Motocultor festival 2018 (Behemoth + Ministry + Sepultura + Cannibal Corpse + Abbath + Devildriver + Nashville Pussy) le 17/08/2018, Site de Kerboulard, Saint-Nolff (56)

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Cela faisait des lustres que je n'avais plus mis les pieds à Saint-Nolff pour le Motocultor Fest. Depuis 2013, l'année-même où le festival investissait le site de Kerboulard pour la première fois. Autant dire que depuis le temps, il y a eu un peu de changements. N'étant pas spécialement un Hellfest en terme d'organisation rodée, on n'y retrouve bien évidemment pas le même confort. L'organisation souffre toujours de quelques failles, des choses mériteraient d'être améliorée mais reconnaissons-le toutefois : quand bien même le festival est parti cette année avec la pression de la chaise éjectable d'un point de vue financier, ça va sacrément dans le bon sens sur ce plan-là. Le camping reste le même, le plus rudimentaire qui soit mais un véritable effort a été déployé en terme de sanitaires et de points d'eau, proposant même la totale gratuité des douches. On notera tout de même qu'il faudrait peut-être en rajouter et surtout les dispatcher, ne serait-ce qu'à un deuxième endroit afin de désengorger les commodités, notamment durant « les heures de pointe ». Ce qui fut jadis le parking festivalier juste devant le camping a été transformé en parking PMR et camping cars. Une bonne idée là encore – quand bien même l'on pourra pester un peu de devoir faire un peu plus de chemin avec nos affaires pour l'installation/désinstallation, le parking conventionnel étant un poil plus éloigné – étant donné la proximité avec le camping et le site, les veinards mieux équipés ne se retrouvent donc pas forcément excentrés du reste des festivaliers comme on peut le voir dans beaucoup de festivals en France. Le site lui-même s'est également vu modifié avec l'ajout d'une scène supplémentaire un peu en retrait sur les restes de ce qui était le camping bénévoles auparavant. Les deux scènes principales sont maintenant sous tonnelles afin de pallier au manque de points d'ombre sur le site. D'autant plus que tout se développe petit-à-petit : un peu plus de toilettes, des points d'eau, un metal market plus grand ainsi que l'arrivée de deux ou trois stands de nourriture indépendants afin de désengorger les files d'attente et proposer un peu plus de variété. Bref, en soi, c'est sûr que lorsqu'on compare avec un Hellfest, cela paraît bien dérisoire mais je pointerais du doigts les premières éditions du festival clissonnais qui étaient très loin de s'inscrire dans le grand luxe non plus. D'autant plus que les deux n'ont jamais joué dans la même cour en terme de moyens financiers injectés et engendrés, de même que les moyens humains. D'où la conséquence de croissance plus lente du festival morbihannais. Et il faut reconnaître que ça commence à porter ses fruits : la position peu enviable de sellette a beau être là, les organisateurs ont fait pas mal d'efforts afin de montrer un festival qui part dans le bon sens en terme de développement et de rodage, histoire d'attirer d'autant plus le chaland et, surtout, le fidéliser afin de pouvoir combler son déficit et se relever. Et vu qu'il affichait sold-out à quelques jours de l'entame, que j'ai entendu pas mal de monde clamer des « A l'année prochaine ! » le lundi matin, au sortir de cette édition, les choses ne se profilent pas trop mal.

 

Je l'avoue d'emblée, je suis ressortie également enthousiaste de ce Motocultor. Retrouver un festival à taille plus humaine m'a fait du bien avec un petit espace VIP minimaliste très loin de donner dans le tape-à-l'œil de pseudo-privilégié accessible aux portes-feuilles plus garnis qui veulent se donner une importance complètement illusoire. Et niveau ambiance, on le ressent également tant l'on sent comme ce revival de ce qu'était le Hellfest dans ses premières éditions : des profils variés mais tous de bonne volonté pour passer un bon moment, tant festif que musical. Retrouver une programmation plus aérée et équilibrée en grosses/moyennes pointures reconnues et illustres inconnus également est une vraie bouffée d'air frais. Avec tout ce qu'il y a de plus approximatif, aussi bien en terme musical que sur le plan technique. Parce qu'il ne faut pas oublier que les mises en son variables des festivals de moyenne envergure encore « en phase de développement » font partie du pain quotidien. Ce qui permet d'une certaine manière d'amener plus de relief dans nos expériences et appréciations malgré les mauvaises conséquences, frustrations et déceptions que cela peut parfois engendrer. Mais que l'on excuse toutefois dans ce contexte plutôt que sur un Hellfest affichant un tarif et un attrait commercial autrement plus important : un mauvais mixage sur un concert de Myrkur à Saint-Nolff où l'on aura claqué 200€ en tout dans le weekend (pass et essence inclus) s'avère quand même bien moins honteux qu'un Megadeth jouant son premier titre avec uniquement la batterie qui sort des baffles à Clisson alors qu'on a claqué les 600€ de son PEL (si ce n'est plus) dans le « meilleur grand festival ». Mon seul regret, à dire vrai, est de ne pas avoir appréhendé le festival dans les meilleures dispositions : je remontais du Sud-Atlantique où j'avais bien festoyé sur une semaine complète, le foie rempli en presque PLS, un manque de douche revigorante et une très forte fatigue. C'est qu'on n'est pas des robots après tout. Physiquement, ce Motocultor s'inscrivait davantage pour de la survie pour moi en somme. D'où le fait que je n'ai pas fait autant de concerts que j'aurais pu le prétendre si j'avais investi les lieux fraîche et pimpante. Ce qui ne veut pas dire pour autant que je n'ai rien branlé du weekend.

 

Motocultor festival 2018

 

 

Journée du vendredi

 

Les concerts commençant à 12h45, on peut se permettre de fouler le site dès son ouverture avec le luxe d'avoir eu le droit à une pseudo-grasse matinée. Petite visite de circonstance, le temps de s'amuser également de l'envahissement de « lumberjack » sur les backdrops de la Dave Mustage et de la Massey Ferguscene. Parce que un The Lumberjack Feedback et Lumberjacks à seulement quelques mètres de distance, voilà qui prête à confusion quand bien même les deux combos n'ont absolument rien en commun musicalement parlant, le premier donnant dans le doom/sludge instrumental tandis que le second s'inscrit dans le heavy rock un brin stoner. The Lumberjack Feedback nous ayant semblé bien soporifique de ce qu'on en a entendu depuis l'espace restauration, à tel point que l'on se demandait s'il était possible d'avaler son déjeuner tout en s'octroyant une sieste digestive en même temps. Mais il s'agit là de simples goûts personnels, le sludge pachydermique et mollasson en plus d'être instrumental est très loin d'être ma tasse de thé. Malgré tout, les bûcherons, quels qu'ils sont, seront laissés de côté au profit des Rennais de Ende. Parce qu'entamer sa digestion avec du black metal, c'est quand même bien mieux ! Un black plutôt classique par ailleurs. Tant sur la prestation que sur la musique balancée. Aucune originalité certes mais l'on cédera volontiers que tout est bien exécuté avec, de plus, un son correct. Une bonne mise en jambes tranquille, qui n'endormira pas pour autant. Bien qu'il manque sans conteste à Ende un capital personnalité afin de prétendre passer à un niveau supérieur. Mais au moins réussissent-ils à bien exploiter les fondamentaux du genre afin de captiver un auditoire en live, voilà qui représente un bon début quant au futur des Bretons.

 

Direction Dave Mustage pour la prestation de Maid Of Ace. Entièrement composé de sœurs – dont de la jeune graine – il ne faut pas non plus les voir comme un vulgaire girls band pailleté donnant dans le pop/rock Disney Channel. Non, là, pour le coup, les Britanniques nous assènent un punk un brin hargneux qui fera parfois penser aux vieilles heures de Motörhead. Là encore, rien de bien original mais assez d'énergie à revendre depuis les planches pour se laisser happer dans la spirale. Même si le son s'avère malheureusement assez cracra qui, pour le coup, ajoute comme une petite dimension underground et sauvage supplémentaire. Pas le top pour les oreilles mais immersion garantie ! Oui, on relativise comme on peut hein... Dans tous les cas, sympathique petite découverte qui s'accorde, de plus, très bien à une ambiance festival.

 

Le fait d'avoir pas mal veillé – et entretenu ce fameux foie souillé par la même occasion – la nuit précédente lors de la première soirée camping se fait ressentir, d'où le fait que s'octroyer une grosse pause s'impose, d'autant plus qu'il n'y a pas tant de distance que cela à faire pour rallier le campement. Les yeux reposés et quelques canettes vidées – oui, le verre non autorisé au camping est un TRES gros problème, je l'admets – et nous voilà parés pour Devildriver dont la réputation live n'est plus à faire. Le son sur la Dave Mustage en a un peu gagné sans que ce ne soit forcément merveilleux pour autant. Après, de toute manière, on peut compter sur l'énergie de Dez Fafara pour faire oublier ce détail et plonger l'assistance dans les pogos, bien qu'on l'ait parfois connu plus en voix en terme de puissance. En terme instrumental par contre, aucun souci, ça riff et ça groove sec, tel un gros rouleau compresseur. DevilDriver nous livre là un set efficace, sans grande surprise, telle la grosse machine rodée américaine qu'il est.

 

Sur la même scène, changement d'ambiance radical, avec une belle effluve humaine supplémentaire dans l'assistance, avec Ultra Vomit. Qui a la chance d'ailleurs d'avoir le seul véritable son optimal de la journée des deux scènes sous tonnelle. Après, on n'ira pas par quatre chemins : reprenez mon report de novembre dernier à Saint-Lô ou celui de Tookie à Arras sur des prestations en tête d'affiche, amputez le set de moitié niveau musique et de tout l'aspect sketch en intertitres (bien qu'on en retrouve un peu quand même, version concise), ajoutez une partie du « Casting Des Canards » et des gros canards gonflables sur la scène et vous aurez une très grande idée de comment a été Ultra Vomit au sein de ce Motocultor. Avec, comme toujours, une ambiance bien fofolle et hilare. Peut-être même encore davantage que durant un contexte en salle d'ailleurs. Un set aux petits coincoins, tout simplement !

 

On se décale sur la Massey Ferguscene pour découvrir la charmante Myrkur. Je dois bien le dire : j'en attendais à peu près autant que j'en suis ressortie déçue. A savoir énormément. Et c'est un euphémisme, j'en pleure encore la nuit entre deux taillades de veines. Bon, ok, j'exagère un peu mais quand même ! Qu'il y ait des soucis de son est une chose mais s'il y avait bien une prestation où il fallait faire un énorme effort sur ce point, c'était bien pour celle-ci. Eh bien, non, ça a été une jolie bouillie. Audible – surtout sur les passages avec chant plus que sur-mixé – mais infâme. J'ai bien ressenti ma petite chair de poule par moments, notamment sur quelques passages marquants de Mareridt, preuve que le show de la Danoise aurait pu être véritablement marquant si le contexte technique aurait été optimal, mais impossible de se plonger à corps perdu dans cet univers si particulier. Qu'importe que le concert soit ponctuellement stoppé pour rajouter une baffle sur scène « qui devrait régler les problèmes » comme ça a été dit, rien n'y fait, le son s'avère toujours daubé. A tel point que Myrkur n'a pas spécialement le cœur à grunter sur certains passages où elle aurait pourtant dû. Pour éviter de tout saturer et/ou larsener (juste au chant clair, ça semblait déjà tangent) ou par simple flemme, telle est la question... En revanche, son foireux ou non, ça ne change pas l'étrangeté de la fin : un titre en quasi-capella tiré du discutable Mausoleum, ça laisse un peu une vilaine impression d'eau de boudin. Bref, grosse déception, d'autant plus que la faute ne revient pas à Myrkur. A revoir prochainement dans des conditions plus clémentes donc !

 

A côté, sur la Dave Mustage, on notera que le bon son obtenu avec Ultra Vomit n'était que ponctuel malheureusement puisque Ministry ne se retrouve pas forcément gâté sur ce point (mais mieux quand même que DevilDriver et tous les autres prédécesseurs), même si ça ne s'est pas révélé hyper gênant non plus pour une bonne appréciation. Il faut dire que Al Jourgensen et ses compères tenaient là une belle pêche. Meilleure qu'à Clisson en 2017 qui était déjà pas mal en terme de prestation sur un bon jour. Plus vraiment ces quelques sensations de flottements hagards sur les visages du combo, autant dire que Ministry a tout pour nous la foutre sévère. A Trump également, au cœur des prérogatives décoratives de scène. Et c'est avec énergie qu'il s'en sert de punching-ball, ce que le public ne lui rend que trop bien (en énergie, pas à Trump hein... quoique...). Avec sa bonne dose de malsain cradingue et d'hypnotique en plus de l'option défouloir. Bref, un excellent show que nous a livré Ministry, quand bien même cela ne fera pas forcément plus apprécié le nouvel album qui passe quand même le cap du live, c'est déjà ça. Mais bon, face à un « Just One Fix » juste énorme, qu'est-ce que vous voulez bien faire pour rivaliser hein ?

 

Un petit mot rapidement sur Belphegor dont j'ai assisté partiellement. Dont le placement sur la scène suppositoire va à ravir pour un peu d'antichrist. Le son est là aux petits oignons – la scène a échappé sur toute la journée à tous les problèmes que rencontraient ses voisines – la prestation hyper carrée. En même temps, les Autrichiens ont de la bouteille en la matière et cela se voit : leur répertoire arrive à transmettre une ambiance toute particulière. Qui, malheureusement, tombe trop vite à mon goût. A être trop rodé, que ce soit scéniquement et musicalement, ça en devient plat d'homogénéité, d'où le fait qu'on s'en ennuie aussi rapidement que cela nous aura captivé dans les premiers temps. Jusqu'à carrément prendre la fuite. De la scène comme du site, Alestorm ne m'intéressant en outre mesure. Dont, je n'ai à priori rien loupé d'enchanteur d'ailleurs, les pirates ayant fait les frais de la technique défaillante au point que ça a pourri les appréciations de beaucoup de gens présents.

 

Jinjer

 

 

Journée du samedi

 

Réveil en douceur et brumeux à la fois en ce samedi matin. Par chance, la découverte d'une petite boulangerie pas si paumée, ni très éloignée du festival permet de profiter de petits déjeuners de champion. Et, surtout, de se gaver de caféine pour un prix plutôt raisonnable. Ma dose de café ingérée, j'attaque donc la journée en pleine forme avec les vikings d'Ereb Altor sur la Dave Mustage. Première et heureuse constatation : la nuit semble avoir portée conseil aux ingénieurs du son tant l'on n'a plus à subir les déboires sonores de la veille. Petite introduction de journée que je connaissais pas mais qui m'a plutôt bien bottée d'ailleurs ! Notamment pour ce côté paradoxal d'avoir eu une petite bouffée d'air frais avec quelque chose de tout sauf original. Parce qu'Ereb Altor, c'est un peu l'ode à Bathory – et non Ratlord comme j'ai pu le voir sur un meme malicieux d'on ne sait quelle obscure page Facebook – telle un bonne grosse remontée dans le temps de trente ans en arrière. Quitte à ne pas vraiment parvenir à sortir de l'ombre de son modèle d'ailleurs. Ce qui n'est finalement pas si grave. En live, on se prend au jeu et on finit rapidement par adhérer au délire. Et même si les mecs arborent quelques peintures de guerre, il faut admettre qu'on est très éloigné de ce qui se fait en terme de viking metal – ou autre forme guerrière – actuellement. A comprendre, tout ce qui ne ressemble pas à Amon Amarth, Ensiferum ou encore Turisas est une bouffée d'air frais en soi. Bref, plaisir nostalgique qui n'en est pas vraiment un.

 

Continuons avec les Bretons de Möhrkvlth sur la Suppositor Stage. Présenté par le Motocultor comme une étrangeté, j'avoue que l'étiquette prétextant que « le black metal s'entremêle à la tradition bretonne » m'a de son odeur alléchée. Et bien que les premiers moments laissaient présager quelque chose de prometteur avec une ambiance fleurant bon la Bretonnie profonde, les choses finissent par se montrer beaucoup moins intéressantes que l'on aurait pu le penser. Le black metal est ici roi, sans qu'un franc métissage traditionnel n'intervienne. Certes, le chant est peut-être en breton – de toute façon, cela aurait été en français ou en anglais, on n'aurait pas compris les paroles quand même – mais cela ne suffit clairement pas à amener l'ambiance promise par l'étiquette. Ni même spécialement d'étrangeté comme l'ont vendu les organisateurs qui devraient peut-être jeter une oreille à des Solefald et autres sujets avant-gardistes des chroniques de Xuxu avant de crier à la bizarrerie. En tout cas, Möhrkvlth a beau proposer des choses pas foncièrement mauvaises – ne soyons pas si sévère – ils n'ont en outre mesure attiré mon attention tant je n'ai pas trouvé le contrat rempli vis-à-vis du concept choisi.

 

Petite pause grignotage sous fond sonore des grecs de Suicidal Angels. Qui avait l'air d'envoyer du steak malgré le fait que leur thrash soit tout sauf original. Pompant, voire plagiant carrément, Slayer à tour de bras, on reconnaîtra qu'il y a quand même du bon goût qui se dégage de ces compos « inspirées de ». Et vu que Slayer est sensé raccrocher les gants prochainement, il y a peut-être une place à prendre pour les Grecs qui pourraient bien s'imposer une fois les Américains en maison de retraite comme leur fils spirituels. Ou pas. En tout cas, ça ne vaudra pas un Angelus Apatrida à mon goût mais l'on retrouve au moins en Suicidal Angels un sérieux capital efficacité.

 

Courte pause digestive au camping également avant de revenir vers sur la Suppositor pour Necrowretch. Devenu une valeur sûre de la scène death hexagonale, que ce soit en studio ou en live, le groupe nous distribue sans surprises de bien belles mandales dans les dents. Non sans diabolisme dans les yeux de Vlad, son frontman qui n'a de cesse d'hypnotiser les foules entre deux débauches de brutalité entre death old-school entremêlé de quelques composantes black. Quand bien même les guitares restent assez brouillonnes dans leur traitement sonore. Le son se révélant tout de même plutôt correct, on s'en accoutumera et la fosse ne se fait pas prier pour donner de sa personne et ainsi rendre au combo sa débauche hargneuse. Parce qu'on peut être metalleux et écolo, le recyclage c'est le bien m'voyez !

 

J'assiste à demi-attention à la prestation de Tagada Jones sur la Dave Mustage. Et pour cause, cela fait la troisième fois en moins d'un an. Les discours et setlist étant plus ou moins les mêmes, la lassitude ne peut que se faire ressentir pour moi. Ce qui n'a pas empêché que leur punk vindicatif a bien mis le feu aux poudres niveau ambiance de fosse. De la même manière qu'Ultra Vomit la veille, la légèreté parodique en moins. Bref, Tagada nous a fait du Tagada, simple, direct et efficace. Même si leur trop grande présence sur les routes commencent par trahir de vilaines conséquences tant on finit quand même par frôler le « trop plein » de les voir en affiche partout, que ce soit en salle ou en festival, y compris dans les plus rases cambrousses paumées.

 

Je vais vers la Massey Ferguscene pour la première fois de la journée pour entrevoir très rapidement The Black Dahlia Murder. Malheureusement, n'étant pas forcément inspirée du programme, je décide rapidement de transiter vers la Suppositor pour Nostromo qui se présente malicieusement au moment-même de mon arrivée comme étant le groupe que je venais de quitter. Voilà qui fait monter le capital sympathie d'emblée. D'autant plus que mes collègues de CoreAndCo ne tarissent pas d'éloges au sujet des Suisses. Grand bien me prit d’assouvir cette curiosité de vérifier s'ils ont bon goût ou non tant Nostromo m'aura filé une sacrée pêche. Parce que du grind, ça fait toujours du bien par où ça passe, d'autant plus lorsqu'il est joué avec application et énergie comme c'est le cas ici. Et montre par la même occasion que toutes les reformations ne sont pas motivées par l'appât du gain tant les Suisses transpirent la sincérité – leurs albums et le grind en général sont-ils si lucratifs de toute manière ? – dans leur démarche. Jolie claque bien sentie qui conforte que les collègues n'ont finalement pas si mauvais goût.

 

Cela n'a pas dû arranger ma mauvaise appréciation que j'ai pu ressentir sur Cannibal Corpse qui prend la suite sur la Dave Mustage. Même si ce ne sont pas les derniers en terme de débauche de violence, les premiers moments m'ont quand même paru mous du genou. Bon après, c'est sûr, après une belle déflagration grind, le brutal death semble presque être une chanson douce à côté. Une fois rentrée un peu plus dans l'ambiance du répertoire, rien n'y fait, difficile de rentrer dans ce show aussi carré et rodé que leur discographie depuis Kill. A savoir, constante et homogène. Et si ça m'emmerde déjà sur album, autant dire que c'est pire en live. Parce que oui, les premiers moments impressionnent sur le fait de voir le cou mastoc de Georges « Corpsegrinder » Fischer en vrai, prenant donc au passage une vraie leçon de headbang. Du reste, l'ennui finit rapidement par pointer le bout de son nez tant la prestation pue le pilotage automatique, aussi charismatique Fischer soit-il, à plein nez. Heureusement, l'assistance ne s'en formalise pas et donne ainsi une bonne ambiance de fosse, surtout sur la seconde moitié de course où s'enchaînent pas mal de classiques (ahhhh, « The Wretched Spawn », quel bonheur !). Seul moment exotique : l'arrivée du vocaliste de The Black Dahlia Murder pour se taper le bœuf sur « Hammer Smashed Face ». Mais étant donné que les deux combos font tournée commune cette année, on se demande si la manœuvre est si spontanée que cela. Rajoutez à cela un son doté d'un écho plutôt désagréable et l'on ne peut que quitter le chapiteau un peu dépité tant on était en droit de s'attendre à mieux d'un groupe de cette trempe. Les petits jeunots de Benighted les époussettent d'un revers de main sans mal.

 

On passe à quelque chose que j'attendais plus sur la Suppositor, à savoir Shining version suédoise. Quoiqu'on en pense ou dise, il faut reconnaître que l'expérience live est vraiment quelque chose de particulier. De la fois où je les avais vu, justement au Motocultor lors de la toute première édition en plein air lorsqu'il était encore à Séné, j'en garde encore un vif souvenir. Il faut dire que voir une mère et sa fille de cinq ou six ans faire joujou au ballon insouciamment à côté de moi – il s'agissait des années où Christine Boutin était en guerre contre le Hellfest, d'où le fait que le Motocultor avait pris la décision d'inviter gratuitement les riverains à titre rassurant – alors que quelques mètres devant, Niklas Kvarforth se tailladait sévèrement les avant-bras entre deux gorgées de Jack Daniels, voilà bien un ressenti des plus troublants. D'autant plus que le black joué en toile de fond s'avérait des plus hypnotiques au point que l'on avait bien du mal à détacher les yeux de ce sombre spectacle. Évidemment, ce soir, les choses sont différentes : pas d'activité familiale à proximité, un contexte de nuit en lieu et place d'un créneau en pleine après-midi... Et un registre clairement différent aujourd'hui, Niklas ayant intégré depuis IX des éléments bluesy atténuant considérablement la part black du propos. C'est d'ailleurs ce genre de registre qui est le plus représenté ce soir, n'en déplaise aux adorateurs des classiques purement black. Le son vient également jouer très rapidement les trouble-fêtes en se montrant bien trop fort. Ce qui peut heureusement se régler à grand renfort de boules quies. Dommage cependant car une fois le volume atténué, il n'était pas si dégueulasse que cela. Le père Niklas se montre ce soir sous son jour le plus calme. Même s'il finit bien avec un peu de sang sur les avant-bras, il préfère user de la lame en étant bien caché des regards. Étonnant d'ailleurs de voir tant d'acclamations de la part de la foule dans ce genre de moment, comme s'il s'agissait d'actes totalement sains et banals de la vie. Ce qui ne l'empêche pas d'avoir encore une sacrée descente vu qu'il doit changer de bouteille dès le troisième titre. Du reste, la nouvelle direction musicale de Shining prend tout son sens en live tant le côté bluesy apporte une déchéance pathétique supplémentaire à cette atmosphère qui était déjà, de base, complètement suicidaire. De nouvelles subtilités qui ne manquent pas de fasciner et ainsi entretenir le caractère particulier et indescriptible d'un concert de Shining. Qui se doit d'être vécu, ne serait-ce qu'une fois, pour la culture et l'expérience, quoique l'on puisse en penser.

 

Malgré toutes ces atmosphères de disgrâce miséreuse, il ne faut pas non plus se laisser abattre. On oublie les lames aiguisées pour partir en mission bouffe et ainsi profiter d'un Behemoth en mode dîner spectacle. Et vu les moyens déployés par les Polonais pour faire le show jusqu'à littéralement allumer le feu, cela aurait été bien dommage de ne pas déguster sa spartziflette à ce moment précis. Toute la scénographie s'avère somptueuse, le son énorme et nul doute que jamais le Motocultor n'a connu un tel spectacle sous ses chapiteaux ! Toutefois, j'admets quand même à avoir été davantage marquée et fascinée par la prestation de Watain en juin dernier en terres clissonnaises. On notera par ailleurs que sur cette jolie débauche de grand spectacle et de musique véritablement majestueuse, l'incrustation inopinée d'un Kvarforth, fraîchement sorti de scène, le temps d'une reprise de The Cure, avant de repartir aussi sec, non sans geste provocateur. Et malgré le côté bien huilé d'un spectacle blindé de mises en scène, on sent davantage de spontanéité dans ce petit guest, contrairement à ce qu'on a pu voir quelques heures plus tôt avec Cannibal Corpse. Malgré tout, j'ampute quand même ce set prématurément pour me diriger vers la Suppositor.

 

C'est qu'une fois le ventre rempli, je ne peux que trépigner d'impatience pour Punish Yourself où je veux m'assurer d'être bien placée dans les avants. Et j'ai bien fait car je n'étais la seule avec cette idée. Ce qui a permis de profiter de « Primitive » fort convaincant en condition balance face à un parterre réduit. Et de vite balayer mes quelques craintes par la même occasion. Si les deux premières fois que j'avais vu les Toulousains, ça avait donné d'énormes souvenirs, je les avais laissé sur de plus vilaines impressions la troisième et dernière fois que je les avais vu au Motocultor de 2010, le groupe trahissant bien trop d'excès pour être justes et crédibles. De la même manière, ce soir, il faudra s'accoutumer et découvrir ce que donne le groupe dans un line-up remanié (Miss Z, notamment, ayant quitté le groupe). Ce qui ne les handicape nullement. Car si Behemoth a foutu le feu sur la Dave Mustage, Punish Yourself ne s'est pas privé pour faire des étincelles sur la Suppositor. Bon, ok, c'était facile, je le conçois. Mais en tout cas, nous avons eu le droit à la forme des grands jours en ce samedi soir ! Avec une ambiance de folie, aussi bien dans la fosse que sur l'espace entre scène et crash barrière tant l'un des agents de sécurité avait l'air à fond dans le truc, au grand dam de son collègue lui faisant signe régulièrement de se calmer. Il faut dire que le spectacle électro punk de Punish Yourself ne peut que se révéler contagieux, avec ces lights épileptiques où transparaissent les peintures flashy des différents protagonistes de scènes et autres productions d'étincelles à grands renforts de scie à métaux – moins présentes que par le passé, la danseuse se chargeant aussi des chœurs en lieu et place de Miss Z. Qu'importe, les Toulousains ont, pour le coup, aspiré tout ce qui me restait d'énergie vitale tant j'ai dansé, sauté, braillé et pogoté. Comme à peu près toute la fosse d'ailleurs et c'est tant mieux.

 

Vu que Punish Yourself m'a littéralement mis sur les rotules, il était temps de penser à abdiquer et rentrer au campement. Malgré tout, la Dave Mustage étant sur le chemin pour sortir du site, je prends quand même un peu de temps pour rester un moment sur le concert d'Abbath. Qui n'est pas tombé ce soir malheureusement. Et n'allez pas dire que je suis mauvaise langue, on était beaucoup à attendre un bis repetita de l'épisode cocasse du Metal Days de l'année dernière. Mais bon, on ne va pas bouder car faute de chute, Abbath nous a mis en application pratique la définition du terme « tôlé ». Et ce, de manière magistrale. Le Norvégien était totalement torché avec une bonne dose de « je m'en branle » en bonus, les pains divers et variés s'enchaînent. A tel point que l'amusant finit vite par se métamorphoser en pathétique qui attriste. Parce qu'Abbath a quand même signé de belles tranches de black metal, que ce soit sur son sympathique dernier album solo portant son patronyme, I et, bien sûr, Immortal. Du coup, aucun regret de le laisser à son triste sort au bout d'un moment et rentrer dans sa maisonnée de toile. 

 

nashville pussy

 

 

Journée du dimanche

 

On aborde la dernière ligne droite de cette édition du Motocultor. C'est que le temps file à vive allure quand on y pense. Réveil mi-figue, mi-raisin d'ailleurs, entre motivation et mollesse. A en voir le programme, la journée ne s'avère pas forcément hyper riche en groupes connus et alléchants contrairement à la veille. Il est vrai que j'aurais pu jouer la carte de la curiosité afin d'arpenter les premiers sets peuplés d'illustres inconnus – vis-à-vis de ma culture musicale – mais j'ai préféré choisir la voie de la fainéantise, histoire de s'économiser pour le sprint final (et le trajet du retour du lendemain accessoirement). C'est donc après l'heure du goûter que l'on foule le site du festival que je quitterai plus jusqu'à sa fermeture. Avec les illustres inconnus, histoire de se donner bonne conscience, de Dead Bones Bunny sur la Dave Mustage. On leur reconnaîtra d'une part qu'ils maîtrisent l'art de la communication tant leurs affiches sont omniprésentes sur les clôtures du site et du camping – pour un groupe qui n'a pas encore sorti d'EP, c'est plutôt ambitieux – sans compter qu'on me les a vendu comme un groupe cabaresque un brin étrange. Évidemment, avec une telle description, je ne pouvais décemment pas louper ça ! Et au final, il s'agit là d'une très bonne découverte. Imparfaite mais avec du potentiel. Nous avons là à un mélange plutôt savoureux entre metal et rockabilly, « entre Elvis et Lemmy » comme le disent si bien ses géniteurs. Et il est vrai qu'à de multiples moments, on pensera au projet parallèle du regretté Lemmy, à savoir HeadCat qui aurait pour le coup bouffé une bonne pilule de Mötorhead. Le tout enrobé d'une petite dimension visuelle à grand renfort de costumes typés cabaret dans son sens le plus burlesque et froufrouteux entre Moulin Rouge et lapine PlayBoy. On est donc, en soi, très éloigné du cabaret metal burtonien d'un Stolen Babies auquel je m'attendais davantage. Ce qui n'est pas forcément un mal dans le sens où ça ne rend que la recette que plus rafraîchissante. Qui aura fait bouger les culs de pas mal de monde tant la bonne humeur était au rendez-vous. Avec, en bonus, une petite reprise de Pantera de sortie de derrière les fagots, revisitée sur une sauce groovy'abilly loin d'être inintéressante et ridicule. Seul bémol au tableau : on a un peu l'impression en bout de course que le répertoire s'essouffle, certains titres donnant un peu dans le simili-autre-titre joué précédemment. Ce qui apporte quelques craintes sur l'EP à venir prochainement qui pourrait bien trahir d'un certain manque de renouvellement. Ce qui serait bien con pour un tout premier jet court format alors que la recette s'avère tout de même assez inhabituelle.

 

On se dirige ensuite vers la Massey Ferguscene pour quelque chose de plus terre-à-terre. Enfin, à supposer que le stoner planant des Ukrainiens de Stoned Jesus le soit. Plus conventionnel préférera-t-on dire pour être plus à propos. Un répertoire qui ne manque pas de charme et de personnalité cela dit. Le style oblige, le délire drogue n'est jamais très loin, les titres à longueur et à langueur également. Même si on est très loin d'avoir affaire à des dopés à la Electric Wizard avec Stoned Jesus qui paraît très jovial et heureux d'être là. Le temps de jeu file à toute allure, le son est bon, toutes les conditions sont présentes pour se plonger à corps perdu dans le trip. Où notre présence sera récompensée comme il se doit vu que le trio nous jouera quand même deux titres de son nouvel album, Pilgrims, à venir prochainement. Même si c'est sans sans conteste le pavé final de pas moins de 13 minutes, « I'm The Mountain », enivrant à souhait qui recueille le plus de suffrages. Certes, Stoned Jesus a beau semblé un peu hors-sujet au milieu de groupes davantage affiliés à la scène extrême, il aura quand même réussi à tirer son épingle du jeu de belle manière !

 

Petite pause binouze sous fond lointain de Comeback Kid avant de se diriger vers la Suppositor pour se prendre le thrash bien vénère et punkisant de Toxic Holocaust. Même si le nouvel album sait se faire désirer (le dernier date de 2013), on se demande d'ailleurs s'il n'est pas un peu question de fainéantise vu les 'ricains ont le toupet de quitter les planches une bonne de quinzaine de minutes bien tassées plus tôt que ce qui était prévu. Si ce n'est pas de la flemme ça... Et c'est sacrément dommage car le combo distribue quand même une claque bien sentie derrière les oreilles. L'efficacité old-school est de mise, avec des moments aussi acérés, tranchants que fédérateurs (« Bitch », « War Is Hell » ou encore « Wild Dogs » pour ne citer qu'eux). Le tout avec un son convenable, un brin de communication, de l'énergie et des sourires. Que demander de plus ? Une prestation complète la prochaine fois peut-être...

 

Retour sur la Dave Mustage pour un moment plus léger avec les Texans de Nashville Pussy. Ma petite vengeance quant au Hellfest 2016 où je n'avais pas pu trop les voir (hormis de loin sur les écrans) à cause des files d'attente interminables aux stands Cashless. Des souvenirs de ce que j'en avais vite fait vu, je dirais que la vengeance est complète tant le combo semble plus énergique qu'à Clisson deux ans auparavant. C'est dire, le groupe a explosé tous les mauvais discours qui ressortent de pas mal de prestations récentes, à savoir une énergie au rabais par rapport à ce qu'il nous avait habitué. A Saint-Nolff, c'est pourtant un Nashville Pussy en pleine possession de ses moyens que l'on a le droit, rock'n roll en diable, et qui entraîne sans se fouler toute l'assistance dans le délire. Classique, simple et efficace, d'autant plus en contexte de festival.

 

Retour sur la Suppositor pour un peu plus de violence avec Dying Fetus. Où j'ai pris bien soin de ne pas emmener notre pote enceinte, ne sait-on jamais. J'ai bien fait vu que le groupe finira par tendre avec malice une pancarte quémandent des fœtus morts – certes, il n'est pas mort celui-là mais c'est toujours facile de rectifier le tir. En dehors de ce petit moment de légèreté bon enfant, Dying Fetus nous envoie du lourd dans la gueule. Et le public le lui rend bien tant il a dû finir sur les rotules à grands coups de pogos et slams incessants. Il faut dire qu'à côté du chant que je trouve un brin trop linéaire et monocorde – en plus d'être en retrait dans le mix en terme de son ce soir – le caractère hautement groovy du répertoire impose une efficacité nette et sans bavure, d'autant plus que la mise en son des instruments rend bien honneur à la technicité chère au groupe. Bref, les cordes sont bien tricotées sur les planches, ça galope sec en terme de double pédale et ça nous fait bien craquer des vertèbres.

 

On prend quand même bien garde de ne pas s'éclater la jugulaire. C'est qu'il serait bien con de louper les Tambours Du Bronx – de la Nièvre et non de New-York soit dit en passant – sur la Dave Mustage. D'autant plus que pour revisiter la scène metallique, ils sont accompagnés de Reuno (Lofofora) au chant, Stéphane Buriez à la gratte (Loudblast) et Franky Costanza (Blazing War Machine / ex-Dagoba) aux fûts. Ce dernier, malgré toute sa bonne technique et maîtrise de l'instrument, semble par ailleurs un peu superflu, les bidons du collectif suffisant sans doute amplement pour amener de la rythmique. Un côté percussif sans doute un peu trop mis en valeur en terme de mise en son, forçant à opter pour les boules quies afin de sauvegarder l'intégrité de ses tympans. Cette précaution étant faite, il faut reconnaître que la prestation est impressionnante, tant sur l'intensité globale que sur le côté chorégraphique de tous ces gaillards maltraitant leurs gros bidons, levant leurs baguettes de concert ou, au contraire, en cascade. Une belle expérience à regarder. Le choix des reprises s'avère plutôt sympathique (mention spéciale au « Dragula » de Rob Zombie) et Reuno s'impose une fois encore comme un frontman hyper charismatique qui sait faire monter une assistance dans les tours. Une bonne occasion pour lui de retrouver des frasques plus vénères entre deux concerts acoustiques de Lofofora.

 

Je me retrouve là devant mon seul cas de conscience en terme de choix de tout le festival : Municipal Waste ou Perturbator ? Par chance, quelques minutes à la Suppositor devant le thrash agressif du premier a tôt fait de me faire déguerpir vers la Massey Ferguscene. Non pas pour le répertoire mais pour le son ignoble qui ne le flatte pas du tout. Ce qui n'empêche pas l'assistance présente, en grande forme éthylique, de s'agiter comme si leur vie en dépendait. Tant mieux pour eux ! Je me retrouve donc devant Perturbator dont j'étais fort curieuse de voir ce que ça pouvait bien donner en live. Parce qu'il y a beau avoir quelques caractéristiques communes avec le metal, c'est bien des vibes dignes d'une boîte de nuit qui s'évacuent de la tonnelle. L'ambiance en fosse n'est en revanche pas au top niveau par rapport au véritable dance-floor qu'avait imposé Carpenter Brut à Clisson en juin dernier d'après les échos que j'en avais eu. Après tout, pourquoi s'acharner à faire le pied de grue face à la scène, en remuant légèrement la tête mais pas trop non plus pour regarder un simple claviériste et un batteur sur scène qui ne livre, outre les notes de leurs instruments, aucun véritable spectacle ? C'est qu'il y a un moment, il faut se retirer à fond le balai du cul et prendre la prestation comme elle doit être prise : ne pas spécialement prêter attention à la scène et danser. Oui, danser, réellement ! Par chance, un bénévole à côté de moi qui a bien compris le concept m'a entraînée dans le délire, ce qui a bien vite rendu le show plus fifou, à se frétiller comme on pouvait et en jumpant comme de beaux diables, non sans écraser quelques pieds de notre voisinage le plus immobile. Curieuse expérience. Aussi exotique que savoureuse mais ô combien trippante.

 

De quoi se donner une bonne dose d'adrénaline pour la dernière ligne droite, à savoir Sepultura. Où je découvre de nouveaux voisins assez cocasses, un couple trahissant de grosses discordes au sujet de l'éternel débat : « Sepultura sans Cavalera, c'est Sepultura ou c'est de la merde ? ». Ayant déjà vu le frontman emblématique dans le passé à deux reprises, une fois avec Soulfly et l'autre avec Cavalera Conspiracy, chaque fois s'étant soldé par une très grosse déception, j'avoue m'être très bien accoutumée de Derrick Green qui a eu la lourde charge sur les épaules de remplacer Max. D'autant plus que j'avais vraiment kiffé Sepultura en live il y a 8 ans sur un festival en pleine cambrousse de la Normandie profonde. Ces petites querelles de couple finissent vite par s'estomper dès lors que le concert commence, laissant l'homme fort boudeur et la femme aux anges qui n'a de cesse de remuer la tête avec tout plein d'étoiles dans les yeux. Monsieur qui finit vite par partir en pogo dès lors que du vieux Sepultura se fait entendre, signe éminent que Green est loin de mal se démerder dans son rôle, même pour un non-partisan de sa présence. Le son reste correct à défaut d'être transcendant mais cela n'empêche pas de bouder son plaisir : les Brésiliens nous livrent un show solide, avec tout plein de bonne humeur comme il sait si bien le faire. En revanche, les réfractaires du petit dernier, Machine Messiah, en auront pour leur grade tant il est représenté, notamment son titre éponyme hyper doucereux (fort discutable dans un contexte festival), qui fait office de chanson douce avant de s'attaquer au lourd du dossier, à savoir des « Arise », « Refuse / Resist » et autre « Roots Bloody Roots » des familles qui auront fini de m'achever, tant sur le corps que sur les cordes vocales. Dernier titre où sont venus s'incruster les Tambours Du Bronx, sublimant ainsi le hit originel. Frustrant également dans le sens où le collectif percussif aurait dû taper du bidon sur trois autres titres – justifiant la mise en avant sur l'affiche du featuring – ce qui ne s'est finalement pas fait à cause de soucis de timing. Un peu dommage mais ça n'empêche pas de sortir du site avec enthousiasme afin de s'en retourner au camping pour la dernière nuit qui s'avérera fort festive pour beaucoup, au point d'aborder le départ du lundi matin avec de bien belles têtes de déterrés au quota éthylique dans le foie qui ravirait notre cher Gégé Depardieu. 

 

les tambours du bronx

 

 

 

 

 

photo de Margoth
le 01/12/2018

Les photos

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