Hath - Hive (EP reissue)

Chronique CD album (38:26)

chronique Hath - Hive (EP reissue)

Déjà bien propulsés depuis le printemps 2019 par leur très bon premier album Of Rot and Ruin (oh ces "Rituals" et "Accursed" !), les bonhommes de Hath, originaires du New Jersey, continuent sur leur lancée en proposant depuis le 1er juillet 2020 une version remasterisée de leurs tout premiers pas : Hive.

 

Tout d'abord dématérialisé sous une seule forme numérique, ce court format a bénéficié à compter du 2 octobre, grâce au label Willowtip Records (qui a déjà dans son roster les excellents Français d’Aodon), d’une sortie en bonne et due forme avec une nouvelle pochette et des supports cette fois-ci bien palpables (CDs, vinyles LP).

 

Enfin, quand je dis « court format », l’EP de 2015 durait tout de même plus de 32 minutes. Or, la version retravaillée cinq ans plus tard titille les 40 minutes avec le rajout d’une petite friandise, à savoir le bonus track "Atropus". On a donc droit quasiment à un second (ou premier, c’est selon…) album, un long format qui ne dit pas son nom…

 

Le riffing bien goûtu et le son massif balancés ici me font de suite penser aux Anglais d’Akercoke et surtout de Slugdge avec leur merveilleux Esoteric Malacology (sur des titres tels que "Slave Goo World"), sans cependant que soit atteinte ici l’agilité technique de ces derniers. Hive n’en demeure pas moins une belle pièce, créative, variée, consistante, parfois spectaculaire, avec un très bon mix entre la brutalité du Black Death et la rutilance des mélodies proposées par le Death progressif.  On peut se délecter de bien des plats offerts par le menu, lorsque se présentent de grosses buteries à la 7ème minute de "Apparition", à la 5ème minute de "Swarm" ou aux 3e et 4e minutes de "Commandment". Ça cogne fort, tandis que nos esgourdes se font constamment harceler par la double.

 

Les passages groovys, les blasts furieux et les solos inspirés – certains bien bluesy ("Hive") – s’entrechoquent intensément, le tout découpés par des pauses complément inattendues au cours desquelles sont placés des segments inventifs à la guitare acoustique : la violence de leur Blackened Death vient alors s’y fracasser. Ainsi de "Replicated", plus qu’un bon titre de Hath, une véritable carte de visite. Le travail technique mobilisé en faveur de cet instrument a indéniablement tiré profit des progrès de la production depuis l’album de 2019 ; le résultat final y même plus net et plus probant encore, en comparaison de l’entame de "Currents" ou de "Worlds Within" de l’album Of Rot and Ruin.

 

Aussi besogneux les uns que les autres, le frontman Frank Albanese, le (très bon) bassiste Greg Nottis (également au chant clair, très bien placé sur le bonus track), le guitariste Peter Brown, ainsi que la batteur et producteur AJ Viana se sont tous mis au diapason et cela s’entend : Hath bonifie le Blackened Death, en même temps qu’il revitalise le Death mélodique/progressif américain que certaines formations avaient récemment malmené, pour ne pas dire menacé d’anoxie (The Black Dahlia Murder).

 

Me voilà très curieux de que ce groupe pourra devenir dans un futur proche, car, de mon point de vue, la place qu’occupe aujourd’hui ce jeune quartet au sein de la scène saturée du Death US - je me suis d'ailleurs fait la même remarque récemment au sujet de la place de Wake dans le Metal canadien - n’est certainement pas celle qu’elle devrait être. Enfin, j’dis ça, j’dis rien….

photo de Seisachtheion
le 18/12/2020

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