Human Impact - Self-Titled

Chronique CD album (43:22)

chronique Human Impact - Self-Titled

Quand Chris Spencer annonce sur son compte Facebook   - Je ne jouerai plus au sein d’Unsane. Je suis super fier de ce que nous avons accompli, mais j’ai besoin d’aller de l’avant. Je préfère terminer l’aventure sur une bonne note plutôt que de rester esclave de quelque chose que j’ai toujours aimé -. On s'attend forcément à une suite, tant le bonhomme est coutumier du fait depuis le début des années 2000. Et à vrai dire, il n'a pas fallu attendre bien longtemps.

 

Du coup, difficile de passer sous silence, l'imposante carte de visite des protagonistes et forcément difficile d'éviter les comparaisons. Et Ipecac recordings qui publie l'opus, ne s'y trompe pas « Human Impact’s first recordings are a dark mirror held up to the band’s collective pre-history – the sound and story of Unsane, Swans, Cop Shoot Cop, and New York City itself. »

 

Parce que New-York, Putain ! New-York à tous les étages, à tous les égouts, à tous les âges, et pour tous les goûts, New-York, Alice Donut, Battles, Cro-Mags, De La Soul, Interpol, Kiss, Prong, Public Enemy, Sonic Youth, Type-O Negative, ... t'en veux ? J'en ai encore plein...

New-York City, la ville qui ne dort jamais, grande comme la Belgique (en un morceau, je veux dire)... Putain New-York ! Et Human Impact a le même effet carte postale pour qui n' y a jamais mis les pieds. Terre des fantasmes, où tour à tour, tu es flic (forcément) revenu de tout, super-héros dépressif, Rocker camé jusqu'à l'os, héros maudit où l'amour est sans espoir autant que le plaisir de la chair dévore... ça s'appelle « E605 », et ça dure un peu plus de 5 minutes !

 

Le diptyque « Causes » - « Consequences » reprend les codes de tout ce que l'on apprécie dans le registre – réservé aux amateurs éclairés -. En deux titres, les codes industriels « à l'américaine » sont revus avec une étonnante fraîcheur presque pop. Le mot est lâché, du bout du clavier, mais oui, ce qui rend cet album particulièrement bandant, c'est son étonnante accessibilité. Et de replonger dans les aspérités des Swans, s'écorcher les genoux dans les ruptures de rythmes de Cop Shoot Cop, et saigner abondamment avec Unsane... Le contraste est fameux, le plaisir multiplié, tant tout ici est maîtrisé, dominant. Cette basse ! Sur 2 notes suspendues ou dans un groove serpentant, musclée ou vénéneuse, elle est le squelette (en partie)... la batterie furieuse, lourde, ou répétitive n'en est que la parfaite moitié. On apprécie d'autant plus les multiples agencements Electro discrets et essentiels. Le tout au service du riff toujours aiguisé d'un Spencer bien inspiré.

 

« Protester » est assez représentatif du passé glorieux de ses géniteurs ; de Cop Shoot Cop, principalement. Il en sera de même sur l'ensemble de l'album. Pour les orphelins de l'indispensable Release, le plaisir est consommé. Bien sûr, la fougue d'un Chris Spencer est toujours présente de manière plus mesurée que chez Unsane. D'autant que son chant clair le rapproche étonnement d'un Marilyn Manson. Et ça convient à merveille. Lorsque « Respirator » arrive, on plonge à nouveau dans New-York, celui de John Carpenter, celui de 1997. Ce disque doit être reçue comme une bande-son. « It's sound is cinematic post-industrial filth rock, a dozen run down subway stops away from recognizable civilization, as futuristic as it is grounded in its sordid heritage. » Et c'est bien de cela qu'il s'agit. Greta a trouvé ses pères.

photo de Eric D-Toorop
le 11/03/2020

2 COMMENTAIRES

pidji

pidji le 11/03/2020 à 08:38:54

Excellent album !!! Spencer au top

gulo gulo

gulo gulo le 13/03/2020 à 10:50:00

Le chant de Spencer sonne tout de même surtout comme un biopic de Tod Ashley. Ce disque, c'est quand même 10% du Unsane, et 90% du C$C, en une jolie synthèse de toute leur carrière à peu près (on pense d'abord Release quand on pense mélodique, mais ils l'ont toujours été plus ou moins, à par au tout début).

Un album ultra cinématographique, en effet.

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