Cult Of Occult - Ruin

Chronique Vinyle 12" (21:44)

chronique Cult Of Occult - Ruin

S’il existe bien un groupe à la musique duquel la règle des 3L s’applique à merveille, c’est bien Cult of Occult. Démonstration avec Ruin, soit avec un seul titre : long, lourd, lent. Long, c’est peu dire, puisque cet opus ne contient qu’une plage de 21 minutes qui donne son nom à l’album. Titre suivi cependant de « NuiRe », soit, « Ruine » à l’envers, qui se veut son remix, son pendant sur-maléfique, sa face cachée encore plus sombre. Mais nous y reviendrons. Avec une durée pareille, il est clair que la musique de CoO ne vise pas les charts ni le passage en radio, ou alors sur les ondes de Katacomb FM, car les Frenchies ne versent pas dans le boogie boogie mais plutôt dans le doom sludgesque, ou le sludge doomesque. En clair, et c’est là qu’on arrive aux 2 autres L de la règle des 3L, une musique lourde et lente. Et surtout, flippante au possible.

 

Evidemment, une simple règle ne suffit pas pour rendre compte de ce qui attend l’auditeur à l’écoute de Ruin. D’ailleurs, une oreille néophyte aura juste le sentiment de barboter dans un magma sonore indigeste, car le titre ne se montre ni avare en larsen ni en plaquages d’accords dissonants, alors que l’aficionado, qui garde en souvenir le traumatique Anti life, déjà bien pachydermique et oppressant, saura, dès l’intro, à quoi se préparer : un frétillement de tétons à vous en arracher la peau à coups de dents. Soit, une descente directement dans le 9e cercle de l’Enfer, sans forcément l’espoir d’en ressortir, à l’instar des chanceux Dante et Virgile. Ici, chaque partie du titre enlise davantage l’auditeur dans la fange en fusion, à grands renforts d’incantations qui donnent tout le sens au nom du groupe mystérieux qui ne livre guère d’information sur ses membres, cachés sous des pseudos potaches et coiffés de capuches comme s’il s’agissait de burnous de cérémonie.

 

Ne vous y trompez pas, aucun réel répit. Si, à 6’40, une trouée d’air semble se présenter dans l’atmosphère saturée de fiel qui envahit l’espace sonore, c’est pour mieux asséner les coups de massue suivants. Les voix, à l’unisson de ceux-ci, râpeuses, écorchées, caverneuses, accompagnent chaque frappe, comme autant de vagues successives engloutissant toute velléité de s’en sortir. D’ailleurs, pour ceux qui survivent à ce début angoissant, un peu avant la moitié du titre, alors que celui garde son rythme de croisière, d’une lenteur et d’une lourdeur méthodiques, quelques nappes mélodiques viennent apporter le véritable soupçon de fraîcheur. Mais si le titre se découpe en plusieurs parties, avec ses pauses, c’est uniquement pour laisser avaler un air vicié qui vient rapidement à manquer. Et pourtant, on se rend compte rapidement qu’on s’habitue à tout : à la douleur, à la torture, à la noirceur. Tant et si bien que lorsque se meurt l’ultime larsen, l’impression que la plongée fut finalement relativement courte persiste, tout comme le malaise un brin masochiste.

 

Qu’à cela ne tienne. Quand y en a plus, y en a encore. La seconde vague arrive avec « NuiRe », d’une durée presque égale. Là, les voix se mêlent, deviennent des lamentations, des plaintes, des hurlements entrelacés, comme en pleine cuisson au fond de la marmite de Satan. Si l’ambiance se veut davantage industrielle, uniquement appuyée par les mêmes accords martelés à l’envi, avec une explosion d’arrangements bouchant les derniers interstices laissant encore passer un brin de lumière, elle s’enrichit cependant de nappes mélodiques inquiétantes qui contrebalancent ces déchirantes vocalises. Avant de s’achever dans des bourrasques empoisonnées emportant les ultimes cris. C’est un voyage dont ne revient pas indemne, si on en revient, et qui bien entendu, ne s’adresse qu’à un public déjà bien nourri à ce genre d’insanité musicale de bon aloi. A bon entendeur.

photo de Moland Fengkov
le 15/06/2021

3 COMMENTAIRES

Vincent Bouvier

Vincent Bouvier le 15/06/2021 à 23:38:31

"C’est un voyage dont ne revient pas indemne". Affirmatif. 
Mais putain, quel voyage.

sepulturastaman

sepulturastaman le 16/06/2021 à 07:12:56

J'aurais pas craché sur un peu de rab.

SLUDGEHAMMER

SLUDGEHAMMER le 17/06/2021 à 16:10:41

Oh les cons !

AJOUTER UN COMMENTAIRE

anonyme


évènements

  • Winteriip II - Metal Hardcore Festival à Tours le samedi 18 Décembre 2021