Ikarass - Relapse into Desolation

Chronique CD album (47:18)

chronique Ikarass - Relapse into Desolation

Quelle claque. Mais quelle claque. Ce genre de torgnolle qui te fait du bien, te réveille et te remet d'aplomb. Le corps autant que l'esprit. Je commençais à m'encrouter dans ce mois de juillet sans saveur ; sans n'avoir trop rien à se mettre sous la dent. Ou plutôt dans l'oreille. Jusqu'à ce que je ne tombe sur Ikarass. Inconnus au bataillon, les basques espagnols sont pourtant formés depuis 2013 et attaquent directement avec un album complet, sans même passer par la case EP. Vu le rendu final, il peuvent se le permettre. C'est monstrueux, dans tous les sens du terme. Ça défonce tout sur son passage en prenant une forme hybride : on a ici la technicité et la lourdeur de Cult of Luna (oui oui), la morosité aérienne de Red Sparrows (période Every Red Heart Shines Toward The Sun) et l'esprit crasse de Cult of Occult. Comment voulez vous que cela ne me plaise pas?

Analyse.

 

Le ton est donné dès les premières notes de 'Guided by Greed'. Atmosphérique. Enigmatique. Pesant. Le tout se retrouve joliment fracassé par une vague aussi puissante que surprenante. Un début de rythme binaire aurait pu éventuellement nous mettre la puce à l'oreille. Musicalement, on se rapproche d'Amen Ra. Les mêmes accords, chargés de plomb, en boucle, brisés par une triade (potassez vos cours de guitares, sinon pour les noobs, vous pouvez aller ). Le chant écorché à souhait est insaisissable, tant son champs d'action est large. Alors que la basse (ultra présente et c'est tant mieux!) nous tabasse la tronche, les guitares n'ont de cesse de nous envoyer sous terre ou dans les cieux à grand coup de riffs acérés ou d'arpèges réverbés.

Ikarass, dès cette première piste, nous démontre son talent : celui de nous emmener là où ils le souhaitent sans que j'avais l'on ne rechigne, ni même opposons une quelconque résistance. L'ensemble est d'une telle cohérence, d'une telle simplicité! Ça en devient magistral.

Les tensions et détentes subites, tout au long de l'album, sont amenées avec brio, à l'instar de 'Blood Heaven', qui au bout de deux minutes seulement nous a déjà cramé la cervelle.

La surprise est à chaque mesure. C'en est jouissif. Magistralement jouissif.

Si Ikarass sait parfaitement nous mettre des pains dans la tronche de manière inattendue, à l'inverse, ils savent aussi brutalement nous jeter dans le vide, comme sur 'Descend' ou encore ce passage de "Guided by greed" à l'écriture directement puisée dans les entrailles de Red Sparrows. Magistral je vous dit.

La production est plus que parfaite. Le rendu suffocant d'une musique suffoquée est... magistral. Ça suinte de tous bords d'une mélasse psychique pleine de doute, de peur, de rage et de bile.

 

S'il fallait émettre une critique, je pointerai une légère déception quant à la fin de l'album, qui pour le coup, aurait mérité un travail un peu plus élaboré. On se retrouve un tantinet sur le carreau avec simplement une guitare qui lâche un dernier accord et un fader un peu précipité. Aux vues de l'immense qualité qui précède, cela reste anecdotique.

 

 

Ikarass semble bien parti pour être une des plus belle découverte 2020. Rien n'est à jeter dans ce Relapse into desolation. Puisant ces ressources chez les plus grands, la bande espagnole réussit parfaitement à en faire la synthèse sans omettre l'apport personnel. Allez, je vous le dis une dernière fois : MAGISTRAL.

photo de Vincent Bouvier
le 14/09/2020

0 COMMENTAIRE

AJOUTER UN COMMENTAIRE

anonyme


évènements