Nine Inch Nails - Hesitation Marks

Nine Inch Nails - "Hesitation Marks"
chronique Nine Inch Nails - Hesitation Marks

Il y a des grands noms qui évoquent le respect, les Zappa, Vander, Zorn, Iommi, Schuldiner et compagnie, de part leur musicalité hors du commun, leur apport à leur genre respectif et leur virtuosité (en tant que technicien ou songwriter), et Trent Reznor en fait partie à mon sens. Une des figures musicale de premier ordre de notre époque "rock" moderne, enfin de retour avec le projet qui l'a fait entrer dans les annales après un silence discographique de 5 ans.
 

Nine Inch Nails est passé par différentes phases, entre ses débuts très marqué par l'indus et la cold wave, une suite plus métallique jusqu'à l'apogée sensuelle et mélodique qu'est The Fragile en 1999, Reznor n'a eu de cesse d'évoluer selon ses humeurs. Et si le chétif névrosé est devenu bodybuildeur accro aux nouveaux médias, pensez bien que sa musicalité à évolué elle aussi.
Du kitsch Pretty Hate Machine en 1989 au doublé résolument rock/pop que sont With Teeth et Year Zero au milieu des années 2000, on retrouve une identité propre au groupe évoluant naturellement avec son temps. La meilleure santé mentale et l'incartade de Reznor avec sa femme au sein d'How To Destroy Angels et avec Atticus Ross dans l'exercice de la bande originale vont donc également naturellement laisser des traces aux ongles de neuf pouces.
 
NIN propose avec Hesitation Marks un périple assumé dans l’électro-pop vaguement rock par moment, et surtout extrêmement déstabilisant. Si le parti-prit ne nous étonne pas suite au deux albums Ghost I-IV/The Slip très encrés dans des sonorités electro-indus modernes, il dénote du reste de la discographie du groupe par un côté acidulé et léger que même l'innocence du premier opus survolait à peine. Ce n'est pas tant dans les sons utilisés et les lignes de chants reconnaissables entre mille, mais dans la couleur globale de l'album que Reznor à fait évoluer sa musique. Ce discours musical me laisse assez pantois et j'avoue avoir du mal à comprendre la nouvelle dialectique sonore de NIN. Si les arrangements sont toujours d'une grande qualité et d'une finesse remarquable, un sentiment de fadeur se dégage des compositions.
La mayonnaise ne prend que sur 2/3 titres ("Copy of A", "Came Back Haunted", "All Time Low") et le reste me semble manquer cruellement d'assaisonnement, et sent parfois carrément le réchauffer ("Find My Way", "I Would For You", While I'm Still Here"). Et que dire de ces morceaux très pop qui vont bien plus loin que les titres qu'il propose dans HTDA: "Everything", "Running" ? On ne sait plus trop comment écouter ce disque, s'il s'inscrit naturellement dans l'évolution musicale du groupe ou s'il s'est égaré dans les méandres d'une electro popisante. Il n'est pourtant pas jusqu’au-boutiste, même s'il me parait totalement assumé par son auteur musicalement parlant, cet aspect en demie-teinte perturbe énormément son écoute et son appréciation.
 

Loin de ses démons d’antan, Reznor s'est un peu perdu, ou du moins, il n'a pas su à mon sens canaliser ses envies et ses émotions pour produire un album de Nine Inch Nails digne de ce nom. Alors qu'How To Destroy Angels est une belle réussite dans son genre, que les OST qu'il produit avec Ross sont très fines, ce Hesitation Marks est un peu grossier et vide de sens. Je n'étais déjà pas très emballé par Ghost I-IV et The Slip dans le cadre de Nine Inch Nails, alors ce nouvel opus ne trouve décidément pas grâce à mes oreilles. Pas foncièrement mauvais, ni totalement putassier, ce disque fait un peu l'effet d'un pétard mouillé... A ce NIN, je dis NON.

photo de Viking Jazz
le 23/09/2013

4 COMMENTAIRES

Eric D-Toorop

Eric D-Toorop le 23/09/2013 à 18:28:00

Après The Fragile, il aurait du sortir ses plaques sous son propre nom.
On a pigé où il veut aller (la construction mélodique) et pas mal de fans du NIN malsain vont se retrouver sur le carreau.
Belle qualité et belles "textures" dans cette plaque... mais dans le genre un cran en dessous du PVT qui sortait en début d'année.
Un coup de mou, Trent ?
(J'hésites entre 6 et 7)

Geoffrey Fatbastard

Geoffrey Fatbastard le 26/09/2013 à 01:13:05

au moins il ne fait pas de dubstep

pidji

pidji le 26/09/2013 à 08:28:08

Haha +1 Geoffrey

Jull

Jull le 29/09/2013 à 02:21:06

moi j'aime bien. ok c'est pas vraiment du NIN mais plutot une B.O qui aurait pour titre: Trent's Own Mind, mais musicalement c'est tres bon...

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