Cradle Of Filth - Dusk... and Her Embrace: Litanies of Damnation, Death and the Darkly Erotic

Chronique CD album (53:12)

chronique Cradle Of Filth - Dusk... and Her Embrace: Litanies of Damnation, Death and the Darkly Erotic

Ah, le dossier Cradle Of Filth. L'éternel débat entre les haters, les trves du cvlte, intransigeant qui n'y voient qu'une sombre blague metal ("Lay down yours souls to the God Rock'n'fun") et les fans, souvent à rechercher dans la frange la plus jeune du public, qui jurent qu'on ne fait pas mieux en matière de metal extrême et que ceux qui pensent le contraire n'ont rien compris. À la sortie de Dusk... And Her Embrace, en 1996, les prises de becs entres les amateurs et ceux qui ne juraient que par Dimmu Borgir me faisaient bien rire et me rappelaient la gueguerre entre Metalloche et les Buns. Un ami, au milieu de sa première écoute avait même jeté mon CD à travers la pièce (anecdote absolument véridique; essayez de faire la même chose avec un lien youtube sur Facebook, c'est beaucoup moins fun). En cette seconde moitié des 90's, le "grand public" semblait prêt à accueillir à bras ouverts le sextet, alors que les plus durs ne juraient que par la sortie récente de Battles In The North et de Nemesis Divina. A cette époque, je me situais pile entre les deux. J'entrais donc en possession de l'édition limitée en forme de cercueil, avec deux bonus tracks.

 

Le son de ce deuxième album des anglais n'est certes pas aussi clinquant que celui de l'E.-P. Vempire sorti quelques mois auparavant, mais est assez bluffant pour un album extrême de cette période. Il permet de mettre en valeur l'ambiance hammero-gothique de l'opus. Vingt ans plus tard, il n'est absolument pas daté. Le seul reproche que l'on pourrait faire au mix est de mettre autant en avant le chant et la batterie. Mais dans l'ensemble tous les instruments sont parfaitement audibles, même la basse, et dans un relatif équilibre.

 

D'un point de vue musical, on est dans le prolongement de ce Cradle Of Filth a proposé sur ses deux sorties précédentes, à savoir un black mélodique et symphonique basé sur les contrastes et les changements permanents. Hormis les deux instrumentaux, les morceaux sont plutôt longs, entre 6 et 9 minutes, avec des structures assez complexes. Seul "Malice Through The Looking Glass" est plus simple dans sa composition (un clip a même été réalisé pour, et diffusé sur MTV entre autres). La batterie de Nicholas Barker est le réel moteur qui mène à la baguette chaque titre. En véritable chef d'orchestre, il enchaîne avec une aisance folle blasts supersoniques, mid tempo lourds et subtilités rythmiques me faisant parfois penser à un Nicko McBrain extrême. Viennent se poser dessus les riffs tantôt black, thrash ou heavy de la paire Suart Anstis et Gian Pyres (qui n’hésite pas à muscler son jeu). Leurs jeux variés sont complémentaires et rappellent les grandes heures de twin guitars (Downing / Tipton, Hanneman / King, Ritchie / Blackmore...). Mais la musique de Cradle ne serait rien sans les claviers. Ce sont eux qui colorent les sept toiles composés par les autres instrumentistes. Damien Gregori déploit des sons d'une grande richesse au service d'atmosphères horrifiques et gothiques (au sens XIXè siècle, pas celui des corbeaux des caves des 80's). A lui seul, il arrive à imposer à l'auditeur des visions d'horreur: il n'y qu'à écouter les deux instrumentaux pour se rendre compte de son pouvoir d'évocation.

 

Venons-en au cas Dani. Considéré par beaucoup comme un farfadet brailleur insupportable, il est malgré tout l'empreinte, la marque de fabrique du sextet. Alternant cris sur aigus et voix d'outre tombe, le chanteur s'est sans nul doute inspiré de King Diamond. On ne pourra en tout cas pas lui reprocher la versatilité de ses vocalises. a titre personnel, je m'y suis habitué, et les nombreuses qualités musicales du combo font passer la pénibilité du chant. Épaulé à de nombreuses reprises par Sarah Jezebel Deva, cette dernière renforce les ambiances gothiques avec sa voix de sainte nitouche qui débite parfois les pires saloperies. À noter également la présence sur "Haunted Shores" de Cronos. Le frontman de Venom vient prêter son inégalable jeu de basse... Nan, je déconne; il déclame en fin de titre un discours enflammé pour embraser le cœur de guerriers prêts au combat.

 

Dusk... And Her Embrace est le dernier véritable album du Cradle Of Filth "vampire & cimetière". À partir de l'album suivant, qui marque le départ de Damien Gregori, le groupe entame une mutation vers une sorte de dark extrem gothic, plus orienté "cuir et chaînes", beaucoup moins à mon goût. Les départs successifs des claviériste et batteur auront raison de la personnalité et de l'esprit de groupe, pour devenir une sorte de Dani & The Filths.

photo de Xuaterc
le 24/04/2016

8 COMMENTAIRES

cglaume

cglaume le 24/04/2016 à 11:04:40

Je me rappelle être allé acheter cet album avec un pote qui, de son côté, avait préféré essayer un petit groupe allemand étonnant, dont un morceau figurait sur la B.O. de "Lost Highway"... 20 ans plus tard, je maîtrise aussi mal le répertoire de CoF que celui de Rammstein :D

Xuaterc

Xuaterc le 24/04/2016 à 11:15:17

Pour moi, c'est le seul album de CoF qui vaille le coup, avec Vempire.
Je l'avais acheté en même temps que Nemesis de Grip Inc...

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 24/04/2016 à 12:36:07

Ah car il y a eu autre chose que ROOTS cette année niveau Metal ?

Eric D-Toorop

Eric D-Toorop le 24/04/2016 à 12:57:42

ben Tool et Aenima par exemple ^^

Jull

Jull le 26/04/2016 à 09:35:58

Je l'ai usé jusqu'au sang cet album. Tellement énorme

korbendallas

korbendallas le 28/04/2016 à 12:40:09

C'est quoi ROOTS ?

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 28/04/2016 à 14:08:21

Vinc' : tu sors !

korbendallas

korbendallas le 29/04/2016 à 10:18:50

Tu n'as pas senti l'ironie ? :)

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