas pour autant des bébés nageurs. L’écoute de leur premier album éponyme laisse cependant un sentiment mitigé. Difficile de s’émanciper de son passé de metalleux quand on se lance dans un projet beaucoup plus rock. Et en instrumental, qui plus est ! Collapse alterne tout au long de ces 7 titres le bon comme le passable, voire le franchement moyen. Il va donc falloir faire le tri.

 

Tout d’abord, il faut reconnaître que le groupe bénéficie d’un son d’ensemble plus que correct. Mais on sent bien que la production et le mastering ne sont pas rock’n’roll pour deux sous (comme cela l’aurait mérité), surtout au niveau du traitement des guitares et des claviers. On tire plutôt vers la pop variét’ et c’est vraiment dommage. Les anglais savent le faire de façon grandiose (parfois pompeuse, il est vrai) quand les français le font en carton-pâte. Haricot Pod vs. Vox et Bontempi vs. Nord. Du coup, l’écoute de certains titres tels que « Citizen Grave », « A Place To Hide » ou « Death Swan » relève plus de l’effort que du réconfort. La power pop aux accents quasi gothiques de Collapse bascule ici dans le prévisible quelque peu mielleux. Des longueurs dommageables. Cela finit par écorner les passages où le groupe montre les dents, où enfin on se plaît à les voir brasser. Et étonnamment, les grenoblois se révèlent là où on les attendait peut-être le moins, sur du rock progressif beaucoup plus engageant. L’ouverture de « Divine Prayer », l’envolée de « How We’ve Disappeared », voilà où le groupe se sent à l’aise et nous aussi. En remettant au goût du jour des sons dignes du Archive de la grande époque (et donc de Pink Floyd) avec des choses plus actuelles, proches d’un Muse post rock, Collapse montre enfin ce qu’il a dans le ventre. Des compositions nerveuses qui mettent bien plus en valeur le travail accompli par le combo.

 

Un premier album assez inégal finalement, mettant en lumière un certain manque d’identité du groupe, mais qui laisse présager pas mal de potentiel une fois que Collapse aura digéré toutes ses influences trop typées pour être honnêtes. Un défaut de jeunesse à corriger. Un premier EP aurait eu certainement plus ce côté homogène et compact qu’un album en demi-teinte. Faire un plat en plongeant, ce n’est pas forcément faire un bide, mais ça laisse tout de même de vilaines marques. Au moins, tout le monde aura vu le beau maillot de bain tout neuf. On aura montré aux filles qu’on n’est pas des petits joueurs.

photo de Geoffrey Fatbastard
le 05/01/2012

8 COMMENTAIRES

cglaume

cglaume le 06/01/2012 à 12:07:57

Chouette métaphore piscinesque en début de chro l'ami ;)

cglaume

cglaume le 06/01/2012 à 12:10:59

Euh, par contre une brassière à la piscine ? Une bouée brassard plutôt non ? :)))))

Geoff FaTbaStArD

Geoff FaTbaStArD le 06/01/2012 à 12:13:13

Ouais! Je me disais que ce serait ptet mal perçu si je parlais de bouée canard :P Merci btw

Ian_Torpe_peur

Ian_Torpe_peur le 06/01/2012 à 14:49:25

7 morceaux pour 40 min pour moi c'est un EP.
A moins que le M. qui porte bien son nom ne ce soit pas rendu compte qu'il l'avait passé 2 fois d'affilée...?:D

Geoff FaTbaStArD

Geoff FaTbaStArD le 06/01/2012 à 15:03:07

Y'a des albums de grind qui font 20 titres et durent 25 minutes, mon cher adepte de la brasse coulante... Je suis bête et discipliné, le groupe vend ça comme un LP, je traite le sujet comme un LP.

 Ian_Torpe_peur

Ian_Torpe_peur le 06/01/2012 à 15:19:50

Mea coulpa dans ce cas alors... c'est clair qu'ils auraiet pas du le vendre comme ca, ca change tout.
(Euh l'autre comme si le Grind c'etait de la zic non mais ohoo!:) on aura tout entendu! ;D)

Pidji

Pidji le 06/01/2012 à 15:22:53

Si on parle de LP, c'est bien pour "Long Play", et 40 minutes, pour moi, c'est bien un LP.
Parce qu'à ce moment là, un album de 40mn qui ne comporte qu'un titre (ref à COMITY, entre bcp d'autres), on appelle ça comment ? héhé

Geoff FaTbaStArD

Geoff FaTbaStArD le 06/01/2012 à 15:27:24

Merci Pidji, je cherchais le parfait contre exemple! Au final, on s'en cogne un peu... Le skeud reste un peu lège, EP ou LP...

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