Iwrestledabearonce - Late For Nothing

Chronique CD album (37:52)

chronique Iwrestledabearonce - Late For Nothing

Troisième round déjà opposant les hurluberlus américains de Iwrestledabearonce à Winnie le grizzly. Et les combattants en sont toujours au même point. Il faut dire que la technique de nos lutteurs en peluche, si elle est maintenant bien rodée, n’a pas changé d’un iota depuis le début du match: tout d’abord déstabiliser l’animal en usant d'approches rythmiques décalées et d'accès d’épilepsie guitaristique qui chatouillent les nerfs. Le plantigrade est alors suffisamment surpris pour qu’il soit possible de passer à l’attaque frontale avec *BLAM* des assauts chaotico-revêches dans sa face et *VRÂÂÂH* des mosh parts grassement sismiques qui fauchent les pattes au ras des talons. Ah ça, le mélange mathcore/deathcore/djent, ça permet de vendre quasi-à coup sûr la peau de l’ours, sans trop attendre ni risquer de rentrer bredouille. Sauf que le Teddy est coriace, et qu’il se relève le bougre – maman le miel fait des merveilles, j’en rajouterai dans mes épinards désormais! Mais là encore, les américains ont la parade: une caresse pop sucrée derrière l’oreille, un peu de synthé à la fraise, une blagounette nawak, et quand l'animal baisse enfin la garde, hop, coup de genou in da ballz… KO facile.

 

Bon alors quoi, rien de nouveau ni de boulversant sur Late For Nothing? Malgré le remplacement de Krysta par Courtney? Malgré le coucou de Mr Steve Vai sur « Carnage Asada »?

 

Rien de nouveau stylistiquement parlant, ça non. M’enfin auraient-ils changé la déco' qu’on leur en aurait voulu. Rien de nouveau vocalement parlant non plus, Courtney évoluant carrément tout pile-poil dans le même registre tantôt « Barbie pop rock », tantôt growl-core un peu criard. Rien de révolutionnaire dans l’intervention de Stevie, bien que celle-ci soit franchement juteuse, et l’occasion rêvée d’un interlude Arrib’-arriba latino. Rien de nouveau, c'est vrai, dans le choix de l’artwork, toujours aussi kitch et discutable, le groupe semblant se complaire volontairement dans une esthétique qui pique les yeux. M’enfin cette absence de vraie nouveauté marquante ne veut pas dire qu’on ne sent rien lors de cette 3e partie de papattes en l’air.

 

C’est vrai qu’au terme de la 1ere écoute de la chose, on se dit « Mouaif, ça tourne un peu en rond tout ça… », la faute à une recette très typée et appliquée systématiquement, ainsi qu’à des mélodies poppy un peu trop similaires les unes aux autres. Puis les écoutes répétées révèlent progressivement de vrais petits tubes, et ce dès « Thunder Chucky », fort de sa « mosh part aérienne » où se mêlent BEU-ÂRH et douceur féminine, et de son break nawak retro-youpi-électro-pop. Le niveau reste tout aussi élevé sur les morceaux qui suivent, l’intérêt restant maintenu (entre autre) grâce 1) à la durée relativement réduite des pistes 2) au jeu des contrastes entre baffes et léchouilles sucrées 3) à l’accroche des mélodies 4) à quelques piments habilement disséminés ci-et-là – un peu de nawak sur « Letters To Stallone », un début modern-tech-death pour « Snake Charmer », une bonne petite accélération punky pour « Boat Paddle ».

 

Bon, je n’essaierai pas pour autant de vous faire croire que c’est tout le temps la fête au village, vu qu’on décroche sur un « Mind The Gap » trop émo-langoureux, ou encore sur « Firebees » et « The Map » – qui sont à la fois trop peu focalisés et trop « déjà vu ». Il n’en reste pas moins que « That’s a Horse… » est un vrai petit tube dont l’impact doit beaucoup à sa colonne vertébrale rythmique à la mode « trampoline djent », ainsi qu’à un superbe décollage on-accroche-les-ceintures à la moitié du morceau. De même « I’d Buy That For a Dollar », malgré son entame poil-à-gratter, offre le type de montée en puissance label rouge (à 0:38) que tout métalleux normalement constitué n’a de cesse de chercher lors de ses croisades discographiques. Même le générique de fin a été choisi avec soin, « It Don’t Make Me No Nevermind » recélant ce qu’il faut d’ampleur, d’accroche et de gravité pour nous laisser rassasiés, contentés, au pied d’un nounours définitivement KO.

 

Avec Late For Nothing, les fans des montreurs d’ours américains n’auront donc pas à se forcer pour arborer un beau sourire: l’album propose exactement ce que ceux-ci attendent, packagé en 12 nouveaux morceaux carrément bien foutus – pour ne pas dire drôlement tubesques pour certains d’entre eux. Pour les autres, l’investissement initial reste aussi élevé que sur les efforts précédents: pour rentrer dans cette musique, il faut apprécier autant Gwen Stefani que The Dillinger Escape Plan, Psyopus ou Mr Bungle, et ne pas être trop à cheval sur le respect des canons (visuels, entre autres) de l’orthodoxie metal. Bref, les ours mal laissés, léchez tomber (!).

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: pour la 3e fois de suite, Iwrestledabearonce nous ressort son gloubi-boulga mathcore / pop / deathcore rehaussé de délires nawak et de visuels aussi metal et de bon goût que Drucker est punk tendance piercing dans le sourcil. Mais pas d’essoufflement, non, le groupe réussissant à renouveler son stock de titres via quelques belles petites pépites nouvelles.

photo de Cglaume
le 22/10/2013

3 COMMENTAIRES

pidji

pidji le 22/10/2013 à 14:11:40

C'est pas la première fois que tu en parles, mais je sais pas pourquoi, ça me donne pas bcp envie ce melting pot, ça me fait un peu peur j'avoue

Eric D-Toorop

Eric D-Toorop le 22/10/2013 à 14:37:51

t'as sérieusement trouvé de quoi faire un 8 pour ta côte... avoue, tu craques pour son minois hin chenapan !

cglaume

cglaume le 22/10/2013 à 14:47:44

C'est simple: quand je finis l'écoute d'un album avec le museau humide et la queue qui frétille, que j'ai repéré de nombreux passages mortels et que des mélodies me trottent dans la tête longtemps après l'écoute, je ne peux pas foutre une mauvaise note. D'autant plus quand le groupe a une personnalité bien trempée, et qu'il ne se prend pas au sérieux - à la mode nawak ! :) Bref: j'ai aimé l'album et puis c'est marre !! :)))

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