Hexecutor - Beyond Any Human Conception Of Knowledge...

Chronique CD album (50:22)

chronique Hexecutor - Beyond Any Human Conception Of Knowledge...

« La Sorcièèèèèèèèère… La Sorcièèèèèèèère… Du Ma-Rais! »

 

Bon, balancé comme ça, en début de chronique, la chose ne paie pas forcément de mine. N’empêche que ce hurlement primal – lancé le samedi 23 juin 2018, sous l’Altar, par le beugleur en chef d’Hexecutor – fut adopté cette année-là comme le cri de ralliement officiel de notre petite tribu de Hellfesteurs. C’est que le groupe avait réussi à nous maintenir pendant toute la demi-heure de son set le cul à cheval entre, d’un côté, une grosse envie de se poiler devant l’énormité des gimmicks rétro-dicules alignés alors, et de l’autre, le plaisir pris à l’écoute de son proto-Thrash venimeux et jubilatoire.

 

… Une seule question était restée sans réponse à l’époque: si on va par-là, pourquoi simplement Hexecutor? Pourquoi pas carrément Hexxxekütor?

 

Ce souvenir pas encore trop poussiéreux résume assez bien la nature profonde du quatuor rennais: qu’il s’agisse du nom du groupe, des pseudos des musiciens (S. Chainsaw-Maeströr, Putrid Vön Rötten, Joey Demönömaniac et Jey Deflagratör… Ne manque qu’un Satanik Baby Demembratör en fait), du logo ultra-typé, des cris de succube suraigus obtenus à coups de rabots sur les parties, des poses iveuuuuul adoptées par le groupe sur sa dernière photo officielle en date, de tout ce cuir et ces jeans troués au genoux, tout, absolument TOUT hurle l’amour déraisonnable que le groupe porte au tout début des 80s, quand Venom, Metallica et Sodom s’extrayaient de la NWOBHM pure et dure à grands coups de pentacles dessinés au crayon HB, de masques de démons grimaçants et de cartouchières en plastoc. D’ailleurs, même si elle fait un bon vieux level up par rapport au son de Poison​, ​Lust and Damnation, la prod de ce 2e album continue de cultiver l’art du riff qui soulève la poussière, de la rythmique qui fait craquer le bois, du chant plein d’échardes et de la basse qui ramone la cheminée.

 

Si j’évoque ce plaisir un peu honteux, quoiqu’assumé, consistant à mater un vieux nanard d’horreur – une série Z miteuse des 80s, voire carrément un film de la Troma – vous voyez de quoi je parle? Eh bien s’écouter Beyond Any Human Conception of Knowledge… c’est un peu le même trip. Sauf qu’il ne s’agit pas d’un album exhumé d’une vieille malle, mais plutôt d’une production « hommage » réalisée par un geek génial, une sorte de Tarantino revisitant les origines du Metal extrême. Ce qui explique que, plutôt que de se cantonner dans un rôle de fournisseur exclusif de vidéo club miteux, Hexecutor a déjà eu le droit à la chaleur des spots de scènes comme celles du Motocultor, du Fall of Summer et – donc – du Hellfest. Ainsi qu’à la première partie de Voivod – après, il est vrai, la défection bien involontaire de Voight Kampff, qui était quand même plus dans l’esprit de l’affiche.

 

Les 8 morceaux de ce 2e album proposent donc un savant mélange de Heavy/Speed furieux, de Thrash crouteux et même de Black – les shrieks acides de Jey et quelques mélodies glacées (il y a un peu de Dissection de-ci de-là, à 0:34 sur « Eternal Impenitence », ou dans la mélodie à la ponceuse qui démarre à 0:53 sur « Brecheliant ») participant à ce ressenti. Ecartant encore un peu plus large les limites du genre pratiqué, des riffs franchement maideniens ainsi que quelques passages plus Hard Rock (le solo à 3:43 sur « Buries Alive… » devrait réveiller notre Papy) viennent encore enrichir ce délicieux brouet. Et si tout ce petit monde participe avec la même passion à la puissante vague nostalgique, il faut bien reconnaître que les 2 guitaristes brillent plus particulièrement de mille feux. Usant de force riffs imparables et leads tombant pile-poil là où le devoir les appelle, ceux-ci confectionnent en effet certains des moments les plus mémorables de l’album. Sur « Ket Ys » (chanté en Français), ils nous emmènent sprinter ventre-à-terre dans les virages, avant de lâcher, à 2:44, un de ces solos d’anthologie qui met un sourire carnassier aux lèvres. Sur l’épopée « Tigers of the Seven Seas », ceux-ci s’en vont ratisser avec bonheur les terres de Steve Harris (chrono à 5:22). Citons encore ce break imperfectible lors duquel, à 3:42, ils remettent « Danse Macabre » en orbite à l’occasion d’un duo de guitares déchainant un merveilleux essaim mélodique et victorieux.

 

Ce panégyrique est une fois de plus – c’est une habitude ici – bien long. On pourrait encore vous balancer du détail croustillant par cartons entiers, mais vous avez compris de-quoi-ça-s’agit (comme dit l’homme-sandwich de LCL): Hexecutor est un secret armoricain certes encore bien gardé, mais qui ne devrait plus le rester longtemps. Alors s’il vous prend des envies de vous faire ramoner les conduits à l’ancienne, avec option bracelets cloutés et mélodies brûlantes, vous savez ce qu’il vous reste à faire!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: Thrash’n’Speed grimaçant, guitares luxuriantes et véloces, cuir, cris perçants de chauve-souris beumeuh, mélodies fières et maléfices médiévaux, Flying V et concours de vestes à patches… Bienvenue dans l’univers caricatural mais ô combien séduisant d’Hexecutor!

 

photo de Cglaume
le 13/01/2021

7 COMMENTAIRES

Seisachtheion

Seisachtheion le 13/01/2021 à 14:30:42

Gouleyant

Xuaterc

Xuaterc le 13/01/2021 à 20:15:28

Pour ma part, je les avais trouvés fatigants sur le longueur en live à Bordeaux

Swit

Swit le 14/01/2021 à 08:55:24

La caricature est ici du coté du Hellfesteur et de sa lecture en surface de la musique d'Hexecutor...  il est probable que l'épaisseur de la banane en peluche ait empêché de voir et d'entendre correctement ! Si le "panégyrique" est bien long, c'est aussi parce qu'il y a quelques comparaisons peu utiles... à moins d'y lire quelques traits d'humour, ce qui ne fait pas de mal non plus. On se rejoint globalement sur la qualité musicale de l'album.

el gep

el gep le 14/01/2021 à 10:43:11

Pas besoin d'être un Hellfesteur ou même d'écouter une seule note de musique pour sentir la caricature ou la pantomine ou l'hommage très très appuyé arriver, mais bon... Perso j'en ai vraiment rien à carrer, par contre j'ai appris un mot, merci Lapin.

cglaume

cglaume le 14/01/2021 à 12:57:31

Rien que les pseudos des musiciens parlent d'eux-mêmes. Mais si le ton de la chronique peu sembler par endroits mordant, c'est surtout une grande sympathie - de la tendresse même, allez - que j'éprouve pour le groupe. :)

Seisachtheion

Seisachtheion le 14/01/2021 à 13:49:41

Tkt lapinou ! Perso, je n'y vois que de l'amour dans ta kro :D

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 16/01/2021 à 14:45:51

Ce genre de combo est amusant à 2/3 minutes max par morceau. A  plus de 6, c'est imbuvable.

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