Illt - Urhat

Chronique CD album (35 mn)

chronique Illt - Urhat

Le moins que l’on puisse dire est que le label norvégien culte Indie Recordings en a fait une tartine autour de la sortie de la première galette d’ILLT. Attention d’emblée à ne pas confondre avec le groupe de Black Metal russe du même nom, qui trouve là un concurrent homonymique bien encombrant. Il s’agit ici du projet du producteur et guitariste Roy Westad. J’ai bien galéré pour trouver quelques éléments sur le pedigree de ce compositeur de films, récompensé aux Emmy norvégiens en 2014. Des semaines, des mois donc qu’est annoncée la sortie de Urhat, fruit d’un travail de près de trois ans et en fait maturation de toute une vie musicale personnelle tournée vers la « musique extrême ». Alléchant à première vue, suffisamment en tout cas pour extraire cette proposition de la nuée de celles que notre ’zine reçoit.

 

Ce premier album est donc une authentique prise de risque, autant qu’un réel saut dans l’inconnu…

 

…À dire vrai, le bruit est d’abord venu de toutes les personnes de qualité qui entourent ce projet depuis son origine, à savoir LE Dirk Verbeuren (Megadeth) derrière les fûts, Bjorn “Speed” Strid (Soilwork) au chant, sans oublier la coopération à la lead des gratteux Karl Sanders (Nile) et Kjell “Mr. Damage” Karlsen (Chrome Division). Alléchant j’vous dis…

 

Il y a de quoi pourtant être et, à l’issue, demeurer pantois devant la description de la musique présente dans le presskit. On nous promet en effet « un mélange éclectique mais homogène » reposant sur un « blackened death/thrash/doom/rock groovy » ! « Brutal mais mélodique, moderne mais brut ». Ouch… Le résultat final est en fait loin d’être probant, en dépit du quatrième titre "Blood Of The Unbeliever" qui s’appuie sur la trame mélodique la plus expressive et signifiante de l’album. On a certes droit à nombre de passages féroces et « haineux », avec de puissants emballements rythmiques (furieuse entame de "Every Tree A Gallow"). Mais, à l’image du premier jet "Millennial Judas", je n’ai pu me départir d’un sentiment mitigé et tenace, celui d’être en face d’un travail manquant singulièrement d’aspérités et d’originalité. Du « déjà entendu » en résumé ("Scythian King"). Comme s'il s'agissait - et c'est un paradoxe étant donné la violence déployée - d'un copier-coller trop sage et respectueux des références portées par ce Roy Westad. Qui plus est, succincts et peu agiles, les soli ne sont vraiment pas transcendants ("The End Of ll Things"). Seule la volonté mémorielle défendue par IILT dans "Sons Of The Northern Lights", morceau écrit en hommage aux combattants norvégiens contre le nazisme lors de la bataille de Narvik d’avril 1940 (un avertissement contre toute tentation contemporaine dans son pays…), autorise de traiter cet opus avec davantage de bienveillance.

 

Mais bon, au total, le compte n’y est pas. Et il faut bien admettre qu’en dépit d’un travail de prod’ tout à fait soigné, impeccable même (à mettre au crédit de Kurt Ballou pour le mixage et d'Alan Douches pour le mastering), ces 6 titres pour une grosse demi-heure semblent un peu trop chiches pour dégager les lignes de forces de ce premier long-format, que l’on parcourt avec aisance certes, mais qui ne se dénotent pas par de réelles surfaces d’accroche, propices aux reviens-y.

 

La frustration (et non la déception, je n’attendais rien ici), voilà donc l’impression prégnante à l’issue des écoutes de ce Urhat.

photo de Seisachtheion
le 15/09/2021

5 COMMENTAIRES

cglaume

cglaume le 15/09/2021 à 13:53:43

C'est con mais je me méfie toujours des all star bands...

8oris

8oris le 15/09/2021 à 14:36:14

Pareil...

Pingouins

Pingouins le 15/09/2021 à 20:50:10

Dernièrement y'a quand même End qui a bien savaté, en mode all star. Mais sinon c'est vrai que c'est un exercice compliqué quand même. 

Freaks

Freaks le 16/09/2021 à 01:26:12

Si t'as pas Phil Anselmo dans le line up ce concept ne peut pas marcher :p

Freaks

Freaks le 16/09/2021 à 01:27:36

Et Kurt Ballou n'y changera rien, ou alors il prend une guitare 
 

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