Conscience - In The Solace Of Harm's Way

Chronique CD album (55:48)

chronique Conscience - In The Solace Of Harm's Way

Ahhh, un album compliqué à chroniquer...Compliqué mais intéressant. Alors, voyons (remonte ses lunettes sur son nez), lisons le dossier de presse qui nous a été envoyé: "Conscience est un groupe multi-nationalités qui produit un condensé d'énergie metal et d'ambiances progressives au sein de morceau dotés de mélodies vocales très accrocheuses et composés pour être joués live".

Après plusieurs écoutes de leur 3ème album In The Solace Of Harm's Way, je ne saurais dire si cet album est à l'image de ce communiqué marketing .


Honnêtement, non, Conscience n'a pas grand chose de metal. En revanche, oui, ils sont très ancrés dans un style progressif mais qui, à mon avis, titillera plus les esgourdes des amateurs de rock tranquillou-gillou que les afficionados de metal qui vous défroque les breloques. Et si vous voulez des références connues, on est plus Porcupine Tree ou Rush que Dream Theater ou Unexpect.

Alors, oui, on a parfois des sursauts metal ("There Aren't Many Nightmare" et son intro Deutsch Qualität bien qu'elle m'ait un peu trop fait penser au riff de démo des ampli guitares sur Thomann, "Harm's Way" et ses 31 secondes trop courtes qui flirtent avec mon péché mignon le mathcore), des excursions shred de très bonne qualité ("In Reach", "Ascending Rain") mais musicalement, vocalement et ne serait-ce qu'au niveau du mixage, ce troisième album du combo franco-américano-portuguais est définitivement plus rock que metal.

 

Des mélodies vocales accrocheuses? Des mélodies vocales de qualités, oui. Des mélodies vocales recherchées, oui. Mais accrocheuses, non. Pas d'hymnes, pas de hits, pas de refrains que l'on va se surprendre à scander sous sa douche matinale.
L'album alterne des passages rock tranquillou gillou option je ne crie pas trop dans le micro, avec d'autres  en mode confiture de lait, option y en a plus dans la cuillère je vous en remets une couche (outro de "At Night", "Ascending Rain" et son premier refrain). Dans les deux cas, soyons honnêtes, c'est totalement juste, maîtrisé, bien exécuté mais bon sang de bonsoir, on aurait envie d'un peu plus de...euh...de poils? de gnac? de cougnougnous? Le calme prend toute sa valeur quand il précède la tempête, et vice versa. Bref, il y a un côté parfois plan-plan sur le plan des voix. Et c'est frustrant, parce qu'on sent la capacité à composer de belles lignes vocales appuyés par de savantes harmonies, on devine les chanteurs qui maîtrisent parfaitement l'usage de leur appareil phonatoire ("There Aren't Many Nightmares") mais pourtant la mayonnaise ne prend pas toujours et a parfois un goût de sirop de miel enrichi en glucose. "Ascending Rain" est un exemple criant de frustration: le morceau commence avec une ligne vocale digne d'un album de pop lambda, continue avec un chant plus rock beaucoup plus punchy puis nous remet une couche de sirop d'érable au nutella, avant de proposer un chorus hyper cool et soutenu à merveille par les synthés. On est sans cesse balancé entre un bof et wahou.

 

Musicalement, le groupe propose une musique alambiquée, aussi dense que recherchée où l'on trouve du très bon et, plus rarement, du moins bon. Tout le monde maîtrise son instrument et en fait bon usage sans jamais prévaloir sur le reste du groupe. C'est toujours appréciable quand un groupe de prog arrive à doser la mise en avant de chacun tout en gardant une cohésion de l'ensemble produit et là, c'est le cas. Mention spéciale aux synthés, intelligents, à la fois charpente et ornements des pièces musicales que nous fait visiter l'album. Les guitares ne sont pas en reste, certains solos sont vraiment bad-ass et, merci messieurs, ils ne durent jamais trois plombes. La batterie n'est pas en reste mais malheureusement  n'est , à l'instar de sa copine la basse, bien trop en retrait dans le mix. D'ailleurs, et c'est bien dommage, celui est un peu faiblard et manque clairement de hauts medium, donc de punch.

A noter que l'album contient quelques pistes instrumentales, en mode orchestrations symphoniques et franchement, là, chapi-chapeau, c'est du beau boulot. On est digne d'un score de block-buster, ça dépote, c'est puissant et le mix est bon. En revanche, ils sont un peu bizarrement répartis dans l'album à mon goût. Quid de l'intérêt de mettre ce titre instrumental bonus en fin d'album? Un titre de 4 minutes de surcroît, et qui suit un autre titre instrumental de 1 minute et qui reprend tous les autres titres orchestrés de l'album.

 

Enfin, "composés pour être joués live", je suis plus circonspect. Et bien que je ne doute pas qu'il y aura (et même qu'il y a) assurément un public pour ce genre de musique mais peut-être certains morceaux mériteraient d'être raccourcis pour gagner en efficacité sur scène. Cependant, comme je n'ai pas eu l'occasion de vivre une des prestations du groupe, et vu les belles affiches qu'ils ont partagées (Nightwish notamment), je leur laisse complètement le bénéfice du doute.

 

Conscience est un groupe qui a assurément un gros gros niveau instrumental, des tonnes d'idées et encore plus de tonnes de choses à raconter. Sans faire preuve d'une originalité criante, In The Solace Of Harm's Way plaira sans trop de réserves aux fans de rock-prog. Mais un bon album de prog, c'est aussi faire le tri entre ce qu'il faut garder et ce qui n'en vaut pas la peine, c'est réussir l'exercice difficile de prendre du recul par rapport à sa création et lui appliquer le filtre, douloureux pour l'artiste, de l'efficacité. Ainsi, In The Solace Of Harm's Way aura pu avoir eu le droit à un écrémage plus fin et se révèle parfois (mais parfois seulement) un peu indigeste sans jamais faire preuve de mauvais goût.

 

 

On aime: le côté rock-prog, la maîtrise des instruments
On n'aime pas : le côté pop, certaines parties vocales, le manque général de gnac

photo de 8oris
le 20/12/2019

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