Mr. Protector - pétrole

Chronique CD album (39:11)

chronique Mr. Protector - pétrole

 

Petite chronique tardive : Pétrole, le premier album de M. Protector est en effet sorti en février et traine donc honteusement sur mes étagères depuis neuf mois. Si je pars dans le registre de la honte, c’est parce qu’il est vraiment très très bon cet album d’autant plus qu’il est français, qu’il est produit par l’excellent label à tant rêver du roi, qu’il possède une très jolie pochette sérigraphiée avec paroles en insert et que le label a eu le très bon goût de nous envoyer l’objet tel quel en guise de promo, ce qui est de plus en plus rare.

 

Concernant la musique jouée par le trio, il s’agit d’un mélange foutraque de noise hardcore destructuré (think Keelhaul), de screamo bien à vif (think Daitro) et de punk hardcore bien rock and roll (think Breach). Après, ce mélange semble au final tout sauf opportuniste et ne souffre pas des incohérences qui pourraient facilement découler d’une palette d’influences aussi large. Grâce à certaines particularités, Mr. Protector jouit en effet d’une identité bien forgée et ce, d’entrée de jeu. Déjà le trio, pour ne pas déroger à cette mode régionale d’avoir des line up en décalage, se compose d’un batteur et de deux grattes… Pas de basse donc et, au final, le son de l’album n’en souffre pas tant que ça même si certains passages, parmi les plus lourds, mériteraient un peu du liant que seule une bonne grosse basse peut donner ; le reste du temps l’absence de cette dernière apporte finalement  un certain charme brut et direct au son du groupe. Du reste, le choix de textes partagés entre l’anglais l’allemand et le français, à l’écriture très particulière et à l’interprétation tout aussi singulière, finit d’appuyer l’originalité de Mr. Protector. Mais pour ce point, ce n’est pas parce que nos petites oreilles se mangent des choses nouvelles qu’elles l’apprécient inconditionnellement ; car le chant comme les textes constituent également la faiblesse de ce disque à mon avis. Enfin, quand ça gueule ça va, mais j’ai beaucoup de mal avec les voix parlées qui parsèment les différentes compos du groupe. Même chose avec les textes dont la poésie ne me touche pas trop… mais on n'est pas obligé de les lire (même si on ne peut s’empêcher de saisir quelques bribes de phrases au détour d’un phrasé mieux articulé qu’un autre). Après, le chant n’est pas non plus la pierre angulaire de la musique de Mr. Protector qui reste sacrément mortelle, et ce dans tous les registres présents sur le disque. Le mathrock burné de Was kann ich tun nous fait rentrer la tête la première dans le bain, les mélodies larmoyantes de Mathias et Guenièvre nous procurent quelques petits frissons, le punk furibard de Drôlesse nous refait méchamment taper du pied et, 5-3, le grand final nous donne clairement l’impression que l’on vient de s’enquiller un bon petit disque comme on aimerait en recevoir plus souvent. Promis, ce disque ne trainera plus neuf mois sur une étagère sans être ressorti de temps en temps entre un petit Fugazi et un bon gros Keelhaul.

photo de Swarm
le 30/11/2010

4 COMMENTAIRES

Pidji

Pidji le 30/11/2010 à 10:00:10

Agréablement surpris par ce disque, bien sympa à écouter de temps en temps en effet.

mat(taw)

mat(taw) le 30/11/2010 à 11:05:38

keelhaul, breach, daitro. Ok je veux écouter ce truc... tu m'as eu sam

Sam

Sam le 30/11/2010 à 16:01:55

nan, "tu m'as eu Swarm"... moi j'y suis pour rien, je connais pas ce truc, mais je viens aussi de me faire avoir :)

père queque

père queque le 19/12/2010 à 20:00:51

Merci Swarm pour cette chouette chronique. Un peu navré que ma poésie doucereuse ne t'aie pas toucher ;)
Il me reste à aller écouter daitro, connaissais pas.
Quentin.

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