Daria - Red red

Daria - "Red red"
chronique Daria - Red red

 

C’est marrant comme certains groupes doivent sembler totalement inutiles pour une bonne partie d’un auditoire donné. Personnellement, moi, c’est les groupes de heavy / speed metal teutons qui me laissent dans le questionnement le plus total : mais bordel de dieu, à quoi cela peut-il bien servir en 2012 ? Bref, j’imagine que de la même manière, les groupes qui se cantonnent dans le noise 90’s, le Krautrock 80’s ou le Prog’ 70’s doivent susciter pas mal d’interrogations. Et bien dans ce rayon, les angevins de Daria pourraient avoir une place de choix tant le son que renferme leur troisième et dernier album en date porte un bien bel héritage.

 

Clairement dans le sillage du rock alternatif des années 90, on peut rapprocher les angevins de combos plus récents comme Favez ou encore les Foo Fighters (tout comme leurs feu-camarades d’arme Sexypop), mais, inlassablement depuis leurs premiers efforts, j’y entend surtout du bon gros Jawbox. Et même si le son de ce nouveau disque se fait plus moderne et s’éloigne par la même des bonnes vieilles prods de Dischord, je retrouve (non sans un certain plaisir) les riffs faussement frontaux, les mises en places tordues et le chant (certes mélodique mais) tendu qui m’étaient chers à l’écoute des ricains suscités. Dès l’intro de l’excellent Deafening Times, les trois guitaristes (bassiste compris) se répondent et transforment un riff à deux accords tout con en véritable lampe de lancement. A l’instar des Foo Fighters sur leurs derniers disques, on a l’impression que chaque riff, avec les nombreux arrangements qui vont avec, sont pensés comme des refrains à part entière rendant la plupart des compos du disque très efficaces et variées à défaut d’être vraiment originales.

 

Après, vous l’aurez compris, l’originalité n’est pas spécialement la principale fierté des Daria, bien au contraire.  A l’inverse par contre, ces derniers connaissent leurs classiques et savent exactement comment se les rapproprier avec un maximum de personnalité. Ainsi Red Red est typiquement le genre de disque qui rassure mes petits tympans monomaniaques tout en m’offrant de familières mais néanmoins nouvelles contrées à explorer avec avidité. 

 

Le disque démarre donc très fort avec quatre chansons tendues, efficaces et chargées en émotion. Mais Daria ne se limite pas juste à l’hommage simpliste et sait aussi pondre des chansons qui dénotent et c’est précisément la force de ce troisième album par rapport aux précédents. Ainsi quand déboule les premiers accords épiques de We are what we aren’t, il est difficile de s’imaginer vers quels horizons la compo va mener le quatuor. Même remarque concernant l’excellent English Cloud conclusif qui s’amorce sur le ton de la ballade avec une simple guitare et un chant très intimiste pour se terminer en fanfare dans une surenchère de mélodies poignantes et prenantes. Simple bémol à cet état de fait : le disque est à mes yeux à deux vitesses et je sens bien que là où certains titres m’aspireront à nouveaux dans de nouvelles écoutes, d’autres me donneront juste envie de piocher dans mes vieux cd. Mais bon merde, cocorico quoi ! C’est français, c’est frais, c’est affublé d’un très bel artwork, et ça souffre sans trop de problème ses quelques dizaines d’écoutes… vous en connaissez, vous, des groupes de speed metal teutons qui peuvent rivaliser avec ça ?

photo de Swarm
le 04/05/2013

1 COMMENTAIRE

Tookie

Tookie le 04/05/2013 à 11:43:23

Un de mes favoris en 2012 !!!

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