Immolation - Acts Of God

Chronique CD album

chronique Immolation - Acts Of God

Après un balourd Kingdom of Conspiracy en 2013, les New-Yorkais d’Immolation étaient revenus quatre ans plus tard en grande pompe (funèbre). En effet, Atonement les montrait particulièrement vindicatifs et inspirés.

 

Avec ce nouvel album, il reste aujourd’hui à savoir si la paire d’origine constitué de Ross Dolan (basse mais surtout chant) et Robert Vigna (guitare) poursuit son inexorable odyssée Death Metal. Ou se prend les pieds dans le tapis.

Sans surprise, Paul Orofino et Zack Ohren restent aux manettes avec un son très proche de celui de 2017. La prise de risque est minimale mais fait demeurer Immolation dans un certain modernisme de bon aloi. Niveau emballage, Eliran Kantor remplace le fidèle Pär Olofsson qui avait signé les artworks de quatre albums de la horde dont le précédent. Responsable de la pochette du dernier Loudblast mais aussi du Infernus de Hate Eternal, d’Erebos de Venom Prison ou encore de Archangel de Soulfly, le talentueux Israélien et son style pictural s’adaptent parfaitement aux blasphèmes étalés par Dolan and Co.

 

Immolation a bâti son style en bousculant les principes traditionnels du Death classique. Le combo y a ajouté une dimension dissonante. Les riffs de Vigna s'aventurent, ainsi, en dehors des sentiers battus mais jamais trop loin pour éviter de se perdre dans la pampa du Death technique. Les harmoniques de guitare ne sortent pas trop de l'ordinaire du genre, oui. Mais leur utilisation par Robert est assez unique. En conséquence, Immolation a toujours été facilement reconnaissable.

Deuxième caractéristique : leur musique comporte toujours plusieurs couches de couennes empilées, mais elle laisse suffisamment d'espace pour ne pas nous noyer au milieu des breaks nombreux et du boulot ahurissant du batteur. Vous doutiez encore du niveau de cette brutasse de Steve Shalaty  ? Jetez votre oreille sur "Noose of Thorns" et mettez-la un peu en veilleuse, au niveau de la bouche. Inferno, de Behemoth, entre autres, retournera jouer avec ses crottes de nez en Pologne.

Troisième gimmick du combo : le chant du frontman. Sans jamais être hurlé, il est le symbole de la menace absolue. Le chant Death comme on peut se le représenter et qui permet de qualifier le genre.

 

Acts Of God ne déroge pas à ces règles immuables depuis plus de trente ans et étale une ambiance particulièrement soignée malgré sa longueur.

Des morceaux tels que le terriblement groovy "The Age Of No Light", le reptilien "Shed The Light", le tortueux "Overtures of the Wicked" (raaah ce solo) ou le dominateur "Derelict of Spirit" font demeurer les Ricains parmi les plus grands prédateurs de leur espèce. Dolan, au sommet de son style, nous colle, ainsi, de vrais frissons sur le refrain de ce dernier morceau.

"Broken Prey" étale aussi un riffing de maboule et un crescendo tétanisant.

"When Halos Burn" montre également qu'Immolation est toujours okay pour une grosse bagarre frontale et oldskull. Vous voulez aussi du break qui bute à gogo ? "The Age Of No Light" sera à votre service, le doigt sur la couture du treillis.

Alors oui l’album est long et ardu à se farcir d’une traite. Pourtant même en n’étant pas un fan hardcore du groupe, pour moi, il ne comporte que de menus défauts. Les instru "In The Flames Wept" et celle d’ouverture, "Abandoned", ne servent à rien. Comme toutes les intrus. Le moins passionnant" Immoral Stain" est en trop, également, étant donné le niveau de l'ensemble. 

 

Agressif, puissant (on dirait que ce mot a été inventé pour qualifier cet album), technique sans être pompeux, Acts of God est gavé de morcifs de barbaques sinistres et épiques.

Immolation domine, conquiert et il ne sert à rien de lui résister cette année.

photo de Crom-Cruach
le 02/03/2022

1 COMMENTAIRE

Seisachtheion

Seisachtheion le 02/03/2022 à 14:04:27

Pas pris un tel pied avec un album de DM depuis l'écoute du dernier Ulcerate !

AJOUTER UN COMMENTAIRE

anonyme


évènements