Pagan Forest - Bogu

Chronique CD album

chronique Pagan Forest - Bogu

La Chronique des temps passés est la plus importante source concernant la mythologie slave.

Compilée au XIIème siècle, elle inclut la copie de documents plus anciens. Deux dieux, Péroun (dieu du tonnerre et de la guerre) et Vélès (dieux du bétail et de la prospérité), sont mentionnés dans le traité de paix signé au début du Xème siècle, entre l'empereur byzantin et les chefs païens des Slaves orientaux.

Il inclut Dajbog dieu du temps, des intempéries et de la durée, Stribog dieu du vent, Khors dieu du soleil, Simargl dieu-griffon du feu, de la nuit, de la lune, des récoltes et des plantes, et Mokoch déesse de la fécondité. À peine documentée dans les sources historiques ou archéologiques, la mythologie slave se dérobe à nous et certains vont tenter de la reconstituer au travers du folklore.

 

C’est ce que font les membres de Pagan Forest. Comme tout groupe de Black Pagan.

 

Et comme tout groupe de Pagan Black aussi, nous avons droit à beaucoup de mythes, de nostalgie d’un passé fantasmé et un peu de fierté nationale pré-chrétienne mais pas trop. J’ai eu beau chercher, gratter, en bon gauchiasse, et traduire les paroles de la moitié de l’album, je n’ai rien trouvé de politiquement crétin. Même Nemtheanga, de Primordial, a raconté plus de bêtises.

 

Le bouzin commence par un chant polyphonique féminin envoûtant, soutenu par quelques accords inquiétants. Le travail d’ambiance est simple et d’une efficacité absolue. Et quand le Black arrive, il s’annonce rapidement en reprenant de façon maligne, la mélopée précédente. A la fois très rustre dans sa rythmique et son chant, et mélodique dans son riffing, Pagan Forest ne se montre pas absolument original.

 

Mais dès le titre éponyme, et son intro croassante sur fond de guimbarde, la sauce prend. Un solo heavy aère la lourdeur de la compo. On se dit alors qu’on a à faire avec des petits malins.

La violence lugubre de "Wetar We" nous renverra à un groupes comme Helrunar ayant mangé un punk mais du jeu vain des comparaisons, Pagan Forest s’extraira rapidement. Car les éléments trad ne sont jamais ni un prétexte ni un cache misère.

Sur "Czarny Bóg", le mélange est ainsi parfait entre les deux aspects et renvoie à Rotting Christ en mode primitif.

Et zut encore une comparaison ! Le batteur ne débande pas pourtant et le break aérien sortira des astuces à la Norkturnal Mortum sur Голос Сталі.

Et zut des fachos d’Ukraine.

Ensuite, "Noc Kupaly" nous emmène au coin d’un feu crépitant avec encore des chants trad mais cette fois émaillés d’un grand éclat de rire féminin. Etonnant. La guerre musicale qui suivra n’en sera que plus destructrice. "Hymn Do Swaroga" se révélera passionnant, aussi, car cette fois, les voix féminines s’occuperont des refrains alors que le rugueux chant masculin aura en charge les couplets. Le break à la cithare (ou un instrument trad assimilé) nous fera encore voyager. Sur la fin, "Tęsknota Swarożyca" sera barbare et un poil chaotique. L’exercice ne sera pas concluant, à la vue de l’efficacité de composition du reste de la plaque.

 

Soufflant le chaud et le froid, la mort et la joie, Pagan Forest se déguste comme la vision de The Wicker Man, avec étonnement, des frissons, une belle envie de brûler un moinillon et de faire des trucs, dans la forêt, avec la Britt Ekland des 70’s.

photo de Crom-Cruach
le 17/05/2021

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