Irreversible - Ashes

Irreversible - "Ashes"
chronique Irreversible - Ashes

Imaginez Nine inch Nails qui s’essaye à planter ses guitares et ses sons dans une rivière de boue sonore, un magma dont on ne devine ni l’amont, ni l’aval. On a connu ça dans le temps, et ça s’appelait Godflesh - mené par le sémillant Justin Broadrick. Le trio d’Atlanta nous refait le coup pour son quatrième album, et les gaillards se débrouillent plutôt bien.

 

Issu d’une scène alternative apparemment aussi florissante qu’incestueuse,  Irreversible avance dans son coin depuis le milieu des années 2000. En fouillant leur Bandcamp, on devine un groupe concerné, à la recherche du titre le plus massif et expérimental que possible. On devine aussi  une certaine volonté à explorer un univers cinématographique.  Les titres sont assez longs, construits sur des progressions avec des thèmes. Parfait pour habiller des images pour le prochain David Lynch par exemple.

 

Ashes repose sur un 4 titres qui forme un bloc uniforme. À l’instar de ce que peut faire [P.U.T] chez nous, on rencontre Irreversible dans un choc sourd et nous sommes happés dans leur sillage sans sortie possible.  « Prime » qui ouvre les hostilités est une belle pièce d’orfèvre construite sur une progression lancinante, le groupe prend le temps de bien mettre en place les éléments et on assiste à la construction, les pieds se dérobent. Ça doit réellement prendre toute son amplitude en live comme souvent dans ce genre d’entreprise.

 

« No pure Conception » enfonce le clou rouillé dans la case indus, l’ombre de Broadrick est plus présente que jamais. On goûte au plaisir malsain. Riff efficace, sons glaçants à la hauteur du propos. « The Egregore » envoi le trio dans un registre plus « true Metal »,  une influence sous-jacente qui s’étale le long de ces 8 minutes et 42 secondes. Malgré tout pas l’ombre de Guitar Hero dans ce titre (ou les autres), on ne fait que s’enfoncer  ( !) dans leur boue métallique.

Irreversible propose des choses intéressantes dans le registre, cette formule machine-organique est bien huilée est bien dosée. Çà et là des riffs impriment une vraie personnalité pour le combo. En témoigne, cette sortie façon The Cure (!) pour "Ashes".

Franchement à suivre…

photo de Eric D-Toorop
le 02/07/2012

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