Labasheeda - Changing lights

Chronique Vinyle 12" (54:36)

chronique Labasheeda - Changing lights

Labasheeda est une petite bourgade située en Irlande, une terre reculée où l'homme ne semble pas avoir prise sur l'environnement. Typiquement ce genre d'endroit qui propose un havre de paix au premier abord jusque quand l'étrange quiétude pesante nous fait sentir que nous ne sommes pas bien là. Une vie sans possibles bien qu'offerte mais dérangeante.
Le trio batave qui en tire son nom, semble en tirer tous les enseignements. En 10 ans de carrière et une demi-douzaine d'albums, Labasheeda semble garder son appétit intact.

 

Changing lights est troublant a plus d'un titre, si la première écoute nous conduit sur un chemin balisé par le rock 90's ; les sessions répétées apportent leur lot d'accrocs et d'interrogations. D'abord parce qu'il ressemble à un premier album, une carte de visite, avec ses accents toniques que l'on retiens et quelques scories que l'on met sur le compte de l'engouement. Autant l'artwork est léché et plein de promesses, autant les 12 titres accusent des signes de souffrance et de résignation tout en gardant une belle harmonie.

C'est tellement rare qu'un groupe ose afficher ses faiblesses que cela en est que plus intriguant. Et puis, leur rock 90's marche bien sur l'heure de musique annoncée, même si les puristes trouveront quelque chose à redire.

 

L'entreprise des hollandais est honnête, foncièrement honnête. C'est alors qu'il faut aller rechercher dans le grenier les premiers disques de Cat Power, Shannon Wright et plus encore les méconnus 12 Rounds et leur mal-en-place saisissant Jitter Juice de 1996. Labasheeda fait partie de ses artistes pudiques qui parviennent à sublimer les fêlures dans leurs approches musicales.

 

Saskia, la maîtresse de maison, assume un triptyque voix/guitare/violon qui s'amuse de nos sens. Là où l'on perçoit une force vive, c'est une mélodie décharnée qui nous empoigne. Cette façon faire conditionne l'album et ses camarades de jeu qui entre plans rock revus et une touchante maladresse, pose un bloc inamovible. Tant d'éléments qui rendent l'écoute de ce disque, passionnante.

- Intelligent but not emotionless angular rock music- , comme ils disent...

photo de Eric D-Toorop
le 07/11/2015

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