Molotov Solution - Insurrection

Molotov Solution - "Insurrection"
chronique Molotov Solution - Insurrection

Il y a des coïncidences assez amusantes parfois, c’est à se demander si c’est du hasard ou du calcul marketing. Comme le 25 octobre dernier où les labels Victory Records et BlkHeart Group ont décidé de balancer en même temps leurs grosses sorties Deathcore - respectivement Carnifex (Until I Feel Nothing) et Molotov Solution (Insurrection). Ces deux labels ne sont bien sûr pas vraiment de poids équivalent, mais sur ce coup-là Victory devrait gentiment s’effacer pour laisser place au petit BlkHeart et son monstrueux Insurrection de Molotov Solution !

 

A mes yeux, Molotov Solution fait partie de la troisième vague de Deathcore : toute cette masse de groupes qui ont commencé à se faire connaitre aux alentours de 2008-2009 ; juste après que les Suicide Silence, Emmure et autre Whitechapel se soient bien implantés. C’est donc l’heure pour eux d’imposer leur présence avec ce troisième album ! Troisième album qui s’avère souvent assez déterminant, surtout dans un milieu aussi saturé que le Deathcore - il y a déjà les deux groupes précités qui, pour moi, se sont joyeusement ramassés récemment avec leur troisième sortie.

En premier lieu, il faut dire que cet opus bénéficie d’une production plus précise et puissante que le précédent, et c’est Will Putney qui en est responsable !

 

Et à mon sens, c’est un puissant tir de rocket en plein dans le mile que vient de réaliser là notre bande de Las Vegas ! Les deux coups précédents étaient assez bons, ils avaient rameuté pas mal de monde avec un style à la fois pachydermique et accrocheur, mais celui-là devrait mettre tout le monde sur la même longueur d’onde… Ils ont gardé la patte qu’on leur connaît, mais ils ont creusé un peu plus chaque aspect de leur musique aussi bien en terme d’atmosphère générale, qu’en terme de mélodies et de puissance. On garde les grandes lignes de The Harbinger, mais ce dernier paraissait parfois un peu mollasson dans les ralentissements, ici chaque riff trouve sa cible : que ce soit dans le groove pâteux, dans les lignes mélodiques post-apocalyptiques, et même dans le Tehno-Death presque nintendo… On a même la participation d’Adam Warren d’Oceano sur le troisième titre (« The Final Hour »), ça n’apporte pas grande chose à part le fait de pouvoir le dire…

 

Molotov Solution nous a donc concocté un album assez complet qui confirme complètement toutes les promesses que nous avait laissé The Harbinger. On a toujours cette vision chaotique d’une métropole ravagée par la radioactivité après une attaque nucléaire : des compos puissantes, toujours entre la masse destructrice des riffs sous-accordés qui collent aux semelles, et les mélodies presque épiques qui viennent flotter au-dessus de ce brouillard dense et impénétrable ! On ne tombe jamais dans la facilité des gros boulards qui balancent de la brutalité gratuitement, sans en avoir l’art et la manière. Molotov Solution met les petits plats dans les grands comme on dit ! Ça bourrine sévèrement mais à toutes les sauces, on oscille sans se poser de questions entre des mélodies tout à fait metalcore (« Sin & Sacrifice ») et des tapping/branlages de manche à la The Faceless (solo sur Conquer, « The Blood Of Tyrants »...). Certains passages paraissent très édulcorés en surface, mais passent en réalité comme du petit lait : le groupe ne perd jamais de vue sa ligne directrice qui est de maintenir une lourdeur titanesque en place, quoi qu’il arrive. J’ai d’ailleurs trouvé que cet Insurrection se rapprochait très souvent de ce qu’on pouvait ressentir avec le Day Of Mourning de Despised Icon.

 

Comme chez nos regrettés canadiens, on a la même vision d’une musique à la fois moderne et très urbaine. Pour ma part, c’est ce que j’aime ressentir dans le Deathcore : ses racines Hardcore qui sentent  bon le goudron ! Je ne saurais pas vraiment comment décrire ce sentiment assez général, mais le chanteur nous le fait très bien sentir à travers son phrasé. On a certains plans plus Hardcore que d’autres comme sur « Signals ». En tout cas, c’est cet aspect qui est en grande partie responsable du groove démentiel dégagé par les saccades des breakdowns.

 

Peut-être que Insurrection peut paraître un poil plus mélodique que les précédents, même si personnellement je dirais qu’il est plus accrocheur. On garde une très grande cohérence dans les structures des compos en gardant le schéma de "rythmiques ras-du-sol + mélodies flottantes". Sauf qu’on ne se fait pas chier à un seul moment, car le groupe parvient à résoudre l’équation avec une très grande diversité. Je n’ai eu aucun mal à rentrer dans cet album, plus je l’écoute et plus je me rends compte à quel point les mecs se sont vraiment creusés les méninges pour qu’on ait un album plein de rebondissements à chaque instant.

photo de Domain-of-death
le 13/12/2011

2 COMMENTAIRES

Dede

Dede le 13/12/2011 à 10:23:00

Excellent album !!

vkng jzz

vkng jzz le 14/12/2011 à 00:22:17

a part leur split avec War From A Harlot's Mouth j'ai été très déçu par tout ce qu'ils ont sortit depuis :s

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