Oranssi Pazuzu - Värähtelijä

Chronique CD album (69:13)

chronique Oranssi Pazuzu - Värähtelijä

Vous êtes en plein cœur de la forêt finlandaise. De la neige vous arrive jusqu'au genou, mais vous êtes entièrement nu(e). « Careful With That Axe, Eugene » est joué à pleins tubes. Mais vous n'avez pas d'écouteurs. Ni même de baladeur. D'où vient alors cette musique qui va directement à votre cerveau? Soudain un bruit étrange vous fait sursauter entre les cris inhumains de Syd Barrett. Des trolls des bois! Des trucs pas câlins qu'ont toujours super faim. Mieux vaut courir si vous tenez à la vie. Qu'est-ce que c'est que ce truc? Où est-ce que vous êtes tombé? La poignée de champi que vous avez gobé il y a une heure ne doit pas être étrangère à tout ça.



Vous avez déjà vécu ce genre d'expérience ? Moi non plus, mais c'est à peu prêt ce que j'ai ressenti à l'écoute de Värähtelijä. En quatre albums, les finlandais d'Oranssi Pazuzu sont passés maîtres dans la composition d'un Black Metal fortement imprégné de psychédélisme. Chaque opus doit se vivre comme une expérience, une exploration hallucinée des domaines hors de la conscience humaine. Plus sombre que ses prédécesseurs,Värähtelijä est un trip en sept étapes, sept titres construits autours de peu de riffs, peu de mélodies, mais des rythmiques basse / batterie hypnotiques, souvent lourdes, répétitives, parfois tribales, proches du doom finlandais. Par dessus viennent se superposer les arrangements de claviers, parfois à la limite de l’avant-garde, et les lignes de guitares, chaotiques ou mélodiques. Le chant, peu présent et en finnois, n'est qu'un élément de mise en place des atmosphères, souvent en shrieks, dans une veine pagan, à la Moonsorrow. De par le fait, le style d'Oranssi Pazuzu se rapproche du sludge ou du stoner, et de leurs ambiances poisseuses et chargées en psychotropes. On peut même pousser le bouchon, et rapprocher leur démarche psychédélique des hautement barrés Guardian Alien.



L'album est construit comme une longue montée, avec une progression toute en lenteurs, pour atteindre son climax sur « Vasemman Käden Hierarkia », longue pièce de plus de 17 minutes. Le groupe aurait pu en rester là, mais il nous livre ensuite deux titres encore plus expérimentaux (si c’est possible), encore plus propices à l'introspection et la méditation. Pris dans le mauvais état d'esprit, cet album, tout comme le reste de la discographie du groupe, peut être perçu comme une longue litanie barbante d'une bande de hippies metalleux. Mais il serait dommage de s'arrêter là et de passer à côté de cette œuvre à l'intensité rare, suffocante et vénéneuse.



 


photo de Xuaterc
le 24/10/2016

6 COMMENTAIRES

pidji

pidji le 24/10/2016 à 09:36:36

J'avoue avoir bien apprécié ce disque, qui pourtant ne me semble pas destiné de prime abord ;)

Xuaterc

Xuaterc le 24/10/2016 à 12:42:46

Le chef se Jeffise...

winter

winter le 25/10/2016 à 12:54:16

Je préférais nettement le précédent, y voyant quelques longueurs. Mais ça reste du Oranssi Pazuzu.

Eric D-Toorop

Eric D-Toorop le 27/10/2016 à 15:52:55

tiens, tu me rends curieux pour Gardian Alien ... 3 fois que je lis ce nom cette semaine... j'y vais

Xuaterc

Xuaterc le 27/10/2016 à 20:48:58

Accroche toi bien à ton slip quand même...

R.Savary

R.Savary le 14/11/2016 à 00:47:23

Le précédent était mortel ! Des putains de riffs ! Plus concert que ce nouveau

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