Lonely Walk - V.I.H.S

Chronique Vinyle 12" (39:27)

chronique Lonely Walk - V.I.H.S

Cela arrive au moins une fois dans une vie de raconteur de disques. Tomber sur la plaque qui vous émoustille dès les premières 14 secondes, avant de vous faire sombrer dans une dépit profond dès la deuxième écoute ; mais qu'est-ce qui s'est passé pour que vous succombiez à un tel ramassis de clichés ; Midinette va ! Et enfin vous ressaisir pour goûter à la substantifique moelle de l'objet sonore qui s'offre à vous encore et encore...

Nous voilà donc en possession d'un disque de tous les états, on commence par la première sensation.

Tout démarre par un message laconique laissé négligemment sur le blog J'irais cracher du Nuoc-Mam sur vos tripes ; l'incarnation médiatique de Lelo J Batista itself ; soit : - L'heure est venue de payer, je veux dire TECHNIQUEMENT (LJB, 5 mars 2013). Un lien nous redirigeant vers la page bc du groupe. Là, on découvre le premier titre « new shit » en mode sous-mix de Jesus and Marychain (pléonasme) avec un aplomb propre à un gamin de 15 ans qui-se-la-joue Zlatan à tous les entraînements, prétentieux et bien à l'aise. Ouais, ça donne envie d'aller plus loin. C'est parti pour un tour de zappe accrocheur. Premier point remarquable pour ce disque.
 

Bien sûr, nous sommes embarqués par le visuel cinglant et définitif qui accompagne la sortie. Un choix esthétique d'une simplicité effarante, et pourtant si accrocheur. La pochette carton de la plaque en cire qui suit la publication numérique, renforce encore cette impression. Serait-ce le genre d'album que l'on achète que pour la pochette ? Ou le choix du titre ?

À l'entame de la deuxième écoute, on est déçu par tant de références, de poncifs – une arnaque de plus- pourtant les « Feel Nothing », « V.I.H.S », « Talking to you », « We need a miracle » ont vraiment du corps, ça vous chatouille ou ça vous grattouille. Après tout, tu avais 15 ans en 1988 et si les réseaux sociaux étaient constitués de K7-compilations envoyées par la poste avec 3 timbres, tu surfais déjà sur la colle (pas seulement sur celle de l'oblitéré). Oui, ça chatouille. À la fin du round, on a pigé le topo. Une pochette de disque estampillée Viacom (ou Cannon pour les plus anciens), pour une réalisation à la John Carpenter. Genre, on a juste les moyens de nos idées, mais on les pousse à fond. Exemple flagrant sur cet « Halloween Sixteen » bancal et chevrotant, dopé, pour l'occasion, à l'EBM façon Front 242, c'est malin et ça marche. De pareils cas de figures sur l'intégralité des presque quarante minutes, du name-dropping à tout va, déposé en cache-sexe (forcément) d'une personnalité peu marquée, ne serait-ce pas Damon Albarn qui chante « Talking to you » ? Voilà pour les mauvaises impressions.

 

Dans la plupart des cas, on en reste là, on clôture la chronique avec un mot d'esprit (on tente...) et basta. Pour V.I.H.S, ce n'est pas possible. On le réécoute cet album, sans se forcer et avec une sensation de plaisir qui s'installe. Le cérémonial qui accompagne la pose du vynil sur la platine renforce encore cette sensation un peu béate. Un autre signe marquant plus on le joue, plus on monte le son pour bien enfermer la pièce. On aimera les titres de Lonely Walk pour à peu près les mêmes raisons que l'on aime les morceaux d'A Place to Bury Strangers, par nostalgie d'une part, parce que c'est VRAIMENT bien foutu et d'autre part pour ceux qui n'ont pas l'âge d'être nostalgique, parce qu'il y a un vrai Climax général porteur d'Ailleurs. Ambiances Série Noire, Sci-FI et anticipation, voix caverneuses, basses vrombissantes, synthés lourds, guitares lumineuses. La Cape et L'Epée (pour les fans de Marvel).

Il pleut dans ce disque, c'est la nuit cicatrisée par les phares des voitures, les néons rouges, ça sent la clope, le froid et le sexe moite. Parfois, on les aime ces clichés.  

photo de Eric D-Toorop
le 08/06/2013

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