Day Of Rebirth - Raised Again

Chronique mp3 (47:39)

chronique Day Of Rebirth - Raised Again

Quand Pierre-Edouard, Auvergnat de naissance et Parisien d’adoption, nous a demandé de chroniquer l’album Raised Again de son projet solo Day Of Rebirth , c’était via un message plein d’une certaine humilité, pour avoir “des retours constructifs pour le prochain”.
Mon cher Pierre-Edouard, vous permettez que je vous appelle Pierre-Edouard, vous n’êtes pas sans savoir que l’écriture d’un album solo est une difficile entreprise dans laquelle bien des artistes se sont cassé les dents pour le plus grand plaisir des prothésistes dentaires. Mais, cher Pierre-Edouard, soyez rassuré de savoir que votre travail ne fera pas le bonheur des réparateurs de chicots car il semble que vous ayez plus qu'honorablement réussi le pari de mettre en boîte, et seul qui plus est, 13 titres d’une excellente facture avec un grand F, ou plutôt un grand M comme Metalcore car c’est bel et bien dans le metalcore pur-jus que l’on est trimballé. Du metalcore amateur mais très mature, amature donc.
D’un point de vue composition, construction des morceaux, cher Pierre-Edouard, c’est dynamique, aussi mature que mûri, et on ne s’embête pas. La guitare est plus orientée gros riffs efficaces qu’astiquage de manche mais les leads, mélodiques, renforcent parfaitement une ambiance head-bang qui ne déplairait pas à un public énergique. 
La batterie que l’on devine programmée n’en est pas moins crédible, ni en reste niveau efficacité et ce bien qu’elle ne soit pas d’une inventivité truculente. Elle manque parfois de dynamique et/ou d’humanisation notamment sur les roulements de snare (“Fol All These Tears”) et certains fills, mais c’est assurément ce qu’il y a de plus délicat à programmer.
Pour la voix, cela oscille entre de puissants et magnifiques screams (qui m’ont fait penser aussi bien à Angela Gossow d’Arch Enemy qu’à Lamb Of God) et du chant clair péchu. Les deux sont régulièrement et intelligemment superposés et donnent ainsi du corps à la performance vocale ("No More Love”). J’ai moins accroché sur le chant clair qui malgré sa justesse laisse encore apparaître, lorsqu’il est seul et se veut puissant, quelques faiblesses. Menues mais non moins existantes, elles trahissent un accent un peu plus prononcé (sans être à couper à la machette) ainsi qu’une tessiture et une interprétation que je trouve moins intéressante, moins efficace. On devine que là où les abdominaux devraient travailler, c’est parfois la gorge qui est sollicitée. Un peu de bouteille et cela s’améliorera sans aucun doute.

 

Niveau mixage, c’est du très très bon boulot pour un amateur, un non-connaisseur ne verrait sûrement pas ou très peu la différence avec un album mixé par une pointure. Les fréquences sont bien réparties, la basse est bien présente sans étouffer le reste bien qu’elle soit parfois un micro poil woofy, la batterie claque parfaitement dans les tympans. Le mixage des voix, très correct du reste, est trop en avant parfois mais rien de méchant.

 

J’aurais fait l’économie de l’auto-reprise acoustique (“The Darkest Day”) un peu trop lancinante pour mes oreilles et probablement un peu hors-sujet. Il eût fallu l’habiller de quelques gimmicks (rythmiques, sonores) pour la rendre plus vivante. Même couperet pour l’instrumental (“Melancholia”), plutôt sympa, mais un peu hors des clous énergiquement martelés pendant le reste de l’album. 

 

Raised Again est un album dont les exhalaisons nous laissent deviner la réflexion, les nuits passées seul derrière son ordinateur à trifouiller pendant 2 heures sur l’égalisation d’une simple caisse claire, le fignolage de riffs et la volonté sans faille d’un amateur de faire au moins aussi bien que ses héros, guidé par sa seule et belle passion de la création musicale. Etant moi-même de ceux-là et à tous ces égards, je ne peux que saluer aussi bien l’effort que sa réussite quasi sans fautes.
Bien que l’on détecte clairement les influences (en vrac Killswitch Engage, The Unguided, Atreyu, Lamb Of God), celles-ci sont respectées jamais plagiées et ces 47 minutes de metalcore old-school énergique sont efficaces, pleines d’une belle et appréciable honnêteté, mixées très correctement à défaut d’être débordante d’originalité.

 

Alors, cher Pierre-Edouard, bravo pour ce travail complet et quasiment sans fautes dans tous ces aspects: de la composition à la production en passant par l’interprétation. Continuez sur cette voie dans laquelle vous avez clairement trouvé vos marques mais n’oubliez pas que si tout seul, on va plus vite à plusieurs, on va plus loin. Et un talent tel que le vôtre mériterait d’aller plus loin.

 

On aime: la dynamique et l’énergie des morceaux, la maturité derrière un travail d’amateur proposé dans une qualité quasi-professionnelle,
On n’aime pas: les morceaux cleans un peu à côté, les voix claires moins saisissantes que les saturées, la batterie encore un micro-poil trop inhumaine parfois.
 

photo de 8oris
le 19/05/2020

1 COMMENTAIRE

cglaume

cglaume le 19/05/2020 à 12:20:42

"si tout seul, on va plus vite à plusieurs, on va plus loin"

Le mec qui cite des proverbes africains ni vu ni connu... :)

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