Ossuaire - Le Troubadour Nécrophageophile

Ossuaire - "Le Troubadour Nécrophageophile"
chronique Ossuaire - Le Troubadour Nécrophageophile

Ce début 2016 est décidément l'équivalent en sorties de ce que sont les Bagger en industrie minière: à force de creuser, on va finir par tomber sur le dernier AqME qui valait le coup.

 

Concrètement: Candlemass que l'on pensait entrain de bouffer les pissenlits par les racines qui nous annonce la sortie d'un EP anniversaire, Psykup qui se lance dans une tournée anniversaire et la réédition de leur 1er album, et ici Ossuaire qui ne donne plus signe de vie depuis une demi-décénie ressort sa démo en tape et en Mini CD via le très prolifique Nihilistic Holocaust.

 

Les trompettes de la résurrection des albums bons et méconnu ont dû sonner, ou alors il faudrait fêter des non-anniversaires de groupes plus souvent.

 

Replongeons nous dans le contexte de cette démo: 2005, année qui est restée dans la mémoire de l'ado que j'étais à ce moment là surtout comme l'année des émeutes des banlieues françaises et de la disparition d'un des plus influent guitariste québécois de la scène Rock/Metal, a cependant été aussi une année plutôt prolifique en Death/Black plus ou moins underground: le sous estimé Gorespattered Suicide d'Avulsed, le pas mal du tout Poseidonis de Sa Meute, le Illegal Surgery de Psoriasis qui avait relativement fait parler de lui, le Call of the Undead de Demiurge qui joue aussi avec plus ou moins de succès dans le Death old school pour n'en citer que quelques uns.

 

La démo d'Ossuaire semblant être assez passée inaperçue à l'époque (au moins du côté des magasines musicaux que j'épluchais alors avec soin pendant les cours d'anglais -parce qu'à cet âge là on trouve les verbes irréguliers très chiants- putain vous me faites raconter ma vie là), penchons nous dessus pour voir si elle mérite aussi son statut de petit joyaux méconnu et de précurseur du revival Death en nos sombres contrées.

 

Ossuaire se présente comme proche des débuts de Bolt Thrower et Morbid Angel, ça se défend et on peut même ajouter une certaine influence d'Incantation notamment dans l'ambiance. La démo commence sur l'intro qui est une immersion en pleine crypte infestée de ghoules avec son tempo assez lent et linéaire, ponctuée d'incantations aussi bien au niveau du chant que des guitares qui hurlent comme autant d'âmes damnées. Vient ensuite le titre éponyme, vieux Death un peu poisseux et assez jouissif au chant à la Skinless qui ne nous laisse que quelques interludes de répit, ponctués de sampler qui feraient passer les catacombes pour le lieu idéal de votre pic nique familial du dimanche. "Le Fléau" ralenti la cadence avec une approche assez groovy sur fond de décomposition, parfait pour le spectacle de fin d'année de votre petit dernier (comment ça il apprend London Bridge Is Falling Down? C'est des conneries ça, apprenez lui Demonstrating My Style au moins!)

Entre les deux, "Necrofistum Prima Nocte" et "Trolla Infectum Phallus"  mélangent avec succès blast, ambiance délétère et sens du rythme. Le chant en français n'est pas gênant et offre même un certain cachet au tout, même si par moment inintelligible.

 

En fait, le principal défaut de ce Troubadour Nécrophageophile au milieu de pas mal de qualité (un son raisonnablement dégueu , une bonne maitrise technique, de bonnes ambiances) c'est d'arriver à bien articuler tous ces différents éléments ensemble: sans être spécialement bordélique, l'album manque un peu de liant et aussi de gras (mais c'est ici plus un goût personnel). 

 

Ossuaire au final proposait une bonne démo, précédant le sympa mais avec les mêmes défauts Mortes Fables sorti 5 ans plus tard.

 

Mais vous pouvez quand même y aller, après tout, tout est bon dans le cochon.

photo de Al Maazif
le 20/03/2016

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