Heads Up - The Way of The Cure

Chronique CD album (04:25)

chronique Heads Up - The Way of The Cure

Le 1er septembre 2022, Fat Mike, l’inénarrable leader de NoFx, annonce dans un post instagram (sans aucun rapport avec le groupe) que l’année 2023 sera la dernière de la longue carrière des indécrottables patrons de ce courant que l’on retrouve sous diverses étiquettes: mélodic-punk, skate-punk, skate-core, pop-punk. Mais ce sera finalement, au gré de quelques plannings qui m’auront échappé, en 2024 que cette page de plus de 40 ans se tournera. Si le style a peut-être perdu de sa superbe et s’inscrirait peut-être mieux dans une époque cool, pleine d’abondance et de belles promesses comme l’étaient les années 90, il convient de se poser malgré tout de se poser la question de sa pérennité, la mode pour des styles plus “lourds” n’aidant pas car le skate-core, c’est léger, sans prise de tête, c’est un peu le tigrou du punk. Pourtant, il ne faut pas oublier que faire du skate-core, c’est facile, 4 accords, une disto, la banane et c’est parti, mais faire du skate-core qui donne envie d’aller se flinguer les genoux sur une rampe digne de ce nom, c’est moins facile. Il y a des recettes (à base de 4 accords aussi) mais tout le monde ne les maîtrise pas. Chez Heads Up, un quatuor formé en 2014 du côté du Pays de la Loire, on la maîtrise parfaitement!

 

Après 3 EP histoire de se chauffer les articulations, il est venu le temps pour eux le temps du premier album avec The Way Of The Cure. Un condensé de skate-core pur-jus de 11 titres qui s’étalent 26 minutes. Ici, on sait clairement s’y prendre et le boomer biberonné au Nofx, à Hi Standard, à No Use For A Name ou encore aux semi-frenchies de Uncommonmenfrommars retrouvera tout ce qui fait la force du style: une section rythmique ultra efficace, sans chichis techniques à base d’une basse bien ronde et d’une snare sans timbre qui imprime des tempos soutenus en mode “toum tak toum tak toum tak”, des guitares qui déclinent des structures simples en misant sur des accords d’octave, des harmonies qui pétillent et n’hésitent pas à jouer en contre-temps façon ska-punk, une louche de choeurs façon soirée entre potes ou harmonies entre amis pour donner encore plus d’ampleur à des lignes vocales mélodiques qui sentent bon la crème solaire. Bref, encore un prétendant au "c’est tout con mais c’est incroyablement bon", de l'extatique générique. Même le très reggae "Let Things Happen" qui clôture l’album passe crème.

 

Aucune faiblesse, aucun morceau en deça, tous les titres ont une fibre tubesque bien réelle. C’est d’ailleurs là où Heads Up pourraient se démarquer: l’énergie déployée est bien réelle, alimentée en bonne vibes qui mettront le sourire et transformeront les "Ouais, bah c’est un énième pastiche de Nofx" en "Ouais mais c’est quand même vraiment très très cool". Si l’album a une couleur bel et bien mélodique, il ne verse jamais dans la pop pure et pas dure…qui ferait un peu tâche ici. La musique est ancrée sur une base punk, mélodique oui mais pas de quoi passer figurer dans la BO du prochain American Pie 12 ("Enfilade à l’Ephad"). Ouf!

 

La production est parfaite (bravo à  Deux Doigts Dans la Prise pour le master et  New Record Studio pour le mixage) et s’inscrirait parfaitement dans les 90’s comme elle s’isncrit parfaitement en 2024. Incroyable mais vrai. L’équilibre est nickel, le travail sur les voix idéal pour que tout le monde ressorte bien, le son est propre et surtout traité comme il faut pour adjoindre une louche de patate à l’ensemble sans l’écraser dans une course au gros son qui aurait été inutile avec ce gros côté “bande de pôtes qui rec un skeud” qui fait zizir tout plein.

 

Difficile de trouver à reprocher à cet album si ce n’est cette proximité vraiment forte avec Nofx dans l’approche de la composition, de l’arrangement et des incursions légèrement ska. Si vous avez poncé les albums de Nofx comme Heavy Petting Zoo ou So Long And Thanks For All The Shoes, vous détecterez sûrement ça ou là des points communs. Mais là où certains y verront un manque d’inspiration ou d’originalité, j’y vois comme une sorte de prolongation bienvenue. Je n’ai pas trop pris connaissance des textes mais ces derniers m’ont semblé plutôt loquaces, ces messieurs semblent avoir des choses à raconter et on a envie de les écouter autant que de les comprendre.

L’accent fran-glais gratte un peu parfois l’oreille mais ce parti pris de se faire comprendre plutôt que de cocher l’option "accent chewing-gum" n’est pas forcément dommageable et cela prendrait presque du charme au fil des écoutes. Comme quoi…

 

 

 

The Way Of The Cure sent magnifiquement bon l’été, les shorts baggy, les AirWalk défoncées à coup de kick (flip), les après-midi entre potes et l’absence de questions existentielles trop barbantes. Ici, la philosophie serait plutôt “Live Fast and stay young”. J’aime bien! L’album revêtira ainsi un côté nostalgique pour certains dont je fais partie, mais une nostalgie agréable. Bref, bonne nouvelle pour commencer 2024, le skate-core n’est pas mort et avec Heads Up, il peut…garder la tête haute!

 

 

 

On aime bien: du très bon skate-core qui assure la relève d’un style qui pourrait ainsi bien redevenir plus à la mode un jour...

On aime moins: certains trouveront sûrement à redire sur la proximité forte avec d'autres groupes

photo de 8oris
le 08/02/2024

1 COMMENTAIRE

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 08/02/2024 à 08:18:27

Skate Core voici une appellation que je n'ai pas croisée depuis des décennies.
Peu de chance que le genre reviennent à la mode toutefois  : toutes les vidéos de sport extrême sont maintenant rythmées par de la musique de techno hippie.

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