Hyrgal - (unnamed album)

Chronique CD album (37:56)

chronique Hyrgal - (unnamed album)

Le groupe azuréen Hyrgal nous revient depuis la fin mai avec son troisième album, « un album qu’on ne nomme pas », à en croire son label Les Acteurs de l’Ombre

 

… Voilà un choix bien intrigant qui ne va pas sans susciter à la fois curiosité et interrogations, moi qui garde à l’esprit son premier long-format Serpentine (2018) de très belle facture (qui a fait jaillir à son issue sa meilleure composition à ce jour : "Etrusca disciplina"), mais aussi sa sortie bien moins probante intitulée Fin de Règne (2020), dont le mix final et l’insertion des lignes de chant m’avaient quelque peu déçu. Car forte alors était l’attente !

 

Ces deux plaques faisaient suite à la recréation d’Hyrgal en 2016 après que Clément Flandrois s’est consacré à plein temps à Svart Crown durant six années. La constitution du line-up n’a depuis pas été de tout repos, puisque des deux derniers renforts, Nicolas Muller à la batterie et Alexis Chiambretto (Deveikuth) à la basse, il ne reste plus que ce dernier. L’année dernière, Rémi Serafino, qui intervient également derrière les fûts sur le tout dernier EP de Svart Crown, Les terres brûlées et le gratteux Mathias Nagy (Havor), sont venus compléter la formation. Cette double intégration est réussie, d’autant plus réussie d’ailleurs que Mathias contribue au chant et de manière bien plus convaincante cette fois-ci grâce à une prod' soignée ("Légende noire", "La foudre puis la nuit", "Fureur Funeste").

 

En fait, les tièdes souvenirs de Fin de Règne s’estompent d'emblée, dès les premiers souffles incandescents de "Diablerie". Cet album sans nom s’avère particulièrement prenant et tourmenté ; il nous étouffe dans une fournaise ardente durant ses 37 minutes. Je n’avais pas apposé mes conduits sur une hargne aussi venimeuse depuis l’écoute du dernier Vortex Of End… Aucun de ces 7 segments occultes ne vient en effet refroidir cet étang de fiel et de feu. Pas même le mid-tempo des premières minutes de "Vermines" qui m’ont fait de suite ressurgir le plaisir sans cesse renouvelé de l’écoute de l’un des morceaux-phare d’Hyrgal, "Césure", extrait d’un split de 2018. Si Renaud avait fait du Black Metal, si cet artiste habité avait injecté dans la musique extrême le venin dysthymique qu’il mettait dans ses paroles, dans ses veines et dans ses verres, et bien alors… ça donnerait ce "Césure".

 

La seconde moitié de l’album ne faiblit et nous déploie toujours ce chaos maitrisé et primordial, avant-courrier de la mort. Comme si chaque piste avait sa place désignée dans toute bonne playlist des réprouvés, avec "Fureur Funeste" en tête-de-gondole maudite ! L’outro "Au Gouffre", quant à elle, achève de nous asphyxier, là où de nombreux groupes de Black Metal choisissent des compositions éthérées, parfois instrumentales. Rien d’aérien ici ! Juste une atmosphère poisseuse et mortifère défendue jusqu’au dernier souffle.

 

En fait, le mieux serait peut-être de laisser simplement les derniers mots de cette chronique au groupe lui-même : « Ce nouvel album lève le voile sur nos réelles convictions et notre allégeance à l’opposition du monde de la lumière. L’homme d’aujourd'hui se meurt dans la fange et nous avons choisi d’emprunter d'autres chemins pour rejoindre le royaume des morts ; ceux de la colère, de la libération et de la vérité. »

 

Ainsi cette offrande fielleuse dont-on-ne-peut-prononcer-le-nom est une mise au point.

Une p****n de mise au point…

photo de Seisachtheion
le 17/06/2022

1 COMMENTAIRE

Xuaterc

Xuaterc le 20/06/2022 à 10:13:27

Quel plaisir de retrouver le groupe au top de son Art

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