Goat - World Music

Chronique Vinyle 12" (37:11)

chronique Goat - World Music

 

C'est avec un papier-peint comme on en fait plus (j'espère) en guise de pochette que se présente ce premier (?) album de Goat. Avouez qu'en introduction dans le grand village mondial de la musique, on a connu mieux. Histoire de bien brouiller les pistes, ça s'appelle World Music... Dès la mise en route du disque, on comprend que l'essentiel est ailleurs.

Aussi inclassable que terriblement évidente, la musique délivrée par les protagonistes se révèle immédiatement addictive. Ce disque est littéralement hypnotisant, ça c'est pour les sensations. Au terme de World Music, nous sommes plongés en plein tourbillon psychédélique mais pas seulement. L'album est d'une richesse de sons, de saveurs peu communes, dans notre époque contemporaine. J'entends déjà les philosophes se gloussant d'un – il va nous ressortir que c'était mieux avant - ... mais carrément ! Bordel ce disque est une expérience, les filles et les gars. Cet album est dangereux parce que si délicieux... hem revenons à la chronique.

 

De grand village mondial, il en est question ici, ne serait par la multitude d'ambiances et de couleurs proposées dans cet album. Eux, leur village, c'est Korpilombolo en Suède (500 âmes). La légende raconte qu'un guérisseur s'y serait installé, il y'a des lustres, et aurait instauré dès lors le culte Vaudou. Goat, serait une réunion d'individus pratiquant une musique inspirée des traditions. Sur scène comme ailleurs, les membres apparaissent masqués. L'entité évolue depuis une quarantaine d'années, sous l'impulsion de différentes participants. En 40 ans, World Music est la première manifestation discographique, de même le groupe se produit pour la première fois, hors de ses frontières. Serait-ce parce qu'un partie de ses membres vie à Göteborg ? Les masques font partie intégrante des coutumes artistiques et culturelles de Korpilombo, Goat ne pouvant pas se départir de cette coutume -L'important est ce que l'on fait, pas ce que l'on est - . Le collectif compte une quinzaine de musiciens, qui à tour de rôle participe au projet.

Korpilombo serait donc une terre blanche, boisée, pinacée vivant dans la nuit presque 5 mois dans l'année. La culture du silence a laissé place à une déferlante rock colorée depuis que les Goat sont en route, si on en croit la bio... Ces gens, dont on ne sait finalement rien, leur leader s’appellerait Christian Johansson, réussissent le tour de force d'être marquant, même incontournable à l'heure de la grande distribution gratuite et mondiale de l'information. Dans ce monde über connecté, ou l'on tapote sur un clavier lorsque l'on a mangé une pizza aux épinards, eux parviennent à exister, avec une belle histoire et faire parler d'eux avec 37 minutes de musique !

 

De Vaudou, c'est clairement dans les rythmes qu'il faut se pencher. Le Funk, l'Afrobeat, les rythmes caribéens, mais aussi Coil, les Stones, Led Zep, CanÖrang (le groupe de la section rythmique de Talk Talk après la dissolution de celui-ci - un premier album Herd of Instinct en 1994 à tomber) et Jefferson Airplane ou  mieux Shocking Blue (restons en Europe !). On ne sait pas trop ce que le père vaudou prépare comme soupe pour le soir au coin du feu, mais assurément, elle est bonne. Les Goat 2012 auraient appris tout ça auprès des anciens du village et donc anciens membres de l'animal. Oui, Animal, le mot est lâché. Plusieurs écoutes ininterrompues de cet album vous rapprochent inexorablement du règne premier. La transe y est pour beaucoup, on danse sur cet album, le rire et les larmes aux bords des lèvres.

 

Du chant en suédois ancien (et anglais) passant par la présence totalement décomplexée d'une chanteuse habitée en passant par des riffs historiques et une présence rythmique énorme, World Music donne,en vrac, « Diarabi » en ouverture, un psaume oriental qui se concrétise par un -This is our creole expression to walk together-... « Goatman » pour les rythmes anciens, cette voix possédée et cette basse magnétique... le meilleur reste à venir. Mais quelle chaleur, j' en ai des picotements. Le reste... du dansant « Disco Fever » au magnétique « Golden dawn » en passant par le plus rock « Run to mama », la perle pop « Let it bleed », jusqu'au final « Det som aldrig forandas/Diarabi » halluciné ; tout est en harmonie dans cet album de plus en plus renversant au fil des écoutes.

 

Les suédois proposent un album riche et haut en couleurs psychédéliques, taclant au passage sévèrement Black Angels sur leur propre terrain. Pas une fausse note, jusqu'au mystère quasi intégral qui entoure cet opus. Une pure veine -fin des années soixante- et une grande valeur addictive. La Surprise et la Claque de cette année 2012.

 

photo de Eric D-Toorop
le 02/03/2013

3 COMMENTAIRES

vkng jzz

vkng jzz le 02/03/2013 à 10:38:07

Tout a fait d'accord. Chamaré et addictif c'est album est d'une fraicheur remarquable. Retro et kitch, mais dans le bon sens du terme

LatinoPunk

LatinoPunk le 17/03/2013 à 01:37:57

Effectivement, ZE CLAQUE. Le rock psyché marié à à la perfection à la musique du monde ça donne un résultat fort intéressant.

Crousti Boy

Crousti Boy le 25/03/2013 à 21:25:53

Devant la chronique (et les commentaires) dithyrambiques, j'y ai jeté une oreille.
Et même si le mix musique du monde et garage psyché a de quoi surprendre sur le papier, j'ai trouvé ça très bon !

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