Eddy Kaiser - The Curse

Chronique mp3 (56:16)

chronique Eddy Kaiser - The Curse

La Folk – nan-han !, pas la musique folklorique du sud-est de la pointe ouest de la Bretagneuh, mais les chansons acoustiques – le Blues, le droooiiiinnng de Funérailles, je peux être intéressé. C'est un de mes trucs, j'veux dire, ça me parle.

Ici, j'ai accepté la chronique avant d'en avoir écouté une seule note.

Et ça me joue des tours en ce moment, dirait-on...

 

Car là, tout me paraît un chouïa faux. Un chouïa... mais faux quand-même. De la pochette (« _ Allô, Chelsea ? _ Woulf!_ Eéééééh oui ! » ; bon pis ça a le mérite de me rappeler qu'il faut absolument que j'écrive mon morceau polémique intitulé ''Veiled Woman In A Mini Cooper'', hem...), de la pochette, dis-je, jusqu'aux compos, en passant par l'interprétation.

 

Pourtant, le chant a une touche singulière, un timbre nasillard qui lui donne parfois presque une voix de vieillard. Nan mais je vous vois d'avance réagir : non je ne me moque pas, je n'ai rien contre les voix de vieillard, ça peut être beau. Sa voix est plutôt belle je trouve. Je le dis.

Mais les compos ont peine à s'installer ou à décoller, et elles durent des plombes.

Et la voix est tellement devant qu'on a du mal à cerner ce qu'il se passe derrière. Ma femme (encore elle, elle revient souvent dans ces lignes ces derniers temps ; et c'est normal, c'est parce que je lui impose parfois ce que je suis en train de découvrir) dit : « mouais, c'est trop James Blunt pour te plaire ». Moi je lui avais juste glissé que c'était peut-être un peu cucul par moments. Musiciens de tous bords, priez pour qu'elle ne se mette jamais à écrire sur la musique – ou à danser sur l'architecture... les monuments ne s'en relèveraient pas.

 

Il n'y a pas de problème à faire dans le calme et à l'assumer. Mais le calme apparent n'empêche pas forcément l'intensité, sans parler de lame de fond, mais au moins de courants chauds et, ou, contraires, au milieu de l'immensité placide. De la vie, enfin ! C'est ce qui manque à ce disque. Je trouve que tout cela sonne très auto-satisfait, ça reste là tranquille dans le fauteuil confortable, à s'écouter égrener les notes jolies. Aucune menace, aucune tension, ou si peu... Dans le genre je vous conseille le Slim Wild Boar chroniqué par votre humble serviteur il y a quelques mois. Voyez, ça aussi c'est calme, hein ? Mais vous sentez la tension, l'ambiance ? Vous sentez qu'il y a bien là quelqu'un QUI A QUELQUE CHOSE A VOUS DIRE ?

Oh je ne compare pas, c'est pour illustrer, tenter de me faire comprendre. Pardon d'avoir crié.

 

Le Kaiser a certainement plein de choses à nous dire. Dommage que je ne l'entende plus : mon esprit s'égare, je rêve de choses futiles, de choses importantes, de clichés ridicules type « chanter comme si on jouait sa vie », de cave humide où un être humain s'arrache la gueule dans un micro et sur sa guitare, parce qu'il n'y a rien d'autre à faire, il n'y a pas de question à se poser, c'est parfois tout ce qu'il reste, ce qu'il y a de mieux pour faire taire le bruit du monde et le bruit de son – de mon – esprit.

 

Enfin, mais ça rejoint ce que j'ai tenté d'exprimer ci-dessus, je suis encore en manque d'audace. Ça brosse trop dans le sens du poil, mais le poil de qui, de quoi ? Quel lustre à lustrer, quelle lanterne à frotter, quel bec de gaz à allumer dans le jour plein ?

Après, un classicisme sans limite avec un vrai jeu d'intensité, ça pourrait fonctionner sur ma gueule sans aucun problème. Hé, passez-moi un vieux disque de Blues du Delta et je serai aux anges (poum !, déchus). Quoique, y'en avait de l'audace, à l'époque. C'est classique pour nous désormais, ça ne l’était certainement pas pour tout le monde « à l'époque ». N'est-ce pas Monsieur Eric Clapton, Messieurs Jones, Jagger et Richards, Docteurs Feelgood, Oiseaux de la Cour et j'en passe ?!?

 

Arf, je supporte de moins en moins ces modèles de musiques clefs-en-mains, tous styles confondus. Quoique, quel serait le projet-type ici représenté ? Oh, je dois être injuste, mais que voulez-vous, c'est que le vieil amour de la Muse peut me pousser dans des jardins affamés qui sont parfois indignes.

Pas de procès d'intention, donc, pardon. Je retire.

 

Bon je n'en jette plus, la voix du Kaiser, elle en manque pas de personnalité, quittons-nous là-dessus: je suis sûr que ça plaira à tout un tas de gens qui ne sont pas comme moi, heureusement pour eux, pour tout le monde. Et puis, il y a des moments agréables, des moments beaux, notamment le premier titre après plusieurs écoutes, quelques soubresauts plus Rock surgissent tout de même tantôt, plus tard, trop tard, c'est si dilué dans la masse dormante que je n'y tiens plus.

Et puis, on est en droit de se demander ce qui a poussé quelqu'un à envoyer ces mp3ees à... Core And Co. Après tout, on n'est pas là pour enfiler des perlouses le cul dans le satin, mais pour se manger de la musique qui râpe au tesson de verre et papier de bouteille !

Bigre de bougre !

photo de El Gep
le 28/12/2019

1 COMMENTAIRE

PH

PH le 30/03/2020 à 13:55:31

La critique – nan-han !, pas la critique constructive, presque professionnelle, qu’on attendrait d’un site spécialisé – mais la critique un peu barrée, très lunaire, où on se sert d’une œuvre pour parler de soi et rendre sa vie palpitante, je peux être intéressé. C'est un de mes trucs, j'veux dire, ça me parle.
Ici, j'ai lu cette chronique en croyant avoir affaire au nouveau Beigbeder.
Et ça me joue des tours en ce moment, dirait-on...

Car là, tout me paraît un chouïa faux. Un chouïa... mais faux quand-même. Du style, (aussi agréable à lire qu’un post de jeuxvideo.com ; bon pis ça a le mérite de me rappeler qu'il faut absolument que j'écrive un article sur la musique rock dans le jeu vidéo tiens, oui je me sers de cette chronique comme d’un pense-bête), du style, dis-je, jusqu'à sa conclusion, en passant par son « analyse ».

Pourtant, son texte a une touche singulière, une façon de s’écouter parler (enfin écrire) à la sauce germanopratine. Une manière de réduire un album à une voix, toute en la décrivant comme celle d’un vieillard. Mais quand même dire qu’elle est belle. Faut paraître un peu nuancé. Non mais je vous vois réagir. Mais l’auteur ne peut pas se permettre d’étaler sa culture en citant des artistes qui ont réussi avec une voix de ce style comme Tom Waits. Il ne faudrait pas laisser entendre qu’il s’y connait dans ce genre-là. Je le dis.

Mais les arguments peinent à venir. On les attend des plombes. Le petit nombril du chroniqueur est tellement devant qu'on a du mal à cerner ce qu'il se passe derrière. Ma femme (encore elle, ah la la c’est tellement #metoo de caser comme ça sa conjointe dans sa chronique) dit : « mouais, sa chronique ressemble trop à du mauvais Nicolas Bedos pour me plaire ». Moi je lui avais juste glissé qu’il essayait sans doute de meubler avec des anecdotes personnelles parce qu’il n’y connaissait pas grand-chose en folk. Priez pour qu'elle ne se mette jamais à écrire, parce qu’en fait dans le duo de flics, c’est elle la méchante vous voyez. Moi je suis le good guy. Puis bon il n’y connait vraiment rien en critique musicale celle-là.

Il n'y a pas de problème à faire d’une critique une petite autobiographie. Mais ce récit apparent n'empêche pas forcément d’ajouter du contenu musical, sans parler d’arrangements, de technique, des textes. De la musique, enfin ! C'est ce qui manque à cette chronique. Je trouve que tout cela sonne très auto-satisfait, ça reste là tranquille dans le fauteuil confortable, à s'écouter égrener de jolis mots. Aucune recherche, aucune comparaison, aucune relation avec ce qui se fait aujourd’hui dans ce genre. Ou si peu... Ah, il faut quand même que son auteur cale une auto-promo vers une autre de ses chroniques, dans laquelle il y a plus d’injures et de points d’exclamations que d’informations sur le contenu du disque. Et des post-it pour qu’il n’oublie pas de finir d’écrire une chanson. Voyez, cette chronique-là était aussi mal construite et mal écrite. Mais on sentait que l’auteur avait aimé l’album, donc ça en atténuait la violence. L’album est toujours anecdotique pour cet auteur. Qu’il l’aime ou pas. Vous sentez qu'il n’y a ici plus que de la subjectivité ? Oh je sais bien que la critique n’est jamais objective, et heureusement, on s’y ennuierait. Mais ici on ne dépasse pas le stade des étoiles sur Allociné quoi - tiens d’ailleurs, pourquoi j’avais mis 4 étoiles à Into the Wild et seulement 3 à Mystic River ? J’en sais rien. Mais Sean Penn a une voix de vieillard aussi. Mais belle..- je veux dire : pourquoi gaspiller autant de caractères pour qu’au final ça ne se résume qu’à un « j’aime/j’aime pas » enrobé de sexisme et de beaucoup d’autosatisfaction ?

Le Gep a certainement plein de choses à nous dire. Dommage que je ne l'entende plus : mon esprit s'égare, je rêve de choses futiles, de choses importantes, de clichés ridicules type « écrire comme si on jouait sa vie », de bureau sombre où un être humain s'arrache la gueule sur sa machine à écrire, parce qu'il n'y a rien d'autre à faire, il n'y a pas de question à se poser, c'est parfois tout ce qu'il reste, ce qu'il y a de mieux pour y voir plus claire dans l’océan des sorties musicales et donner envie aux gens d’aimer, de découvrir, de rêver grâce à cet art si singulier.

Enfin, mais ça rejoint ce que j'ai tenté d'exprimer ci-dessus, je suis encore en manque d'audace. Ça se brosse trop dans le sens du poil, mais pourquoi chercher à se sentir exister dans un exercice qui a pour but d’aider à faire exister les autres ? Quel égocentrisme ? Quelle mégalomanie peut pousser quelqu’un à écrire sur lui quand il est censé être un passeur de savoirs et d’envies ?
Après, une écriture aussi décousue mais avec un réel intérêt, ça pourrait fonctionner sur ma moi sans aucun problème. Mais l’auteur s’est un peu perdu là… Moi aussi. Vous aussi ? Ok ne bougez pas, il va vite citer quelques artistes pour noyer le poisson et faire semblant d’avoir une culture blues conséquente : Clapton, Jones, Jagger… Joplin ça marche aussi ? Enfin ! Il s’y connait quand même.

Arf, je supporte de moins en moins ces critiques clefs-en-mains, tous styles confondus. Quoique, quelle serait l’écriture-type ici représentée ? Celle de la prétention qui consiste à occulter le travail d’un artiste derrière son petit moi. Oh, je dois être injuste, mais que voulez-vous, c'est que l’amour que j’ai pour cet album peut me pousser dans des jardins affamés qui sont parfois indignes. Et aussi parce que j’ai longtemps été chroniqueur ciné, et que je sais ce qui révèle de l’envie de partager sa passion, et ce qui révèle des passions tristes, de l’acrimonie.
Pas de procès d'intention, donc, pardon. Je retire.

Bon je n'en jette plus, le texte du Gep ne manque pas de personnalité, quittons-nous là-dessus : je suis sûr que sa chronique plaira à tout un tas de gens qui ne sont pas comme moi, heureusement pour eux, pour tout le monde (ça je confirme). Négligeons le fait que c’est lui et son mépris qui vont en grande partie conditionner si cet album sera en capacité de plaire à d’autres personnes, puisque c’est aussi son rôle de donner sa chance en donnant envie. Ecrire une critique sur un petit album et un artiste inconnu n’est pas la même chose que d’écrire une chronique sur le dernier Nick Cave. On a un impact bien plus important, sur l’artiste lui-même qui doit être touché par chaque mot, et sur son avenir aussi. Mais bon… Après 150 chroniques, l’auteur a surtout envie de vous parler de sa femme et de ses journées confinées chez lui. Et puis, il y a des moments où il parle quand même un peu de musique. Quelques soubresauts argumentés surgissent tout de même tantôt, plus tard, trop tard, au milieu de la vingtième virgule d’une phrase à rallonge, si illisible qu’elle ferait refermer un manuscrit au premier éditeur venu, mais c'est si dilué dans la masse dormante que je n'y tiens plus.

Et puis, on est en droit de se demander ce qui a poussé quelqu’un à lire la critique d’un album qu’il a apprécié. Après tout, comme il le dit lui-même, l’auteur de cette critique n’était pas là pour enfiler des perlouses le cul dans le satin, mais pour se manger de la musique qui râpe au tesson de verre et papier de bouteille ! Histoire de finir sur une métaphore flamboyante, révélant toute la sensibilité de son auteur, mais aussi tout son respect pour une musique qui prend son temps et qui n’a pas pour but de faire exploser son woofer. Somme toute sa finesse.

(Insérer ici une expression désuète random pour conclure ce commentaire déjà bien trop long. J’ai un appareil à gaufres qui est en train de chauffer j’ai autre chose à faire moi.)

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