Ol'dirty - Get Fat

Ol'dirty - "Get Fat"
chronique Ol'dirty - Get Fat

« Tiens, écoute ça toi qui aimes Skindred! »

 

Je ne sais plus lequel de mes précieux informateurs m’a balancé ça en même temps que le nom des Ol’Dirty, mais que son nom soit mille fois béni au plus haut des cieux et que ses pieds soient oints des huiles les plus essentielles pour m’avoir refilé ce tuyau XXL. D’ailleurs comment se fait-il que j’aie pu passer à côté de cette pépite pépitesque? Crénom, Get Fat date de 2011, la pochette met en scène un frangin particulièrement vénère de Roberto Trujilo, les zigs sont toulonnais, les influences communes officiellement revendiquées sont Skindred, Mr Bungle et Meshuggah

 

Alors qu’est-ce qui cloche nom d’un p’tit knacki? C’t’un complot ourdi par les services secrets qui a conduit à ce que je passe à côté de cette fiesta discographique? Tu vas parler, raclure?

 

Mais cessons de ressasser et invitons les ceusses qui ont comme moi loupé le coche à sauter dans la piscine pleine de gros riffs, de gros groove et de grosse patate. Car Get Fat c’est 5 trop courts titres d’une Fusion sérieusement testostéronée rassemblant en son sein Rap Metal cagneux, Hardcore groovy, guitares ruisselantes de graisse, accents Ragga(-muffin ou pas) et fréquents craquages de slip lorgnant vers le Nawak le plus franc. Ça laboure façon gorille, ça balance du flow de grosse caillera (tantôt avec des ballz façon South Central nigga, tantôt avec la gouaille mauvaise d’un blanc-bec Eminemesque… Pas l’impression d’écouter des Frenchies pour le coup!), ça ondule du boule, et puis ça fout joyeusement le Bronx, le sourire méchamment figé en coin. Tu t’envoies ça dans le casque et t’as direct’ envie d’aller t’afficher avec des guns en plastique dans la décapotable de Big Benny histoire d’aller provoquer le gang du ghetto d’en face, avant de finir la journée sur la plage à faire des parties de Biatch V[i]olley.

 

Si si, j’vous jure. Pourtant ch’suis gentil-mignon à la base.

 

D’entrée, sur « Shugg Pt2 », on est choppé par le bermuda et collé de force sur le ring pendant une minute à se prendre des directs et des uppercuts qui semblant directement assénés par le petit frère psychopathe de Stuck Mojo. Puis… « Daddy? »: c’est le gros Rap Metal balancé d’accents Raggamuffin de « Lumberjack » qui s’invite dans la salle à manger. Les chaînes en or brillent, les pecs saillent, les guitares tressaillent dans le gras en n’évitant pas quelques tortillons plus osés – RATM doit aussi faire partie de l’équation. Et au moment où l’on commençait à croire que tout cela était peut-être un peu trop sérieux (‘z’avez vu le clip?), le groupe part dans un intermède hispano complètement – et excellemment – décalé. Arrib’ arriba!

 

Mais c’est qu’c’est bon dis!

 

« Crystal » continue de monter la barre un cran plus haut en misant tout sur le contraste Hip Hop Metal qui tape / Reggae qui tire sur le oinj’. Et comme les affreux jojos ne se prennent vraiment pas au sérieux, à 2:12, sans transition, c’est une tribu de Peaux Rouges qui débarque soudainement, laissant ensuite la place à un décollage plus épico-cinématographique. « The Big Cranck » continue en claquant de la basse et des beignes en mode tendu de la saccade. Le ton est le même, le niveau d’alerte reste bloqué dans le rouge, la seule petite fantaisie consistant à 2:20 en un passage Raggamuffin au débit légèrement revu à la hausse, façon Shabba Ranks sous speed. Et la fin de la bomba d’arriver trop vite sur un « 98.6 F » carrément plus Rock’n’Roll et festif. C’est qu’ici le –core des couplets baigne dans le jus d’Elvis, le refrain dans les doigts qui claquent et les Yeah-Yeah-Yeah gouailleurs, la fin de morceau dans le solo à santiags, et les bandanas dans la gomina. Quel beau dernier virage nom d’un chien: ça c’est ce que j’appelle de la Fusion!

 

Alors certes, le groupe n’a sorti que cet EP, et n’a plus fait parler de lui depuis… sous ce nom du moins. Car en fait l’aventure continue sous le nom de Ze Gran Zeft. On en recause bientôt.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: quand la Fusion mélange le plus « Sa mèèèère » des Rap Metal à l’allure combative du Hardcore et au plus coloré des Ragga Metal – sans oublier des éclaboussures Nawak récurrentes – cela donne un EP explosif et démentiellement jouissif. Get Fat, parce que le gras – dans l’humour, le groove, la cuisine – c’est la vie!

 

photo de Cglaume
le 13/08/2019

2 COMMENTAIRES

nipalvek

nipalvek le 17/08/2019 à 13:36:55

J'ai hâte de lire ta(tes) chronique(s) sur ze gran zeft ! Il poutre ce groupe!

cglaume

cglaume le 17/08/2019 à 18:22:43

Ça va viendre... Je suis en cours de craquage. Je vais me faire toute la disco je pense ;)

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