Fungo Mungo - Humungous

Chronique CD album (35:04)

chronique Fungo Mungo - Humungous

Amateurs de Funk Metal dodu de la basse, vous avez atterri au bon endroit. Car si l’actualité n’est pas toujours tendre avec notre genre préféré, il n’est pas interdit de replonger dans le siècle dernier pour remettre du soleil dans nos bières et des palmiers derrière nos guitares. C’est d’ailleurs ce que l’on essaie de faire à intervalles réguliers sur CoreAndCo. Après avoir dernièrement mis à l’honneur Scat Opera, les Limbomaniacs, 24-7 Spyz et les Freaky Fukin Weirdoz, il était temps de s’attaquer à un monument trop peu connu du genre: Humungous de Fungo Mungo. A ce point méconnu d’ailleurs qu’il n’a jamais atteint mon walkman à l’époque où j’y enfilais encore des K7 90 minutes. C’est un informateur particulièrement versé en la matière – Arno Strobl, des regrettés Carnival in Coal (je vous recommande d’ailleurs de suivre le loustic sur Facebook et/ou via Rock Hard: vous aurez l’occasion de tomber sur d’autres pépites!) – qui m’a soufflé son nom. Et ce tuyau n’a pas failli à sa nature cylindrique, car les juteuses 35 minutes que dure l’album recèlent de nombreux tubes!

 

Alors non, le 2e paragraphe de cette chro ne sera pas consacré à la bio de l’« Énorme Champignon » (si vous connaissez une traduction alternative de leur patronyme, je prends!). Car je n’ai pas traîné dans les rades d’Oakland où zonaient ces serial funkers à l’époque où ils étaient vraiment actifs. Et le Net est avare en informations sur le sujet. Mais tout ce qu’il y a à savoir sur le groupe, a priori, c’est qu’Humungous est l’unique album par eux sorti, et que celui-ci a bénéficié à l’époque (1992) des largesses d’Universal, ceci via le truchement du label Island Records (un petit truchement de temps à autre, ça ne fait pas de mal). Alors laissons là la fiche technique et retournons claquer des doigts sous les torrents d’endorphine déversés par l'objet de nos présentes attentions.

 

Car cet album est de l’or en barre pour quiconque a un faible pour les basses girondes, les grattes élevées au son des génériques de « Magnum » et des « Rues de San Francisco », et les décapotables roulant relax sur la corniche. Tous les éléments qui font qu’on craque pour Infectious Grooves et Faith No More sont ici rassemblés, avec un gros supplément de glaçons dans le mojito. Ça swingue, ça groove, ça balance un peu de Metal thrashy histoire de ne pas ressembler uniquement qu’à un poulain de Quincy Jones, ça envoie du scratch à la Mordred, des cuivres pour la lumière, du clavier pour les ambiances, et puis tiens: de l’harmonica même, sur « Brothers and Sisters ». Et derrière le micro ça suit méchamment. Car si Damion Gallegos est capable de hip-hopper avec gouaille et nonchalance, il peut également s'humidifier suffisamment les cordes vocales pour crooner, faire le farfelu en mode « latinawak », et même pousser de ces cris que n’auraient reniés ni Prince, ni James Brown.

 

Alors non, tous les morceaux ne se valent pas. Et c’est d’ailleurs la faute à une fin d’album un peu moins Tchika-Yeah que la note n’atteint pas la symbolique limite du 9/10. Car une fois passée son intro nawako-sarsippiussienne, « Sftu » ne pète pas beaucoup plus haut que le cul d’un morceau de Rap Metal classique (… il est honnête hein, mais pas non plus foufou). Et puis si l’alternance Thrash sombre épique / Funk Metal youpi-youpla de « Death Song » est relativement sympa, elle peine un peu à rentrer dans les souliers trop larges pour elle du bouquet final. Ça passerait en apéro, mais c’est un peu court en digeo’. Ne parlons même pas de « Spontaneous Solo » qui n’est qu’un bœuf hystérico-conclusif aussi court qu’inutile.

 

Mais c’est bien la seule petite réserve que l’on peut émettre à l’encontre de cet album qui n’est sinon que rondeur et plaisir. Et pour ne pas verser dans la boulimie chroniquatoire je n’insisterai que sur ce que je considère comme le TopOfZePop de cette galette, à savoir:

- l’irrésistible « Hype Id Stupid » qui ajoute une dimension Clap-Your-Hands-And-Sing-Gospel à la coolitude qui est la norme tout le long de ces 11 titres

- l’incroyablement groove’n’funky « Brothers & Sisters », qui rendrait fier James Brown, et que je n’ai réussi à décrire dans mes notes que via un ridicule mais viscéral « Foonke sa Mèère! »

- « Sold Your Soul », qui ajoute un synthé so 80s à ses gratouilleries infectiousgroovesques

 

Soyons très clair: si vous n’agitez pas follement votre corps lors de l’écoute de cette petite merveille, c’est que vous êtes Regan McNeil, et que votre mère suce des bites en enfer. Ou que vous êtes plâtré jusqu’aux paupières. Parce que l'album est à ce point enthousiasmant et miraculeux que des malades du Coronananère pourraient guérir rien qu’en l’écoutant. Alors essayez-le, nom d'un p'tit bonhomme – vous me remercierez plus tard!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: Humungous EST le Funk Metal. Sauf que personne n’est au courant. Alors faites du bruit, offrez-le à votre Tata Simone, partagez sur les réseaux zoziaux, mais il faut réparer cette injustice en le criant sur tous les toits!

 

 

photo de Cglaume
le 12/04/2020

2 COMMENTAIRES

8oris

8oris le 14/04/2020 à 07:42:53

Je ne connaissais pas du tout. Merci pour la sympaythique découverte même si c'est bien plus funk que metal (dans le sens metooooollll).
( "réseaux zoziaux": j'adore! :D)

cglaume

cglaume le 14/04/2020 à 19:30:43

Twiiiiiiiit ! :)

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