Wolvennest - Temple

Chronique CD album (77:30)

chronique Wolvennest - Temple

Il fut un temps, dont les lointains souvenirs s'étiolent aujourd'hui, où nous pouvions jouir d'une musique live. Ces communions silencieuses aux prestations assourdissantes nous emplissaient alors d'un sentiment particulier. Celui de vivre une expérience. L'une des dernières en date me concernant est la découverte des Belges de Wolvennest (Tyrant Fest 2019). Et l'on parle bel et bien d'expérience ici. Musicale, visuelle, scénique. Void (2018), leur premier album en autoproduction fut interprété en intégralité et je n'ai toujours pas cicatrisé de la trépanation que cela m'a occasionné.

Autant vous dire que le sophomore était attendu au tournant. L'EP Vortex (2019) sorti entre-temps et leur signature chez Vàn Records m'avaient mis la puce à l'oreille. J'ai donc été renflouer mon stock de bandage et de cicatrisant. À juste titre.

Analyse.

 

Autant vous le dire de suite : le psychédélisme est une affaire courante chez Wolvennest. L'ouverture de l'album avec 'Mantra' nous plonge directement dans le bain. Expérimentations sonores, thérémin, riffs rotatifs aux sonorités orientales. Le début des 70's est ici bel et bien présent, s'inscrivant dans la lignée de Syd Barrett pour l'aspect expérimental et Led Zeppelin pour les lourdes guitares tranchantes et les compositions archi-structurées. (je ne vous ferai pas ici l'affront de souligner la références au thérémin).

Il y a, bien entendu, dans ce joli mélange qu'est Wolvennest, des sonorités renvoyant au proto-doom comme Coven ou plus affirmées encore comme Black Sabbath. Shazzula, la frontwomen du combo y est bien sûr pour quelque chose, mais se cantonner à cela nierait le jeu de Bram Moerenhout derrière les fûts. L'ensemble est lourd et profondément ancré alors que la spatialisation des instruments dans le mix est poussée au maximum (couplée à une bonne reverb). L'immersion est totale : l'auditeur se fait ensevelir petit à petit. Le pouls tellurique est pris, les yeux sont clos. Wolvennest nous offre la manière la plus douce et sensible de visiter les morts (et ce, sans même prendre en compte l'occulte cérémonie de 'Souffle de Mort' fermant l'album, qui est en soi une expérience à part entière).

Chaque piste ici est un rituel, une cérémonie à elle seule, prenant le temps d'installer une ambiance, des artifices. Les longues introductions aux relents d'ambiant et d'ambiant black metal l'illustrent parfaitement. Styles dont l'écho se parsème ci ou là sur l'album et particulièrement au travers des guitares aiguës et tranchantes de 'Sweare to Fire'.

 

On notera par ailleurs l'importante scénographie et l'imposant décorum indissociable du groupe. Crâne, chandelier, crâne servant de chandelier, mais aussi travaux cinématographiques en arrière-plan. Il faut pour cela les avoir vus en live, mais cette démarche a un important effet de prestance. Effet que l'on retrouve dans leur musique sans pour autant pouvoir l'expliquer autrement que par des éléments visuels. Je vous invite donc à regarder un de leur live. (La captation du Tyrant est de très bonne facture).

 

Wolvennest signe ici avec brio un album hétéroclite et cohérent. Les références et influences sont multiples et n'ont pas été une seule fois dissonantes. Temple est la preuve que Wolvennest joue dans la cour des grands et que l'on parlera bientôt d'une « signature sonore estampillée Wolvennest ».

Avec un album très complexe, leur leitmotiv y est ici pourtant très simple : explorer l'obscurité. Alors fermons les yeux et écoutons.

 

photo de Vincent Bouvier
le 05/03/2021

2 COMMENTAIRES

Xuaterc

Xuaterc le 05/03/2021 à 10:42:43

La grosse découverte pour ma part. Pink Floyd meets Black Sab'

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 05/03/2021 à 21:38:13

La pochette est MA-GNI-FIQUEUH.

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