Maximum The Hormone - Yoshu Fukushu

Chronique CD album (60:00)

chronique Maximum The Hormone - Yoshu Fukushu

Il y a des groupes comme ça, rien qu’à évoquer leur nom, il vous vient un sourire gourmand au coin des lèvres, ainsi qu’une envie irrésistible d’aller faire le mariole dans une fosse pleine de vos semblables, à zébulonner comme un beau diable et tester en grandeur nature les pas répétés avec les copains du fan-club de Richard Gotainer. Parmi ces formations de joyeux lurons, sans trop chercher on aura instinctivement envie de citer Mindless Self Indulgence, Kontrust, Infectious Grooves… et Maximum The Hormone – forcément, sinon bonjour le hors sujet.

 

Découverts sur le tard – au Hellfest 2011, lors d’une prestation survoltée et ultra-convaincante –, les japonais s’étaient par la suite avérés tout aussi capables de manifester cette incroyable énergie festive sur CD – du moins sur Bu-ikikaesu, leur 4e (...si l’on en croit le site officiel du groupe, le 5e si on compte A.S.A. Crew) et avant-dernier album. Il était donc complètement inimaginable de louper ce nouveau rendez-vous discographique qu’est Yoshu Fukushu, histoire de voir si le joyeux mélange de punk insouciant, de fusion jumpy, de neo metal coreux et de folie jap’-pop était toujours d’actualité, et si oui, s’il était toujours aussi pétillant – vu que le petit dernier date quand même d’il y a 6 ans.

 

Bilan des courses: ce nouvel album est le parfait siamois du Bubu-ikiki précédent. On y retrouve en effet cette alliance improbable mais hyper fertile de grosses bœuteries bourrines et de refrains lorgnant tantôt vers le punk rock californien, tantôt vers les univers manga à petites culottes – cet usage gagnant et immodéré de l’oxymore musical n’étant pas sans rappeler les pitres de Iwrestledabearonce. On retrouve également cette sympathique débauche de chants variés où se croisent beuargh limite death, polissonneries de poupée nippone, coreries apoplectiques et chant clair pop/rock. On retrouve enfin cette folie légère, cette basse bondissante, ces mosh parts qui moulinent au ras de l'humus, cette attitude effrontée, insouciante et toujours au taquet. Et on se retrouve cette fois encore avec une grosse collection de titres terriblement accrocheurs d’où – par contre – pas un seul morceau ne ressort vraiment comme LE tube incontestable de l’album.

 

N'empêche que malgré l’absence d’un « titre porte-étendard » clairement identifié, malgré une certaine homogénéité (...qualitative, et de haut niveau!), une certaine constance artistique et une durée d’album conséquente (une bonne heure!), la lassitude ne vient jamais s’inviter à la fête – ceci bien que l’effet "pochette surprise" de la découverte initiale ne soit plus là pour nous blinder les yeux de paillettes. C’est que, tout en conservant des fondations faites de la joyeuse vélocité du punk-rock, du sucre de la pop asiatique et de l’abrasivité et de l’assise rythmique des musiques en -core, les titres ici proposés offrent suffisamment d’éléments distinctifs pour qu’on ne finisse pas avec l’estomac plombé. Tiens, prenez « A.L.I.E.N. » par exemple: son truc à lui c’est la schizophrénie stylistique, avec un début violent et noisy qui flirterait presque avec le grindcore parfois (oui, bon…), plus quelques growls limite goregrind, puis à la fin une grosse couche de chamallow pop pleine de clap!-clap!. Prenez « Mesubuta No Ketsu Ni Binta » maintenant: là on est en plein vieil Offrspring old school et speedé. Sur « Unbelievable », on fait un détour chez les Red Hot Chili Pepper, alors qu’avec « Chu 2 The Beam » on se retrouve en plein thrashcore punky. Et la fin de l’album de nous bichonner avec un titre en forme de carte d’identité (« Maximum The Hormone ») qui promet de créer l’effervescence en concert, suivi d'un « Koi No Sperm » calibré pour plaire au plus grand nombre grâce à une approche easy électro-punk rock mélodique qui aurait presque pu être l'œuvre de Mindless Self Indulgence, si celui-ci avait été plus bridé.

 

Le bilan? Elémentaire mon cher Watson: si Bu-ikikaesu vous avait fait d’agréables picotis dans la moelle épinière, avec Yoshu Fukushu vous allez en reprendre pour une heure, garanti sur contrat. En plus le packaging est juste monstrueux, l’album étant fourni – du moins dans l'édition présentement entre mes petites pattes velues – avec un manga fait sur mesure pour le groupe (...celui-ci contenant moultes conneries, du cul suggéré mais néanmoins cru... le tout en japonais, snif!). Certes, pas de grand bouleversement en vue, mais quand on a autant de bouteille que nos amis et que la formule est aussi bonne, pourquoi ne pas continuer à faire sa soupe dans le vieux pot, vu qu’on a l’ivresse et le cul de la crémière? Label qualité lapin jaune obtenu haut la main par la centrale nawakléaire de Yoshu Fukushu-ima. Vous êtes prévenus!

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: sur Yoshu Fukushu, on reprend les mêmes et on recommence. Punk rock joyeux, nawak coreries moshisantes, fusion neo-bondissante, refrains mangaccrocheurs, tout y est. Grosse fiesta et sushis à volonté!

photo de Cglaume
le 10/12/2013

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